Published On: dim, Oct 22nd, 2017

COSMOGONIE DES HOPIS

Les Hopis sont une tribu d’indiens qui vivent en Arizona (États-Unis), sur de hauts-plateaux désertiques. Leur nom signifie les pacifiques. Leurs anciens sont des chefs spirituels porteurs de la sagesse et des traditions. Longtemps, ils n’ont partagé avec les blancs que des bribes de leurs connaissances, puisqu’ils n’étaient pas respectés. Les temps ont changé et certains délivrent leurs messages de paix et appellent l’humanité entière à choisir de changer de mentalité et de façon de vivre.

Le commencement de la vie

Nous avons été créés quelque part dans le monde souterrain par le Grand Esprit, le Créateur. Il nous a d’abord créé un, puis deux, puis trois. Nous avons été créés égaux, en unité, vivant de manière spirituelle, là où la vie est éternelle. Nous étions heureux et en paix avec nos semblables. Tout était abondant, fourni par notre Mère Terre sur laquelle nous avions été placés. Nous n’avions pas besoin de planter ou de travailler pour obtenir de la nourriture. La maladie et les difficultés étaient inconnues. Durant de nombreuses années, nous avons vécu heureux et notre nombre ne cessa d’augmenter.

Lorsque le Grand Esprit nous a créés, il nous donna aussi des instructions ou des lois que nous devions respecter. Nous lui avons promis de les respecter afin de pouvoir rester paisibles, les utilisant comme règles pour vivre heureux sur cette terre où il nous avait créés et placés. Mais dès le début, il nous avertit que nous ne devions pas nous laisser tenter par certaines choses qui pourraient nous faire perdre cette parfaite façon de vivre.

Bien sûr, nous profitions de beaucoup de choses dans cette vie, et peu à peu, nous avons enfreint les ordres du Créateur en faisant ce qu’il nous avait dit de ne pas faire. Aussi, il nous punit en faisant de nous ce que nous sommes aujourd’hui, avec une âme et un corps. Il dit : « A partir de maintenant, vous allez devoir vous débrouiller tout seul. Vous serez malades, et la durée de votre vie sera limitée. »

Il fit nos corps en partant de deux principes, le bon et le mal. Le côté gauche est bon car il contient le cœur. Le côté droit est mauvais parce qu’il n’a pas de cœur. Le côté gauche est maladroit mais sage. Le côté droit est intelligent et fort mais manque de sagesse. Il y aura en permanence un combat entre les deux côtés, et par nos actions, nous devrons décider lequel est le plus fort, le mal ou le bien.

Nous avons bien vécu pendant de nombreuses années mais finalement le mal prouva qu’il était le plus fort. Certaines personnes ont oublié ou ignoré les lois du Grand Esprit et de nouveau, elles commencèrent à faire des choses qui étaient contraires aux instructions. Elles devinrent matérialistes, inventant de nombreuses choses pour leur profit personnel, et ne partageaient plus comme elles le faisaient par le passé. Cela entraina une grande division car certains voulaient encore suivre les instructions originales et vivre simplement.

Les plus inventifs, intelligents mais manquant de sagesse, firent de nombreuses choses destructives qui dérangèrent leur vie et menaça de détruire tout le monde. Nombre de choses que nous voyons aujourd’hui sont connues pour avoir existé en ce temps. Finalement, l’immoralité prospéra. La vie des gens devint corrompue par une trop grande liberté sociale et sexuelle. Même les femmes et les filles des Kikmongwi (les chefs) furent atteintes, elles qui ne rentraient plus que rarement à la maison pour s’occuper de leurs tâches ménagères. Et les grands leaders religieux avaient le même problème que les Kikmongwi. Bientôt les leaders et tous ceux qui avaient bon cœur s’inquiétèrent car la vie des gens devenait incontrôlable.

Les Kikmongwi rassemblèrent  les grands prêtres. Ils fumèrent et prièrent pour recevoir de l’aide afin de trouver un moyen de résoudre la corruption. Ils se rassemblèrent plusieurs fois et finalement quelqu’un suggéra de partir et de trouver un nouvel endroit pour commencer une vie nouvelle.

Apparition dans le monde actuel

Ils avaient souvent entendu des bruits sourds venant d’en haut. Ils savaient que quelqu’un pouvait vivre là. Il fut décidé que cette idée devait être investiguée. Je vais décrire cela brièvement car raconter toute l’histoire prendrait trop de temps.

Doués de sagesse, ils créèrent des oiseaux. Je vais en nommer trois. Deux sont connus pour leur force et leur rapidité, le kisa (l’aigle) et lepavowkaya (l’hirondelle). Le troisième était un moochnee (l’oiseau moqueur). Son vol est maladroit mais il est connu pour être sage. Ils furent chacun créés à un moment différent par des chants magiques, de la fumée de tabac et des prières, et par de la poussière et de la salive recouvertes d’un capuchon blanc (l’ova). Chacun fut respectueusement accueilli et reçut les instructions de sa mission, s’il réussissait. Les deux premiers ne réussirent pas à atteindre la partie supérieure du ciel mais le troisième, moochnee, passa par une ouverture et se retrouva dans ce monde.

Le nouveau monde était très joli. La terre était verte et en pleine floraison. L’oiseau respecta toutes les instructions. Son sens de la sagesse le guida vers l’être qu’il était sensé chercher. Quand il le trouva, il était midi car l’être, Maasau’u, le Grand Esprit, était en train de préparer son repas. Des épis de maïs se trouvaient à côté du feu. L’oiseau descendit et atterrit sur le toit de sa kisi (maison) et annonça son arrivée.

Maasau’u ne fut pas surpris par le visiteur car sa sagesse et son odorat l’avaient prévenu que quelqu’un arrivait. Il l’accueillit respectueusement et l’invita à s’asseoir. Leur conversation fut brève : « Pourquoi es-tu ici ? Serait-ce important ? » « Oui », répondit le Moochnee,  » J’ai été envoyé ici par les gens du monde souterrain. Ils souhaitent venir dans ton monde et vivre avec toi car leur façon de vivre est corrompue. Avec ta permission, ils voudraient venir ici avec toi et commencer une nouvelle vie. C’est pour cela que je suis venu ». Maasau’u répondit brusquement mais avec respect, « Ils peuvent venir. »

L’oiseau retourna avec ce message vers le monde souterrain. Pendant son absence, les Kikmongwi et les leaders avaient continué de prier et d’attendre son retour couronné de succès. Lorsqu’il revint avec les bonnes nouvelles du nouveau monde et la permission de Maasau’u, ils furent remplis de joie.

Maintenant, la question était de savoir comment ils allaient atteindre le sommet du monde. Ils se remirent à fumer et à prier pour recevoir de l’aide. Finalement, ils furent tous d’accord pour planter un arbre qui grandirait et qui leur servirait de sentier. Ils plantèrent une graine de shalavee(épicéa), prièrent et chantèrent des chants magiques. L’arbre grandit et grandit jusqu’à atteindre le ciel mais ses branches étaient si légères et si nombreuses qu’il courba sous la pression de la terre qui se trouvait au-dessus et il ne réussit pas à percer le ciel. Ils plantèrent une nouvelle graine, cette fois celle d’un lougu (pin). Il grandissait alors qu’ils chantaient leurs chants magiques. Cet arbre était solide et fort. « Sûrement que celui-ci va arriver à passer », pensaient-ils. Mais ce ne fut pas un succès car ses branches se courbèrent également lorsqu’elles entrèrent en contact avec l’objet solide. Ils plantèrent une nouvelle graine. C’était cette fois celle d’un pakave (roseau).  Comme il se terminait en pointe, il réussit à percer le ciel et à passer dans le nouveau monde.

Pendant ce temps, tout ceci avait été gardé secret. Seuls les gens convenables, vertueux et avec-un-seul-coeur avaient été informés des plans pour quitter le monde corrompu. Ils étaient préparés à partir et dès qu’ils surent que la tentative avait réussi, ils commencèrent à grimper sur la plante, se reposant entre les joints du roseau, et continuant ainsi leur route vers l’ouverture.

Lorsqu’ils arrivèrent dans ce monde, tout était beau et paisible. La terre était vierge et n’avait pas été molestée. Ils étaient très heureux. Ils chantèrent et dansèrent avec joie, mais leur joie fut de courte durée car cette nuit-là, la fille du chef mourut soudainement. Tout le monde était triste et inquiet. Les gens se regardaient de façon suspicieuse. Un sortilège avait été jeté. Cela leur fit penser qu’une sorcière ou qu’une personne à-deux-coeurs était parmi eux.

Le Kikmongwi avait un grand pouvoir et il devait l’utiliser pour calmer l’inquiétude de son peuple. Il fit une petite boule de farine de maïs qu’il lança au-dessus du groupe. Celui sur la tête duquel la boule atterrirait serait le coupable. Elle atterrit sur la tête d’une jeune fille. Ils décidèrent rapidement de la jeter dans l’ouverture qui conduisait au monde souterrain. Ils devaient se débarrasser de la malveillance car ils désiraient vivre en paix sur cette nouvelle terre. Mais la sorcière implora leur pitié, leur disant que durant le long voyage qui les attendait, ils allaient devoir faire face à de nombreux obstacles et dangers de toutes sortes et qu’alors, ses services seraient bien utiles car elle avait le pouvoir de combattre le mal. Elle invita le Kikmongwi à regarder dans le monde souterrain. Il regarda et vit son enfant en train de jouer gaiement avec d’autres enfants, dans le monde souterrain où nous retournerons tous après notre mort. Elle fut épargnée mais il la laissèrent là, seule, espérant peut-être qu’elle périra d’une cause inconnue.

La première rencontre avec le Grand Esprit dans ce monde

C’est ici que le Grand Esprit leur apparut pour la première fois sur cette terre, leur donnant des instructions sur leur façon de vivre et de voyager. Ils se divisèrent en groupes, chacun des groupes choisissant ses leaders. Il posa devant eux des épis de maïs de tailles différentes. Il leur dit de prendre un épi de maïs qu’ils devraient emmener dans leur voyage pour avoir de quoi vivre et survivre. Un par un, ils prirent avidement les épis les plus longs et les plus parfaits jusqu’à ce qu’il ne reste plus que le plus petit. Ils ne réalisèrent pas que c’était leur sagesse qui était mise à l’épreuve. L’épi le plus petit fut pris par le leader le plus humble. Ensuite le Grand Esprit leur donna leurs noms et leurs langages, par lesquels ils seraient reconnus. Celui qui, en dernier, prit l’épi le plus petit fut nommé HOPI.

HOPI ne signifie pas seulement « être paisible », mais obéir et avoir foi dans les instructions du Grand Esprit, ne pas déformer ses enseignements pour l’influence ou le pouvoir et en aucune façon ne corrompre la manière de vivre des Hopi.

SOURCE: http://www.spirit-science.fr/doc_terre/hopi.html

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