Published On: ven, Mar 3rd, 2017

DE L’ÉGALITÉ DES RACES HUMAINES, ANTENOR FIRMIN

Firmin-antenorEn 1885, Anténor FIRMIN, né et éduqué en Haïti, inspecteur des écoles au Cap-Haïtien, écrit une réfutation cinglante contre ces pseudo-scientifiques qui soutenaient la thèse de l’inégalité des « races » humaines. Son œuvre intitulé « De l’égalité des races humaines » est l’antithèse des élucubrations d’un certain Gobineau, écrivain compilateur français. Ce chercheur afro-antillais (1850-1911), en avance sur son temps, réévalue le rôle essentiel des cultures africaines dans l’histoire de la civilisation, des Egyptiens anciens à la première République noire de Haïti. Anténor FIRMIN est un digne précurseur du Savant Egyptologue africain Cheikh Anta Diop (1923-1986). Nous vous proposons des extraits de son œuvre.

Ce que ces extraits ont surtout de remarquable, c’est qu’ils furent écrits par un homme qui vivait au 19e siècle ! Ils concernent l’Égypte et la Civilisation. Nous rappelons que Jean-François Champollion déchiffre les hiéroglyphes à peine 28 ans avant la naissance d’Anténor Firmin. Et l’année de la publication du livre du génial Firmin est 1885, c’est-à-dire l’année de la « fameuse » conférence de Berlin, lorsque l’Europe va se partager l’Afrique. A l’époque, Firmin a 35 ans mais il a déjà atteint le sommet du savoir de tous les hommes de son époque. Il est Afro-Antillais, brillant et fier d’être un Nègre descendant de notre mère « AFRIQUE » !Anténor FIRMIN« L’Egypte est toute d’Afrique et non d’Asie » Jean-François CHAMPOLLION
L’Égypte et la Civilisation

La vérité est éternelle. Elle doit se maintenir entière à travers les temps et les lieux, sans quoi la logique lui refuse toute sanction…En déclarant donc que la race noire est inférieure à toutes les autres, il a fallu prouver que le fait est actuel et perpétuel : c’est-à-dire que non seulement il en est ainsi de nos jours, mais que dans tout le cours de l’histoire, on n’a jamais connu un état de choses différent et qui serait en contradiction flagrante avec la forme dogmatique dont se servent les anthropologistes (NB. français ancien : anthropologues) ou les érudits dans leur prétentieuse assertion.

L’esprit de système et l’orgueil du sang caucasien ne furent jamais mis à plus terrible épreuve. Néanmoins ils ne s’intimidèrent nullement devant l’énormité de la tâche. Contredits mollement par des adversaires qui n’avaient pour les combattre qu’un intérêt platonique, le seul amour de la vérité, ils ont pu se maintenir debout, malgré l’inconsistance réelle du terrain où ils se sont placés.

Avant de procéder à aucune démonstration tendant à prouver que l’infériorité actuelle de la race noire, comparativement aux races blanche et mongolique, n’est pas un fait naturel, général, susceptible d’être érigé en doctrine ou loi scientifique, nous allons chercher si parmi les peuples qui ont le plus contribué à l’évolution de l’espèce humaine, aux époques les plus reculées de l’histoire, il ne se rencontre pas des nations d’origine nigritique dans une région quelconque de la terre. L’existence d’un tel fait, quelle que soit l’époque de sa manifestation, ne suffirait-elle pas pour renverser entièrement la théorie de l’inégalité des races ? Ne serait-ce pas une réfutation des plus accablantes, si l’on pouvait montrer une période historique où les fiers Européens étaient absolument sauvages, tandis que des hommes de sang noir tenaient le flambeau de la civilisation naissante ? Ouvrons donc les annales de l’humanité, interrogeons le passé, en étudiant les vestiges antiques : ils sont pleins d’enseignements et nous pouvons compter qu’ils projetteront sur tout le débat une lumière vive et pénétrante, une nouvelle confirmation de la vérité !

Au seuil de l’histoire, nous rencontrons d’abord un peuple dont la civilisation précède celle de tous les autres : c’est l’ancienne population de l’Egypte. Ces hommes qui ont été les initiateurs incontestés de toutes les nations blanches occidentales dans le développement de la science et de l’art, ont fondé à eux seuls, sur les bords du Nil dont les eaux sablonneuses et douces parcourent de si vastes régions, le plus bel édifice social qu’une agglomération humaine ait jamais conçu. Leur réputation resta longtemps dans l’ombre ; mais vers la fin du siècle dernier, le monde savant, longtemps dédaigneux de tout ce qui n’était pas européen, eut l’idée de retourner ses regards vers cette terre noire d’Egypte, vers l’antique Kémie (NB. Kémèt). Entraînés par le jeune héros de l’Italie, toute une légion d’hommes de science s’y dirigèrent. A mesure qu’on pénétrait à l’intérieur de ce pays merveilleux, on tombait de surprise en surprise.

Là, tout prend un cachet grandiose, colossal. Il semble que cette race chamitique (NB. On dit aussi Kamitique), dans son premier élan, voulait lutter de grandeur avec la sereine majesté de la nature, en imaginant des œuvres gigantesques, capables de défier le temps. Partout on ne rencontre que des constructions titaniques, des statues qui sont découpées dans le roc des montagnes, des fûts de colonnes qui ressemblent à des blocs erratiques, des pyramides qui font penser aux géants, des pylônes aux hiéroglyphes mystérieux (NB. pour les profanes) qui précèdent des temples comparables à des villes !

La grande dimension des monuments est encore enjolivée par des peintures qui ont résisté à la désintégration de plus de cinq mille ans ; les sculptures où la diorite même a été soumise aux plus capricieux dessins des artistes prouvent que la persévérance de ce peuple n’a été égalée que par son habileté. Tout cela brille, reluit, flamboie sous un soleil dont l’éclat incomparable y jette une splendeur magique ; tandis que les rayons lumineux que projette le reflet des montagnes rocailleuses, couvertes de lichens orangés ou rouges, semblent les semer d’une fine poussière d’or. Mais ce qui étonne davantage, c’est la précocité avec laquelle s’est développée cette civilisation dont les ruines imposantes impressionnent encore les regards éblouis de l’Europe moderne si enflée de ses progrès, si orgueilleuse de ses œuvres comparativement chétives et mesquines. « Lorsqu’il s’agit des monuments, des sculptures et des inscriptions de la cinquième dynastie, nous sommes transportés, dit Lepsius, à une époque de florissante civilisation qui a devancé l’ère chrétienne de quatre mille ans (NB. à notre avis, de cinq mille ans avec les premiers « Suivants d’Horus »). On ne saurait trop rappeler à soi-même cette date jusqu’ici jugée incroyable. »

Quel était l’état de l’Europe et des Européens à la même époque et même fort tard après ? Quels étaient leurs titres et quel rang occupaient-ils dans la liste des nations ? « A peu près au temps où naissait Moïse, dit M. Beauregard, quand Cécrops le Saïte fondait Athènes, que Deucalion régnait en Lycorie, environ huit cents ans avant la fondation de Rome, plus de mille ans avant que les Phocéens construisissent Marseille, près de six ans avant qu’une colonie de Phéniciens donnât naissance à Gades (Cadix), le peuple de la vallée du Nil, déjà policé par les bienfaits d’une civilisation de quarante siècles, jouissait des avantages d’une industrie fort avancée et satisfaisant d’ailleurs à toutes les exigences de la vie en commun chez ce peuple désormais éveillé aux délicatesses d’une sociabilité raffinée. A cette époque, tous les arts de la paix lui étaient en effet familiers, et depuis longtemps il avait fait éprouver a ses voisins de l’Asie et de l’Afrique la puissance de ses armes. Mais nous (les Européens) ne lui étions connus que comme des êtres sauvages, tatoués et vêtus de peaux de bêtes. « Nous étions à cette époque-là pour les Égyptiens ce que sont pour nous aujourd’hui les naturels de la Nouvelle-Calédonie. »

Eh bien, si on parvenait à prouver, avec le progrès des connaissances historiques, que ce peuple Égyptien n’était pas la race blanche comme l’esprit de système et un orgueil rétrospectif l’ont continuellement affirmé, depuis que les études égyptologiques ont fait voir quelle importance a eue cette nation antique, que pourra-t-on alléguer pour sauver la doctrine de l’inégalité des races ? Aucun argument. Anthropologistes et savants de l’école inégalitaire l’ont si bien senti que toutes les subtilités imaginables ont été mises en jeu, toutes les arguties ont été érigées en raisons convaincantes, toutes les divagations érudites ont été acceptées comme de sérieuses probabilités, afin de faire admettre que les anciens Égyptiens étaient des blancs. La présomption caucasienne n’a pu souffrir l’idée que, dans la première éclosion du progrès, une race que l’Européen considère comme radicalement inférieure fût capable de produire une nation à laquelle l’Europe actuelle doit tout, puisque c’est à elle que l’on est redevable des premières conquêtes intellectuelles et morales qui sont les bases de la civilisation moderne. Cependant la lumière se fait aujourd’hui sur toutes les questions, particulièrement dans le domaine de l’égyptologie. Les savants de tous les grands pays y ont dirigé leurs investigations avec une ardeur, un esprit d’émulation et même de rivalité, dont la science n’a qu’à se louer. Il devient donc impossible de résister à l’évidence des faits, en se renfermant encore dans les théories surannées qui ont fait leur temps.

Il faut rendre cet hommage au génie de Champollion. Non seulement il a eu la gloire immortelle d’avoir révélé l’Égypte ancienne au monde européen, en découvrant le sens caché des hiéroglyphes, mais il a déclaré, en outre, dès le premier coup d’œil, avec ce sens profond dont il était doué, que les peuples égyptien et éthiopien ne formaient qu’une seule et même race, ayant la communauté du langage comme celle de la couleur et de la physionomie. « Les anciens Égyptiens, dit-il, appartiennent à une race d’homme tout à fait semblable aux Kennous ou Barabras, habitants actuels de la Nubie. On ne retrouve chez les Coptes de l’Égypte aucun des traits caractéristiques de l’ancienne population égyptienne. Les Coptes sont le résultat du mélange confus de toutes les nations qui successivement ont dominé sur l’Égypte (NB. C’est-à-dire Noires : égyptienne et soudanaise ; puis vers la fin de l’Histoire de Kémèt, Blanches : grecque et romaine). On a tord de vouloir retrouver en eux les traits de la vielle race. » (NB. Ce passage, qui provient de l’introduction de la Grammaire égyptienne de Champollion, n’apparaît plus sur les dernières publications !) Les termes ne sauraient être plus précis. Longtemps avant lui, d’ailleurs, un des plus grands noms de l’érudition française, s’était inscrit en faveur de cette même opinion. Volney, dans son Voyage en Égypte et en Syrie, publié dès l’année 1787, s’exprime dans les termes suivants en parlant d’un sphinx célèbre. « En voyant cette tête caractérisée nègre dans tous ses traits, je me rappelai ce passage remarquable d’Hérodote où il dit : « Pour moi, j’estime que les Colches sont une colonie des Égyptiens, parce que, comme eux, ils ont la peau noire et les cheveux crépus » (NB. Il s’agit du Livre II d’Hérodote, paragraphe 104 ; le grec Hérodote est considéré par les Européens comme « le père de l’Histoire ». Il a voyagé dans toute l’Égypte et naturellement a été un témoin oculaire des égyptiens anciens. Ici la mystification a consisté à remplacer dans la traduction en français « peau noire » par « peau brune ») ; c’est-à-dire que les anciens Égyptiens étaient de vrais nègres de l’espèce de tous les naturels d’Afrique ; et dès lors, on s’explique comment leur sang, allié depuis plusieurs siècles à celui des Romains et des Grecs, a dû perdre l’intensité de sa couleur, en conservant cependant l’empreinte de son moule original. »

Ces lignes qui ont déjà soulevé les plus grandes controverses, depuis que la meilleure partie des égyptologues ont voulu, malgré l’évidence, distraire les anciens Égyptiens de la race éthiopique pour en faire un rameau de la race caucasique, présenteront éternellement un double défi à leurs contradicteurs…

(…) Les progrès de l’érudition moderne ne font constamment que mettre en lumière la grande véracité de ses assertions (NB. Ici Firmin parle d’Hérodote) Comment pourrait-il se tromper sur un point aussi matériel et saisissant que celui de se rappeler la couleur et la chevelure des anciens Égyptiens qu’il a vus et examinés ?…

(…) Après la mort de Champollion, les études égyptologiques ont dû subir un arrêt sensible. Non seulement ses disciples n’ont pu immédiatement continuer ses travaux, mais des savants d’une haute valeur, tels que Klaproth et Thomas Young, montrèrent une incrédulité obstinée devant le résultat acquis par les travaux du grand érudit…

(…) L’Américain Morton, le même qui soutint avec tant de persévérance la théorie du polygénisme dont il était le maître, fut aussi le premier à ériger en doctrine scientifique l’opinion erronée qui rapporte à la race blanche les anciennes populations de l’Égypte. (NB. Il fallait justifier l’apartheid raciale aux U.S.A) …la tendance générale des Européens à n’attribuer qu’à leur seule race tout ce qui a été fait de grand et de beau sur la terre, firent accepter ses idées sans discussion aucune. (NB. Souvenez-vous de cette phrase du célèbre boxeur Mohammed Ali : « Même dans la jungle africaine, Tarzan est blanc ! » ; autre remarque : le blanc vous montre une image du fameux déluge biblique de Noé. Tous les animaux sont africains – éléphant, girafe, lion, zèbre, gazelle, etc…- cependant tous les humains sont blancs ! On voit bien se dessiner derrière tout cela l’arrogance, le mépris, la cupidité, le désir de conquête, pour ne pas dire la haine raciale ! )

(…) par l’examen d’un grand nombre de momies…le type éthiopien …est caractérisé par des mâchoires saillantes aux lèvres épaisses, par un nez large et plat, par des yeux saillants. Ce type coïncide avec des descriptions données par Hérodote et d’autres auteurs grecs qui accordent aux Égyptiens un teint noir et des cheveux laineux…

(…) Il faut aussi reconnaître que querelle d’Égyptiens et d’Éthiopiens, c’était plutôt querelle de famille. On s’alliait, on se séparait, on s’attaquait, mais on se rejoignait dans tous les moments difficiles. Tel est le fait qui ressort de l’étude de toute l’histoire de ces deux peuples que l’on ne peut diviser. Qu’on se rappelle aussi que lorsque les Égyptiens faisaient la guerre à une nation étrangère, c’était par droit de conquête qu’ils comptaient s’emparer de leur territoire ; tandis que les Pharaons réclamaient toujours l’Éthiopie comme une portion de leur domaine dynastique et considéraient les Éthiopiens comme des rebelles ! D’autre part l’Égypte s’est toujours fait remarquer par son éloignement de tous les peuples de race blanche, jusqu’à la dynastie des rois Saïtes où l’influence grecque envahit le pays et fut la principale cause de la décomposition et de la décadence rapide de ce grand empire…

(…) Mais comme, malgré Homère, Hérodote, Diodore de Sicile et une foule d’autres grecs, on ne voulait pas admettre que la race noire fût capable de produire une civilisation supérieure, on se rabattit sur des arguments d’un nouvel ordre, afin de fortifier les preuves insuffisantes qu’on avait vainement essayé de tirer de la craniologie et de l’archéologie…

(…) Benfey, suivi de Bunsen, soutint que l’ancienne langue égyptienne doit être groupée parmi les langues d’origine sémitique. On en conclut immédiatement que le peuple des Pharaons avait dû émigrer, à une époque quelconque, d’Asie en Afrique. Malgré le peu de consistance qu’offre une telle théorie, elle fut complaisamment adoptée par les savants qui s’accrochent à toutes les branches, plutôt que de reconnaître qu’un peuple de race noire a pu s’élever à la grande culture intellectuelle et sociale dont les Égyptiens ont fait preuve…

(…) En réalité, l’égyptien bien étudié, autant qu’on puisse le faire en s’aidant du copte, présente le cas d’une grammaire mixte…

(…) Un fait positif nous apparaît de prime abord. C’est que les anciens Égyptiens se rangeaient à côté des Nègres sous la protection d’Hor (NB. Nous avons déjà démontré que le mot utilisé pour dire Soudanais, Nubiens – Néhésiou, Nahasiou – ne signifiait pas « Nègres » mais « Ceux qui marmonnent des incantations ». Ce qui est logique puisque les Égyptiens eux aussi étaient des Nègres et que le Soudan faisait partie du To Neter – Terre du Dieu ; voir nos livres et nos autres articles sur ce site web) qui est, pour ainsi dire, la divinité ethnique de l’Afrique opposée au reste du monde (NB. Hor est le Dieu Horus)…

[NB. Ici Firmin commente un texte, sorti du Livre des Portes, qui a été traduit par l’égyptologue Maspéro. Or Maspéro dit par la suite que les Asiatiques – sémites – et les peuples du Nord – européens – sont sous la protection de Sekhmet. Firmin ne sachant pas lire les hiéroglyphes, ce qui peut se comprendre à cette époque pour un chercheur, répète ce que traduit Maspéro. Cependant, nous avons démontré, dans nos livres, que le terrifiante Sekhmet ne les protégeait pas ; bien au contraire, elle martèle leurs âmes. En réalité, d’après le Livre des Portes, les âmes des Sémites et des européens sont frappés dans la Douat, c’est-à-dire le monde souterrain ]

(…) Cette division n’est-elle pas significative (NB. C’est-à-dire d’un côté Égyptiens et Soudanais et de l’autre Sémites et Européens) N’indique-t-elle pas qu’ils se reconnaissent de même origine que les autres noirs de l’Afrique et qu’à tort ou à raison, ils supposaient une origine commune aux blancs d’Asie et aux blancs d’Europe ?…(NB. Nous avons démontré dans notre dernier livre, intitulé Soudan Aux Origines de la Civilisation pharaonique, que le mot « Soudan » signifiait dans l’Antiquité « Roi d’Égypte – Reine d’Égypte ». Cette étymologie est trouvée grâce au Hiéroglyphique et au Copte )

(…) quand à leur nom national, les anciens Égyptiens se nommaient plutôt Khêmi, mot qui signifie « visage brûlé »…

(…) il faut citer ce passage de Diodore de Sicile. « Les Éthiopiens, dit-il, affirment que l’Égypte est une de leurs colonies (…) et la connaissance des caractères sacrés réservée aux prêtres seuls de l’Égypte étaient familière à tous les Éthiopiens …

(…) malgré ses premières hésitations, Lepsius a-t-il fini par reconnaître au moins que la race autochtone de l’ancienne Égypte était noire . Incapables de nier ce double fait – la communauté de race entre les Éthiopiens et les Égyptiens, ainsi que la couleur noire de ces deux peuples -, on imagina pendant quelques temps un nouveau moyen de retirer encore à la race noire africaine la gloire d’avoir produit la civilisation antique qui a fleuri sur les bords du Nil…les anciens Égyptiens les vrais Retous (NB. Remetou) étaient des Africains noirs, comme les autres Nigritiens. Mais cette question, qui n’offre aucune matière à discussion, tant la vérité paraît y être claire, évidente, ne saurait trop occuper notre attention. Je la considère, pour ma part, comme un point capital contre la doctrine de l’inégalité des races, car il suffirait qu’on convînt de l’origine éthiopique des anciens civilisateurs de l’Égypte, pour qu’on reconnaisse forcément l’aptitude générale de toutes les races au développement du génie et de l’intelligence…

(…) en étudiant la faune et la flore africaines, on s’aperçoit bientôt que la plupart des végétaux ou des animaux qui servaient principalement au culte des Égyptiens ou aux besoins les plus urgents de leur vie quotidienne, sont originaires de l’Éthiopie . N’est-il pas naturel de supposer qu’on a commencé à s’en servir tout d’abord dans cette dernière contrée et que, de là, ils furent transportés en Égypte, où ils ne se fixèrent que par la culture ? Si on admet cette supposition, il faut convenir que les Égyptiens sont réellement sortis de l’Éthiopie avec ces différentes espèces de végétaux ou animaux… (NB. Nous avons déjà fait remarquer que les Hiéroglyphes représentent la faune et la flore africaine et que par voie de conséquence l’Égypte ne pouvait pas avoir ni des origines sémites, ni des origines européennes – c’est tout un programme lorsque l’on sait que les habitants de la Vallée du Nil appelait cette écriture Médou Nétèr – Paroles de Dieu )

(…) Pour ce qui a trait à la couleur, les artistes égyptiens semblent avoir pris un soin particulier de ne pas se laisser confondre avec les blancs (NB. Pour l’utilisation de l’Ocre rouge, nous avons déjà fait remarquer que l’Africain a utilisé l’Ocre rouge, pour se représenter, depuis le paléolithique, c’est-à-dire bien avant la naissance de Kémèt )

(…) En somme, on ne visite jamais un musée égyptien, on ne parcourt jamais un recueil de monuments de l’antique Égypte, sans en sortir avec la conviction invincible qu’on s’est trouvé en face d’un peuple de race noire. Il faut toute l’obstination du parti pris ou toute la puissance de l’illusion pour inspirer une idée contraire.

« L’Égypte est toute d’Afrique et non d’Asie » Ainsi s’est exprimé l’illustre Champollion, il ne se trompait pas…

(…) Pour les Rétous (NB. Rémétou), le Nil c’était toute l’Égypte. Ampère y fait la réflexion suivante qui est catégorique : « Presque tous les noms que le Nil a reçus à différentes époques expriment l’idée de noir ou de bleu, deux couleurs que, dans différentes langues, on confond volontiers. Cette dénomination ne peut provenir de la teinte des eaux du fleuve, plutôt jaune que noir ou bleu. Je crois donc plutôt y voir une allusion à la couleur des habitants d’une partie de ses rives qui étaient noirs, ainsi qu’on nomme Niger un autre fleuve, parce qu’il coule à travers le pays des nègres. »…

(…) Qu’on parle sincèrement ! Dans quelle autre partie du monde asiatique ou européen, ancien ou moderne, trouve-t-on l’adoption de la couleur noire si générale et si constante qu’en Égypte ? ( NB. Nous avons montré dans nos livres et dans certains articles sur le web, que le mot « Noir » signifiait et symbolisait des choses très positives. Ce qui est loin d’être le cas des mots « blanc » et « rouge ») . N’est-ce pas une preuve évidente que le peuple des Pharaons, loin d’être distinct du reste des Nigritiens, représentait éminemment dans son aspect, comme dans ses conceptions artistiques, l’idéal du continent noir ? Peut-on rationnellement continuer à isoler les anciens Égyptiens de la race de l’Éthiopie et de ses rameaux soudaniens ? Si les égyptologues et les anthropologues persévèrent dans leur doctrine systématique, des preuves tirées d’une autre source viendront encore les confondre. Car, pour étouffer la vérité, il faudrait éteindre toutes les lumières de l’érudition et effacer tous les vestiges de la littérature et de l’histoire ancienne. La tâche est au-dessus de la puissance de quelques hommes. Toutes les précautions resteront donc vaines…

SOURCE : http://aeud.fr/Le-precurseur-afro-antillais-de.html

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