Published On: mer, Jan 11th, 2017

QUI ÉTAIT ALONSO ILLESCAS ?

illescasAlonso Illescas est né vers 1528 dans une région quelque part au Sénégal. Quand il avait environ 10 ans, il a été capturé par des marchands d’esclaves et fut envoyé en Espagne. Il a pris le nom de son maître, on lui a enseigné l’espagnol, leur manière de vivre, etc. Il est devenu très vite capable de manier des armes à feu, il apprit à jouer des instruments de musique, qui étaient à l’époque typiques aux grandes familles. Quand il avait environ 25 ans, il a été emmené aux Amériques par la famille Illescas qui possédait une entreprise qui avait un siège à Séville et à Lima. En octobre 1553, le bateau d’esclaves qui transportait Alonso et d’autres esclaves, quittant Panama pour Lima, eut des difficultés à cause des courants et mauvaises conditions météorologiques et finit par être à court de provisions. Après avoir passé le mauvais temps, se dirigeant vers le Cap de San Francisco, au niveau de Portete Cove, dans la province d’Esmeraldas, le bateau qui avait 19 esclaves, a viré vers un rocher où il a échoué à cause du vent fort et des turbulences. Alonso et les autres esclaves n’ont pas réfléchi deux fois, ils ont attaqué les esclavagistes qui étaient, qui n’étaient si nombreux et ont réussi à s’échapper fuyant vers la jungle. Les espagnols ayant appris ce qui est arrivé, ont tout fait pour le capturer car la famille Illescas demandait incessamment après lui, mais sans succès. Dès lors, Alonso et les autres esclaves sont allés à Portoviejo pour jouir de leur liberté. A la mort d’Anton, l’esclave qui était le plus âgé et le plus respecté, ayant vaincu plusieurs rivalités internes et plusieurs problèmes qu’ils rencontraient en cours de route, Alonso fut reconnu en tant que nouveau leader. La légende et des contes disent qu’un jour Alonso fut invité à une fête d’indiens dans le village de Dobe par le chef Chilianduli, et que par surprise vers la fin, Alonso et ses hommes ont attaqué les villageois, et se sont emparés du village, Alonso s’est autoproclamé nouveau chef. Lui, ses amis et certains villageois amérindiens qui étaient désormais sous ses ordres, ont fait plusieurs incursions dans une bonne partie de la région installant la peur chez lez espagnols qui tentaient à multiples reprises de maîtriser les attaques. Alonso était un habile négociateur et a su gagner l’amitié des Indiens, faisant des partenariats appropriés. Pour les Indiens, il n’y avait aucun autre choix que d’accepter les nouveaux arrivants. En signe d’alliance, les indiens proposaient leurs femmes aux guerriers d’Alonso.
Alonso était très rusé, brave et très astucieux en guerre, avec ses capacités littéraires en espagnol, il apprît les langues locales. Avec les colonisateurs espagnols, il maintenait une relation qui pourrait être définie comme « amour et haine » dans le but de préserver son autonomie tout en profitant de cette « amitié ». Il a installé son peuple en amont de Atacames, appelé San Martin de la Campaces, lieu où a été la rencontre historique entre lui et un prêtre catholique nommé Miguel Cabello de Balboa, au mois de septembre 1577. Le prêtre a dit à Alonso que le roi d’Espagne l’avait pardonné et venait de le nommer gouverneur d’Esmeraldas. Alonso a prit la lettre des mains de Balboa et a dit qu’il appréciait beaucoup l’offre du roi d’Espagne mais qu’avant d’accepter, il a dit : « Je dois en parler à mon peuple d’abord ». Il a quitté les lieux avec son entourage. Un peu plus tard, il est revenu vers le prêtre avec plus de personnes, disant qu’il ne promettait rien du tout, vu qu’un bateau d’espagnols venait d’arriver dans la baie, provoquant la vigilance et la méfiance parmi Alonso et son peuple. Alonso se disait que les Espagnols risquaient de les capturer pour les refaire esclaves ou pire les tuer carrément. Alonso en partant avec sa troupe, a dit au prêtre qu’il revenait et n’est plus revenu. Puis, les espagnols sont partis. Quand le prêtre est allé à la rivière Alcames pour parler à Alonso et essayer de comprendre ce qui s’était passé, pourquoi il n’était plus revenu pour donner sa décision, il a trouvé des radeaux cassés et des plantes déracinées, un signe que la relation entre eux deux était brisée et qu’il y avait possibilité qu’il soit en danger s’il revenait dans les parages.
Le prêtre Miguel Cabello de Balboa et ses collègues, ayant peur pour leurs vies, ont décidé de prendre la route qui longe la côte de Bahia de Caráquez, mais étaient suivis et surveillés de près par les amis indiens d’Alonso. Ils ont pu trouver de l’aide à Portoviejo et sont finalement arrivés à Guayaquil et Quito, le 10 février 1578. Les noirs étaient réellement, finalement libres sur leur nouveau territoire, un village qui prenait la forme d’un pays, et ont pu résister à toute tentative des espagnols de les pousser à se soumettre. Le prêtre Miguel après tout ce qu’il a traversé, et ayant étudié Alonso de Illascas, a ouvertement reconnu qu’Alonso était un grand homme et possédait de très grandes qualités, qu’il était franc et très courageux. Il a écrit au roi d’Espagne disant que ce n’était pas facile de maîtriser un homme si intelligent, si bien préparé et qui savait comment se défendre dans tous les domaines.
Alonso a épousé une fille de l’ancien chef déchu Chilianduli et avait aussi d’autres femmes. Ses enfants étaient éduqués et très instruits, Alonso leur apprenait aussi comment manier des armes et les a initiés à la fabrication d’armes. Parmi ses enfants, trois des plus célèbres étaient Enrique Alonso, Alonso Sebastian et Balthazar. Une de ses filles a été capturée par un capitaine espagnol nommé Andrew Contero, réduite à l’esclavage, envoyée à Guayaquil et s’est mariée à un autre des esclaves du même capitaine. Une autre de ses filles s’appelait Maria et s’est marié à un certain Gonzalo de Avila avec qui elle eut une fille qui s’appelait Magdalena. Alonso a régné sur le territoire jusqu’à sa mort. Alonso Illascas est un héros national pour plusieurs équatoriens, en particulier les descendants d’Afrique. En 1997, le Congrès National de l’Equateur a déclaré le 2 octobre, journée nationale des afro-équatoriens, tout en reconnaissant et donnant un respect formel et officiel à Alonso Illescas.

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