Published On: lun, Mai 8th, 2017

DE LA NÉCESSITÉ POUR LES KAMITES DE « CREUSER » DANS LE PASSÉ

« …vous vous focaliser trop sur le passé ; il faut évoluer … » ; « Vous voulez vous attribuer un passé glorieux, mais vous ne proposez rien pour le présent … » ; « …vous prônez le repli sur soi ; le monde a évoluer, le monde est un village… » ; etc

Telles sont les remarques souvent opposées à ceux qui ont la prétention de travailler pour la restauration de la conscience kamite.
Ces critiques relèvent en général pour nous du procès d’intention, car s’éloignant drastiquement des intentions qui président à nos travaux. 
Le contenu même de ces derniers permettent quand on veut bien les lire – ce que beaucoup ne font pas d’ailleurs ou le font en surface – de se départir de ces critiques infondées. 

Nous allons essayer en quelques lignes d’éclairer nos lecteurs sur l’intérêt de nos travaux.

Quand un chercheur fait de l’histoire, en particulier les kamites qui s’ y intéressent et se donne le temps de le faire, ce n’est pas pour se doter d’une histoire glorieuse, ou de se délecter du passé. Ca, c’est de l’ « historicisme ». Et ca n’a aucun intérêt !

L’Histoire c’est la connaissance la plus objective du passé, pour mieux comprendre les défis du présent et pour pouvoir préparer l’avenir. L’histoire est en ce sens une science prospective ! Il ne s’agit en aucun cas de se délecter du passé, ou se croire devenir « pharaon » en l’espace de quelques lectures de textes « égyptiens ». Il ne s’agit également en aucun cas d’exalter le passé pour se donner une gloire ou une fierté quelconque.

Nous allons prendre pour exemple notre ancêtre bienheureux Cheick Anta Diop, qui lui aussi avait essuyé les mêmes critiques à l’époque : il sied de rappeler que le livre pionnier du Maître, est (c’est nous qui soulignons et mettons en gras) « Nation Nègre et Culture ; de l’antiquité nègre égyptienne aux problèmes culturels de l’Afrique noire d’aujourd’hui ». Il saute aux yeux donc qu’il s’agit d’un livre prospectif !
La lecture de ce livre en toute objectivité, ne peut qu’emmener le lecteur à se rendre compte que la vision de Cheick Anta Diop était essentiellement tourné vers les problèmes présents auxquels les kamites sont confrontés, et qu’il propose également des solutions claires et précises pour les défis du futur.

En définitive, le but de ce travail de restauration de la conscience kamite, faut-il le rappeler, c’est LA RENAISSANCE KAMITE ! Quand on parle de « Renaissance », il sied de rappeler que c’est un phénomène culturel universel et cyclique ! Quand on parle de renaissance, c’est qu’une civilisation dans son cycle d’évolution, a épuisé toutes ses capacités d’adaptation et est tombé dans le déclin. S’en suit donc un sursaut collectif émanant des dépositaires de cette dite civilisation dans le but de lui faire retrouver l’esprit d’initiative.

Il ressort des investigations de tous les chercheurs sérieux et de bonne foi que KaMa (dit « Afrique ») avait perdu son initiative civilisationnel depuis que les assyriens avaient saccagés le nôme de Ta-Mery (dite « Égypte ancienne, pharaonique ») appelé Waset (dit « Thèbes ») en -663, avant de détruire carrément ce qu’il est convenu d’appeler « La Haute-Egypte ». Après, KaMa est entré dans un processus inexorable de déclin, ayant été constamment agressée par des forces coalisées, brutales, mais également par des forces négatives endogènes. 

Il serait également intéressant de se rendre compte que même Le Japon a également connu ce genre de déclin, causé notamment par le système féodal des Shogun, qui constituait un obstacle à la diffusion des savoirs dans le peuple japonais. Le Japon avait dès lors entreprit un processus de renaissance en se basant sur leur identité culturel. Ce que préconise d’ailleurs pour KaMa beaucoup de chercheurs kamites qui sont critiqués par leurs propres frères qui sont le joug psychologique du mythe de la mondialisation, du cosmopolitisme, de l' »universalisme », etc
L’empereur Mushi Hito avait utilisé toutes les ressources technologiques modernes tout en tenant à cœur de préserver l’identité culturelle japonaise ainsi que la vision du monde japonaise. 

La Chine qui fait rêver tout le monde aujourd’hui est également passé par ce processus. C’est à dire par le rétablissement de la conscience historique et la restauration de l’identité culturelle du peuple. Elle s’ouvre au monde, à la modernité, mais en aucun cas elle renie sa culture au nom d’un mondialisme ! Les chinois n’ont pas importés la science, ils l’ont enracinés ; c’est à dire qu’ils on en fait une synthèse entre leur vision du monde, leurs traditions, et les exigences de la pensée moderne, ou de la modernité. 

Pourquoi KaMa devrait être « singulière » ? Pourquoi n’aurait-elle pas le droit de regarder dans son passé en toute objectivité, et y puiser les leçons, les enseignements,  les connaissances, qui lui permettraient de faire face au monde d’aujourd’hui et aux défis de l’avenir ? Pourquoi devrait-elle sacrifier sa conscience historique et son identité culturelle, au nom d’un mondialisme conflictuel qu’on veut lui imposer ? Pourquoi KaMa devrait-elle se satisfaire d’un simple transfert de technologie, alors que le modèle efficient en la matière, serait pour elle l’enracinement des sciences ? 

Voilà ce que voulait L’Ancêtre bienheureux CAD, et voilà également ce que nous voulons pour KaMa, quand nous « fouinons » dans notre passé. C’est  à dire partir de l’héritage de toutes les civilisations de notre continent pour rétablir notre conscience historique et notre identité culturelle dont nous avons si longtemps été frustrés, et donner un corps de sciences humaines à nos peuples, qui leur permettront de faire face avec assurance aux défis du moment. 

Il n’est par exemple pas normal que nous ayons 54 « états »  à KaMa, et aucun de ceux-ci ne disposent d’une constitution qui soit en adéquation avec les valeurs des kamites. Nos constitutions sont des lois fondamentales occidentales acclimatés chez nous et parfois trop souvent sans la nuance critique qui s’impose, en partant de notre propre paradigme. Alors que KaMa dispose dans son histoire d’un corpus de lois (constitutions, etc) dont les kamites juristes auraient tout intérêt à s’en inspirer pour régler les conflits liés à notre environnement que les constitutions occidentales ne peuvent pas régler. On nous parle du code de Napoléon, ou encore du droit romain, alors que KaMa dispose d’un corpus juridique beaucoup plus ancien et solide, et qui correspond mieux à nos réalités kamites, et qui pourrait être mis « au goût du jour ».

Il en est de même sur le plan économique. C’est le lieu ici de souligner que Ta-Mery est la première civilisation qui nous a fournis des documents sur l’état du commerce trans-nilotique et trans-saharien. Il ressort de ces documents que le premier système de planification économique se faisait en tenant compte de la capacité d’épuisement des ressources du pays. Ta-Mery planifiait son économie sur 20 – 25 ans, et non sur un plan quinquennale. Ce qui démontre une stabilité économique de cette civilisation, dû à ses outils organisationnels.

Sur le plan social, il y a dans nos archives ancestraux des documents qui proposent des solutions face aux inégalités sociales, aux conflits sociaux, etc que ceux qui font de la sociologie chez nous gagnerait beaucoup à consulter, au lieu d’être les répétiteurs des sociologues occidentaux.

C’est en somme ce que le Sesh Coovi RekhmiRâ (Le Professeur Jean-Charles Coovi Gomez) appelle le caractère opératoire de la redécouverte de l’héritage positif de l’histoire africaine.

L’examen de notre passé est pour nous donc l’outil INDISPENSABLE devant mener à une renaissance kamite. 
Si nous ne faisons pas ce que les japonais, les chinois, et même les occidentaux ont fait, KaMa sera toujours condamner à répéter ce que les autres font et disent, ce qui entraîne fatalement des contradictions qui conduisent in fine à des conflits comme ce qui se produit depuis sur notre continent.

Si par exemple tous les peuples de KaMa avaient pleinement conscience de leur unité culturelle, spirituelle, avec tout ce que cela implique………il n’ y aurait sûrement pas de guerres de religions ou de guerres dites « ethniques ». 

Nous osons croire que les arguments ci-dessus – non exhaustifs bien sûr – auront permis à ce qui critique notre démarche à regarder notre combat sous un autre angle, bien au-delà des flux et reflux des états d’âmes de ceux qui n’ y voient qu’un simple désir de s’inventer un passé glorieux illusoire qui nous renfermerait dans un immobilisme face à l’évolution générale des peuples.

 Hotep !

Tshiwala Ngalula Kalengayi

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