Published On: ven, Avr 7th, 2017

APOLLONIUS DE TYANE ÉTAIT-IL LE VRAI CHRIST?

apolonio-de-tianaA l’époque où vécut le Christ des Évangiles, il y eut de nombreux autres « Christ » en Asie mineure et dans le Proche-Orient, c’est du moins ce que proclame un livre passionnant, publié chez Robert Laffont par l’écrivain parisien, égyptologue, Jean ­Louis Bernard. Ce livre, intitulé: « Apollonius de Tyane et Jésus », s’appuie sur une bibliographie très fournie se composant de thèses critiques sur Jésus, d’ouvrages modernes, de témoignages antiques, et surtout sur un ouvrage de base, sorte d’évangile à sa manière:

« Vie d’Apollonius de Tyane » par l’écrivain grec Philostrate, né à Lemnos vers l’an 175 de notre ère.

Apollonius, né à Tyane, eut lui aussi ses disciples, ses apôtres et fut lui-même disciple de Pythagore et héritier des mystères de l’Égypte. Il faut relever qu’à cette époque, le mot « Christ » était couramment usité: en grec, « Çhrestos » et « Christos » signifiaient: « le bon, l’oint ». Mais ce terme dérivait aussi phonétiquement de l’égyptien hiéroglyphique « khery-cheta ». « Celui qui domine le mystère », « l’initié »

Or, Apollonius fut l’un de ces initiés, une sorte de concurrent direct du Jésus araméen que notre civilisation chrétienne s’est « annexé ». Le Petit Larousse le cite comme « philosophe et thaumaturge pythagoricien, auquel Philostrate attribue de prétendus miracles que les païens mirent en parallèle avec ceux de Jésus-Christ ».

Une mystérieuse cabale

En fait, Apollonius devint si célèbre qu’on l’appela, à l’époque, « le thaumaturge de l’empire ». Cependant, dès la propagation des Évangiles, il fut rejeté dans l’ombre, alors que le Christ araméen fut porté au premier plan. L’Église, d’ailleurs y mit toutes ses forces en s’appuyant d’une manière irrévocable sur les quatre évangiles que nous connaissons (rédigés pourtant tardivement); ce faisant, elle oublia volontairement un grand nombre d’évangiles apocryphes (non authentifiés!), non conformes à la vie de Jésus « telle qu’on la souhaitait », idéale, homogène et convaincante.

Apollonius, au ler siècle de notre ère, est signalé dans les annales gréco-romaines. Pourquoi une mystérieuse cabale le fait glisser dans l’oubli, c’est ce qu’on se demande aujourd’hui. Le christianisme eut-il deux fondateurs? Leurs deux histoires sont-elles mêlées sous le nom d’un seul? En tout cas, le problème de la parenté entre les deux personnages prend une importance capitale.

Annonciation

Apollonius poursuivit une existence extraordinaire, traversant les métropoles de son temps, Rome, Alexandrie, Antioche, et poussant sa quête de la sagesse en Égypte et en Inde. Sa vie commence aussi par une Annonciation : l’apparition à sa mère d’un dieu égyptien qui lui prédit la naissance d’un fils d’essence divine. A sept ans, il est confié à un précepteur; à quatorze ans, il part pour Tarse (où il a pu connaître Paul), puis à Égée où il étudie au Temple d’Asclépios et où se découvre son don de guérison et de diagnostic. Philosophe, il adopte l’ascèse pythagoricienne. Il est aussi clairvoyant, mage, démonologue. Partout où il passe, il accomplit des prodiges qui relèvent de sa science secrète, et que l’on qualifie de miracles. Il vit une existence austère et il est strictement végétarien. Il va nu-pieds, vêtu de lin, et porte les cheveux longs. A la mort de son père, il partage sa fortune, renonce à la femme. Pendant cinq ans, il passe de ville en ville, voué au silence.

Puis il reprend une vie publique, raisonnant sur les dieux avec les prêtres, avec sept disciples à ses côtés. Dans ses déplacements, il prend deux serviteurs et un sténographe. A Ninive, il rencontre Damis, un Assyrien qui lui sera fidèle jusqu’à sa mort. Passant à Babylone, il dénonce le gigantisme dont cette cité s’asphyxiera (de quoi nous faire réfléchir sur nos villes géantes actuelles!). A l’entrée de ce royaume, on lui demande ce qu’il a à déclarer. « Valeur, justice, maîtrise de soi», répond-il. « Des esclaves? » lui demande-t-on. « Non, de grandes dames! ». Au Roi qui le reçoit, il déclare: « Le superflu chagrine le Sage plus que le manque ne vous étonne, vous le Souverain ».

L’empereur Domitien, qui hait Apollonius, l’emprisonne et lui intente un procès truqué. Il s’évade, on perd sa trace. On le retrouve près d’Éphèse où il meurt à un âge avancé. Comme le Christ araméen, il apparaît « post mortem » à plusieurs reprises et en plusieurs endroits, ce qui achève de le rendre fameux parmi les masses. Trop fameux, trop révéré, au point que saint Jean Chrysostome, s’acharne contre lui encore au 4e siècle, le poursuivant de ses calomnies et le traitant, entre autres, d’imposteur et de suppôt de Satan?

Il fallait, en effet, abattre ce « Christ » grec, pour les besoins de la cause, afin de fortifier et unifier par tous les moyens un christianisme aux origines plutôt complexes.

Journal « La Suisse » 1980

SOURCE: http://www.apollonius-de-tyane.ch/apollonius.htm#Apollonius_de_Tyane_un_Christ_concurrent_de_Jésus

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