Published On: mer, Nov 29th, 2017

LA DEUXIEME NAISSANCE DE L’HOMME

Le fœtus est phantasmé par la mère primitive (qui n’est pas encore structurée par le système symbolique) comme le substitut de son manque : le phallus.

Le nouveau-né est donc nécessairement phantasmé par la mère primitive comme son phallus intérieur, extériorisé. C’est dire que du stade d’« objet hallucinatoire de désir »  à sa mise au monde, en passant par la conception, l’enfant d’homme demeure sous la captation de l’imaginaire de la mère primitive, qui aspire à la complétude (toute-puissance). Il en résulte que le problème de la délivrance de l’enfant d’Homme s’identifie avec celui de la « castration » de la mère bisexuelle imaginaire : délivrer l’enfant de la captation de la mère, c’est infliger la castration symbolique à cette dernière.  Tel est le problème périlleux auquel se trouve confronté le père qui aspire à assurer sa descendance. Celle-ci postule la capacité du père initiateur à médiatiser l’unité-duelle mère-enfant, et à opérer la rupture symbolique du cordon ombilical imaginaire.

Dans l’état de conflit-duel où se débat l’humanité actuelle (en souffrance), on est fondé à se  demander si de tels pères, capables de médiation,   existent. Bien qu’elle soit pénible à dire la vérité nous contraint à répondre par la négative : l’omniprésence de la mère toute-puissante ne permet pas l’existence d’un père médiateur. L’homme machiste (phallocrate) est en réalité le produit de désir de surcompenser sa castration.

Dans l’organisation sociale, tout se passe comme si le phallus du père avait été absorbé par la mère et transformé en fœtus (le phallus imaginaire de la mère).

La redoutable tâche assignée au « mal castré » qui refuse la soumission est donc la quête et la conquête du phallus du père aliéné dans le sein de la mère toute-puissante. Entreprise, ô combien périlleuse où redoutent de s’engager la plupart des pères qui, épouvantés, choisissent de livrer leurs enfants en sacrifice pour « sauver leur » peau ! On s’explique la fureur vindicative qui pousse ces zombies à infliger d’horribles exactions aux femmes, singulièrement aux mères. La « violence faite aux femmes » relève d’un comportement délirant par lequel celui croit avoir subi la castration, entre en révolte et se laisse aller aux pires exactions pour récupérer sa force vitale dont son phallus était le support.

La psychart-thérapie est la mise en pratique de l’intuition selon laquelle le champ de la métaphore (le support artistique) est le lieu approprié pour la quête du phallus du père :   la voie de l’activité artistique.

Il est évident que l’option morale (inconsciente) qui a présidé à l’engagement de la psychart-thérapie de déplacer l’affrontement au plan de la métaphore est d’une part son refus de cautionner l’impitoyable « lutte pour la vie » qui sévit aussi dans la société des hommes, d’autre part de souscrire à l’ « extinction du désir » que préconise le bouddhisme.

La particularité de la psychart-thérapie réside donc dans le déplacement de l’affrontement mère-enfant, sur le support artistique. C’est ainsi qu’elle substitue à l’affrontement armé, destructeur par essence l’affrontement symbolique, sans effusion de sang ni de perte en vies humaines.  Ici, seuls sont destinés au gaspillage les matériaux de création (les cartons à dessin,  les bâtons de pastel, les craies, etc…)

 A l’origine de la deuxième phase, celle de l’activité créatrice, il est sans doute nécessaire de postuler la « visitation du Verbe » comme notion heuristique. En effet, le surgissement des embryons de formes signifiantes et leur identification ne s’explique pas sans l’activité du  « Verbe ouvreur » au sein de la vaine agitation de la matière picturale sur le support artistique. N’est-ce pas la raison pour laquelle la période artistique de l’humanité a fait son apparition (et c’est toujours la cas), avec l’avènement des zirignons, des komians et des chamans , ces êtres « possédés » ?

Seule l’hypothèse heuristique de l’introduction du Verbe dans la matière picturale par ces derniers permet de rendre raison de l’émergence des formes préverbales et leur appropriation en vue de la constitution du Langage : produit de la « sécularisation » du Verbe.

C’est par l’épiphanie du Langage que l’homme primitif est gratifié d’une deuxième naissance qui le « sauve » du cycle infernal de la Nature en l’introduisant dans la société des hommes initiés. 

GROBLI Zirignon 

 

 

 

 

 

 

 

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