Published On: dim, Déc 3rd, 2017

JE NE SUIS QU’UN ENFANT (POÈME)

735088_518956668142727_1950037729_nTe nourrir d’espoir sans agir est hypocrite

Te dire que je comprends ta douleur serait une ironie

La vie que tu mènes n’est pas celle que tu mérites

J’ai pensé à parler en ton nom aujourd’hui

J’ai beaucoup à te dire, j’aimerais que ce message t’atteigne

Que tu saches que quelque part tu as des aînés qui, sans te connaître, t’aiment

Tu nous en veux et tu as totalement raison

Nous sommes égoïstes et refusons nos responsabilités

Nous occuper du futur africain au présent

En t’assurant éducation, bien-être et bonne santé

Nos propos ne peuvent t’atteindre tant que tu meurs de faim

Autant tu hais notre silence complice et les politiciens aux discours creux

Autant nous haïssons parler en vain

Et ne pas accompagner les paroles de gestes concrets, faire comme eux

Comme ceux qui te promettent paix après avoir assisté au massacre de tes parents

T’illusionnent pendant que tu n’as rien à te mettre sous la dent

Te demandent de garder ton sang froid dans ce monde si chaud et violent

Parce qu’ils ignorent que tu te bats pour rester vivant

Je sais que tu as de la rancune envers ce monde

A qui tu n’as pas demandé de venir mais qui veut décider de ta destinée

T’enlever le sourire et t’appeler à faire le démon

Prendre les armes, faire comme les vicieux que tu as trouvés

Parce que tu es persuadé que tu n’as pas le choix

Désespéré et sans solutions convaincantes à l’horizon

Tu as l’impression que le ciel s’abat sur toi

Et que tout le monde autour de toi perd la raison

Des points d’interrogations se multiplient dans ton cerveau

Sans réponses tu finis par être tourmenté

Pourquoi pour des intérêts ils veulent que chez moi soit comme au Kosovo ?

Et pourquoi ceux qui prétendent aimer l’Afrique se laissent envouter ?

Pourquoi moi ? Pourquoi moi ?

Pourquoi c’est moi qui ai dû être spectateur de scènes si horribles

Qui marqueront toute mon enfance si je peux prétendre en avoir

N’ai-je pas le droit de vivre une vie heureuse et paisible ?

Ils ont violé ma sœur, ma mère et tué mon père

Ont brûlé ma maison et m’ont roué de coups

M’ont donné une arme, ont dit que désormais je devenais rebelle

Ai-je demandé de naître au Darfour ou au Kivu ?

D’autres ont des cauchemars pendant qu’ils dorment, moi, je les vis et les ai vécus

Et rien à l’horizon ne me prouve que j’en aie assez vu

D’autres enfants ont des rêves, espèrent les réaliser

Devenir avocat, docteur, ingénieur ou banquier

Moi, si j’ai les mêmes, mon subconscient dit : «Utopie ! Regardes où tu es »

File indienne pour de la bouillie, voilà de quoi mon quotidien est constitué

Les conditions dans lesquelles je suis, m’empêchent d’être ambitieux

Seule ma mère me répète : « Un jour, tout ira mieux »

J’ai la foi et la patience, mais par où commencer ?

Je prends la peine de réfléchir, mais ce milieu m’empêche de penser

Vais-je passer toute ma vie dans un camp ?

A Buduburam, à Dadaab, Kanyaruchinya ou à Dzaleka

Dépendre de l’UNHCR et la croix Rouge jusqu’à quand ?

N’y a-t-il pas des africains généreux pour me faire oublier ça ?

Des « adultes » ont détruit mon enfance et les autres adultes ne disent rien

Ils me voient à la télévision, font une minute de pitié puis passe

Tant que leurs enfants ont à manger et vont à l’école, tout va bien

Je suis seul en face de ce scandale, cette impasse

Pour vous, je ne suis qu’un enfant affamé, soldat ou réfugié

Supposé vivre d’aides humanitaires et grâce aux ONG

Dépendant de la bonne foi de certains hommes d’affaire et musiciens

Bercés par des dédicaces de la part de certains politiciens

Je ne suis qu’un enfant, grand-frère et grande sœur

J’ai le droit à l’éducation, à la paix, à manger et à l’eau potable

Aidez-moi s’il vous plaît, effacez mes tracas et séchez mes pleurs

Pour un enfant, j’encaisse trop de cette vie misérable

Je ne demande pas de pouvoir voyager tous les étés

Ni avoir, tous les Noël, un jeu vidéo comme cadeau

Ma demande est très simple et limitée

Juste aller à l’école, avoir de quoi manger et un verre d’eau

Je n’ai peut-être plus de famille, mais je sais que vous êtes là

Africains, de bonne volonté et sensibles à mes problèmes

Nous sommes tous un, mes aînés d’Afrika

Juste un mot, un geste si vous comprenez ma peine.

Auteur de ce poème : Florian Amaru Kemite

 

 

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