Published On: jeu, Avr 27th, 2017

KINSHASA KIDS, FILM DE MARC-HENRI WAJNBERG

Ils sont plus de 25 000 enfants kinois à vivre dans la rue sans toit ni loi, livrés à toutes les formes d’injustice et de violence.

Leur problème est de survivre dans cette agglomération qui bouillonne d’une énergie folle. Les enfants que nous montre Wajnberg décident d’essayer de s’en sortir par la musique.

Leurs tribulations les amènent à fréquenter des personnages hautement pittoresques pour créer un groupe de musique et se produire en concert.

Le casting est remarquable, les enfants sont d’excellents acteurs car ils jouent aussi leur propre rôle étant dans la vie d’authentiques shégués.

Leur histoire sert de contrepoint à un autre acteur beaucoup plus imposant : Kinshasa elle-même.

Dans cette ville ou tout est possible, le réalisateur nous fait passer de la noirceur la plus extrême aux éblouissements les plus inattendus.

De toute cette crasse, de cette misère, surgit de façon surprenante des moments de grâce absolument étonnants comme par exemple la séquence où l’on découvrel’Orchestre Symphonique Kimbanguiste en pleine répétition.

Car, ici, la musique sauve et libère. Elle demande travail et intégrité, permet aux protagonistes d’être au-delà du sort tragique que la vie leur inflige. Elle est la soupape de sécurité de cette marmite infernale. Elle donne l’énergie pour survivre, pour se battre, pour rêver à un monde meilleur.

Scène Kinshasa Kids

La caméra nous entraîne au milieu de cette foule anarchique et semble hésiter entre le documentaire et le film de fiction.

Ce n’est qu’une impression. Wajnberg a tout écrit même s’il laisse une place non négligeable au hasard en ne l’excluant pas complètement comme en témoigne une scène d’accident de voiture imprévue pendant le tournage.

Il est aussi surprenant de se voir interpellé par un des protagonistes du film qui, regardant le spectateur, donc la caméra, semble l’invectiver en se découvrant filmé ou comme l’épisode avec un policier réclamant un bakchich qui paraît réalisée en caméra cachée. Réalité et fiction sont ici étroitement mêlées.

Cette façon de filmer place le spectateur au cœur de la ville. La prise de vue nous plonge à la hauteur d’épaule d’un enfant dans la cohue d’un marché, dans la circulation de véhicules souvent extravagants sur une voirie défoncée, où les flaques d’eau de la dernière pluie n’ont pas encore eu le temps de sécher… puis soudainement nous prenons de la hauteur.

La caméra se place alors à une dizaine de mètres du sol au niveau des toits pour découvrir par exemple la foule en contrebas colorant un horizon gris par l’ouverture de parasols multicolores ou un train invraisemblable plus que surchargé de personnes accrochées comme elles le peuvent à la moindre prise.

On reste estomaqué par cette énergie folle mais joyeuse où la lutte reste constamment présente.

La vie dans la rue est difficile pour un enfant « tu es un shégué maintenant, tu dois devenir un homme ». Mais elle n’exclut ni les rêves ni les sentiments.

Ce film nous transporte avec humour dans ce monde en même temps si lointain et si proche de nous. Il oscille entre la description de la misère et celle de la richesse du cœur, entre les moments de reportage et ceux de fiction laissant au spectateur le soin de déterminer leurs parts respectives.

De grands moments de dépaysement et d’émotion avec un cinéma ancré dans la réalité d’une ville fascinante où survivent ces enfants perdus riches d’espoir.

À conseiller sans aucune réserve !

La bande-annonce de Kinshasa Kids

Kinshasa, acteur majeur du film

Kinshasa, capitale de la République Démocratique du Congo, fait face à Brazzaville que l’on voit au-delà du Stanley Pool à seulement deux kilomètres de distance.

Ces deux capitales peuvent même se rallier en bateau à condition d’être pourvu en visas.

Avec près de 10 millions d’habitants, Kinshasa condense à elle seule tous les problèmes de la RDC, pays parmi les plus pauvres du monde mais extrêmement riche en matières premières.

Ville dangereuse, livrée à la violence et à la corruption avec des problèmes aigus de transport, d’assainissement, de pollution, de gouvernance et de développement économique.

C’est sans compter avec la fantastique vitalité de ses habitants. Kinshasa peut s’enorgueillir d’avoir une vie culturelle active dont le seul orchestre philarmonique africain (composé de musiciens non-professionnels), plusieurs équipes de football et une production musicale originale !

Souvenez-vous de la musique zaïroise qui fit les bons moments des années soixante-dix. Le célèbre Papa Wemba apparaît d’ailleurs dans le film.

Rédigé par 2Biville

SOURCE: http://www.africavivre.com/republique-democratique-du-congo/a-voir/films/kinshasa-kids-de-marc-henri-wajnberg.html

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