Published On: mer, Mai 17th, 2017

KONGO, LES MAINS COUPÉES, UN LIVRE DE ROSA AMELIA PLUMELLE-URIBE


41f8Nq05zLL._SX317_BO1,204,203,200_En 1960, fut renversé le gouvernement légitime et démocratique que dirigeait Patrice Lumumba. Ce renversement sanglant mit fin au processus de démocratisation dans la République congolaise naissante. Les puissances occidentales ayant décidé et commandité l’arrêt de ce processus démocratique, ont commis un crime imprescriptible contre le peuple congolais : depuis, les enfants de ce pays n’ont jamais eu la possibilité de vivre en démocratie ni d’élire librement, dans la paix, les dirigeants de leur choix.

Si vos mains ne nous servent pas, elles ne vous serviront pas non plus.
Cela aurait bien pu être la promesse faite aux Congolais-es par le roi des belges Léopold II. C’est la conférence de Berlin en 1885 qui officialisa l’accaparement du Congo qui se tramait depuis 10 ans, « derrière l’élégant rideau de fumée de son Association Internationale Africaine »1 , aux visées prétendument philanthropiques, remplacée ensuite par l’Association Internationale du Congo.

En 1876 l’Association avait été fondée suite à la Conférence Internationale de Géographie à Bruxelles par Léopold II. Il eut de nombreux soutiens et approbations pour cette entreprise dont le but était officiellement d’ouvrir des routes et des stations hospitalières, scientifiques et pacificatrices pour abolir l’esclavage. Et c’est ainsi qu’il pu mettre pied partout autour du fleuve Congo à coups de violences et de spoliations, par une étroite collaboration avec l’explorateur Stanley. Et tout cela en vendant globalement aux autres pays occidentaux, tour à tour un projet humanitaire ou touristique. 

Quand en 1885, l’État Indépendant du Congo, propriété personnelle du Roi des belges, naît, il s’ensuit rapidement  une mise en esclavage globale des populations par Léopold II, pour l’exploitation du sous-sol, de l’ivoire et du caoutchouc, sous couvert d’un système pudiquement nommé de « corvées ». D’ailleurs,  le roi belge n’en tint pas moins à Bruxelles, en 1889, une Conférence anti-esclavagiste, et aujourd’hui se perpétue ça et là le mythe d’une philanthropie, perturbée par des impérialistes anglais ayant monté en épingle quelques excès autoritaires.

Les mains coupées, ce sont celles des congolais-es mutilé-e-s, vivant-e-s ou mort-e-s (les mains coupées était censées attester auprès des chefs, comme le fameux Stanley Pool, de l’ardeur mise à terroriser la population). Ou les têtes coupées dont Léon Rom entourait sa résidence.
La main et le pied coupés de la petite Boelia, personnage de la pièce de Plumelle-Uribe, mutilée à 5 ans, par les milices de l’ABIR2 , parce que son père avait fui le travail forcé.

Des mains coupées. Des mains qui devraient pousser chacun-e à se demander le sens des festivités d’abolition en Europe.

Les mains coupées, ce sont aussi celles d’un peuple qui eut le tort d’élire Patrice Lumumba et le Mouvement National congolais, partisan incorruptible de l’émancipation économique et politique du Congo. Un espoir assassiné, découpé, le corps dissous dans l’acide, avec ses camarades. Mais on n’a pu l’empêcher de dire ce qui devait l’être à un souverain belge qui prétendait « accorder » de bon cœur l’indépendance aux congolais-e-s, qui plus est dans un esprit d’humanisme conforme aux années coloniales :

Ce que fut notre sort en 80 ans de régime colonialiste, nos blessures sont trop fraîches et trop douloureuses encore pour que nous puissions les chasser de notre mémoire.

Nous avons connu le travail harassant exigé en échange de salaires qui ne nous permettaient ni de manger à notre faim, ni de nous vêtir ou de nous loger décemment, ni d’élever nos enfants comme des êtres chers.

Nous avons connu les ironies, les insultes, les coups que nous devions subir matin, midi et soir, parce que nous étions des nègres. Qui oubliera qu’à un noir on disait « Tu », non certes comme à un ami, mais parce que le « Vous » honorable était réservé aux seuls blancs !

Nous avons connu nos terres spoliées au nom de textes prétendument légaux, qui ne faisaient que reconnaître le droit du plus fort.

Nous avons connu que la loi n’était jamais la même, selon qu’il s’agissait d’un blanc ou d’un noir, accommodante pour les uns, cruelle et inhumaine pour les autres.3

Ce fut au final une indépendance aux mains liées ; confisquée, offerte à un valet prêt à être généreux avec l’Occident et la compagnie minière des belges, Mobutu.

SOURCEhttp://www.cases-rebelles.org/kongo-les-mains-coupees-de-rosa-amelia-plumelle-uribe/

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R.A. Plumelle-Uribe, Kongo, les mains coupées par lesamisdanibwe

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