Published On: lun, Déc 25th, 2017

QU’EST CE QUE LA PSYCHART-THÉRAPIE ?

La psychart-thérapie est la technique de reconquête de son corps, infiltré et squatté par les esprits persécuteurs (pulsions), d’un patient qui refuse la voie du « passage à l’acte ».

Les trois phases:

Sous l’accompagnement d’un thérapeute initié à ce type de prise en charge, la première démarche du patient en psychart-thérapie consiste à évacuer ses pulsions sadiques anales en déplaçant par projection celles-ci sur un support artistique.
C’est la phase préliminaire de l’affrontement symbolique qui met en jeu tout le potentiel de l’imaginaire destructeur du patient pour le déporter sur l’espace consacré : le support.
Les pulsions sadiques-anales projetées ici sous la formes de matières picturales vont s’entasser se mêler et constituer finalement un magma à interpréter comme la visualisation du chaos intérieur à l’origine des angoisses et du sentiment de persécution du patient que l’imagination de celui-ci se représente comme une sorte de bête malfaisante qui squatte ses entrailles.

Vient la seconde phase de la psychart-thérapie où, avec le « sous-tien » de son accompagnateur, le patient s’engage dans le combat pour la mise à mort symbolique de la bête externalisée sous l’apparence du gribouillis ou magma, à l’affronter en ayant recours à toutes les ressources possibles de l’imagination sadique (grattage, frottage, déchirage, lavage, etc.), et à le « réduire » finalement en traces « parlantes » devant lesquelles dans une sorte de flash suivi d’un apaisement le patient prend conscience de sa victoire sur le monstre dévorant.
A ce moment de grâce succède alors celui de l’activité divinatrice où le patient va consulter le support « élaboré » afin qu’il lui livre ses messages écrits en formes de schèmes qui se refusent à la détermination et à l’identification.

C’est dans la troisième phase que le patient engage sa responsabilité en re-constituant par l’imagination créatrice, les formes préverbales suggérées par les figures embryonnaires ou schèmes.
Le processus culmine donc à l’émergence du Langage dont les formes préverbales sont les éléments constituants et ipso facto à l’apparition de l’ « être de langage » là où rayonnait l’ « être des pulsions ».
Le savoir initiatique nous enseigne que la guérison advient avec l’entrée du sujet dans le champ du Langage où l’être humain est appelé à accomplir sa destinée.

La différence entre la psychart-thérapie et la psychanalyse

Alors que le patient en psychanalyse utilise le langage existant pour partir à la quête de la vérité de son être aliéné, le patient en psychart-thérapie, cette « conscience malheureuse » de la quête en psychanalyse, fort de son sous-tien du Nom du père invoqué, va se tourner vers la matière (sublimée), pour engager avec elle un combat héroïque afin de délivrer son essence (supposée) aliénée dans les entrailles de la Mère toute-puissante.
Le patient en psychart-thérapie est donc un déçu de la psychanalyse qui, quelque part mystique, garde l’espoir irréductible d’en finir avec l’aliénation de son essence.
C’est pourquoi, comme l’archéologue, il ne se décourage pas de creuser, de fouiller dans les profondeurs de la Terre-mère. Les bribes d’ossements que trouve l’archéologue pour la re-constitution d’un fossile, ce sont ici les schèmes ou embryons de formes vers lesquels son intuition guide l’impétrant.
La lecture ardue des schèmes et leur re-constitution par l’imagination créatrice de l’impétrant culmineront à la promotion des formes préverbales (ou signifiants artistiques), éléments constituants du Langage.
C’est ainsi que la quête mystique de l’impétrant en psychart-thérapie le conduit à la génération du Langage qui constitue le point de départ de la psychanalyse. Mais dans le cas présent, il est question du Langage refondé par les schèmes et les formes préverbales, qui a pour vertu de produire justement l’effet (miraculeux) de dés-aliénation. Le sujet du langage refondé éprouve au plus profond de son être le sentiment de dés-aliénation et de liberté, objet de sa quête impénitente, là où devant le langage, en fin d’analyse, il se sentait plus frustré que jamais !

L’intérêt particulier de la création artistique

C’est à porter au crédit de la psychart-thérapie de reconnaître l’intérêt majeur des pulsions et leur maitrise symbolique dans l’activité fondatrice de la personnalité. En effet, confronté à la mère toute-puissante l’enfant ou l’être immature est convaincu qu’elle détient le phallus (du père castré) à l’intérieur de son corps. C’est ici que le mécanisme de la métaphore prend tout son intérêt heuristique.
Pour l’impétrant qui « déplace » cette croyance infantile sur la métaphore de la mère anale (le support artistique lieu de projection de ses pulsions) , tout se passe comme si l’activité artistique constituait la quête du phallus aliéné dans la matière (sublimée) et le Langage résultant des formes préverbales , la métaphore du phallus du père arraché à l’aliénation des entrailles de la Terre-mère.
Loin de nous la prétention qui ferait de la psychart-thérapie la voie exclusive de prise en charge et d’investigation. Notre propos est tout simplement de « pointer » que la psychanalyse, articulée sur le complexe d’Oedipe et ayant pour instrument privilégié la parole vide des constituants du Langage, est incomplète et laisse le patient en situation de « conscience malheureuse ». et qu’il était nécessaire, en plus, de faire la prospection du champ prégénital au moyen de l’activité artistique , créatrice de formes préverbales ces portes d’entrée dans le champ du Langage, pour offrir à l’humanité la solution satisfaisante à la problématique de la prise en charge en psychopathologie.

L’initié africain Bouabré Bruly a écrit quelque part que la création d’une « beauté visuelle » signe la fin d’une initiation. En substituant beauté visuelle à « œuvre d’art originale », on découvre une similitude de conception entre la psychart-thérapie et l’initiation africaine.En effet, à l’inverse du mode opératoire du créateur occidental qui part des perceptions, ces deux voies ont la particularité d’utiliser comme matière les pulsions projetées sur un support choisi, la maîtrise de celles-ci, au lieu de la métaphore, étant la finalité de l’activité créatrice des éléments constituants du Langage ce champ d’éclosion et d’épanouissement des potentialités l’être humain.

Réflexions sur la psychart-thérapie

De même qu’après une bonne tétée l’enfant repu se trouve dans les dispositions qui lui permettent d’instaurer une relation de paix favorable à la contemplation du visage de la mère et à la lecture de ses expressions ainsi au terme d’une période de manipulation gratifiante de la matière picturale l’impétrant en psychart-thérapie satisfait d’avoir évacué ses pulsions orales-sadiques s’apaise-t-il et devient-il capable d’observer et de faire la lecture des bribes de signifiants qui apparaissent sur le support maculé de matières qu’il manipule.
Il est permis de postuler que le langage est un don du Verbe médiateur qui fait son avènement au cours de la période de « dépression » qui suit l’évacuation des pulsions sadiques-orales sur le support. L’appropriation des bribes de signifiants qui émergent sur le support (maculé) agité et leur reconstitution « logique » sont à l’origine de la genèse des formes préverbales éléments constituants du Langage. Tel est le mode de genèse du Langage.
il est évident qu’à l’origine la relation de personne ne pouvait pas exister entre la mère toute-puissante et l’enfant. L’enfant était sans doute phantasmé comme un déchet de la mère anale avec qui elle entretenait naturellement des relations de type obsessionnel. C’est la dépression apparue au sein du conflit anal-sadique qui a favorisé la pénétration du Verbe principe de la structuration la « Masse indifférenciée » de déchets originaires. Il en résulte que la mère anale « castrée » est la médiatrice originelle du Verbe qui a introduit le Langage à la faveur de l’activité plastique créatrice de formes préverbales.
Langage dont la ré-appropriation structurante détermine l’apparition d’un « être-de-langage ».

Les traces en psychart-thérapie

Que faire de ces pulsions qui nous dévorent les entrailles comme le jeune spartiate le renard ?

D’instinct (ou peut-être à l’appel lointain des ancêtres), l’homme perdu sur la Terre étrangère croit trouver son fondement qu’il cherche, à s’affronter avec un support artistique substitut, de la mère dévorante, aux fins d’arracher du sein de celle-ci, le phallus du Père qu’elle est censée avoir englouti.

Ayant choisi comme figure identificatoire le chacal, animal solitaire supposé être engagé dans la quête impénitente de son double, c’est avec la passion que lui prêtent les initiés dogon, que nous grattons creusons et manipulons le support enduit de matières picturales, équivalents symbolique des matières fécales (métaphore de la Terre-mère).

Entreprise ô combien éprouvante, dont les commencements destructeurs sont consacrés plus à l’évacuation des pulsions sadiques qu’à la découverte des éléments constituants du « double-placentaire » recherché.

Toutefois, il est intéressant de savoir que cette phase initiale, apparemment ingrate, est celle qui, en gratifiant l’impétrant sous tension, d’une détente opportune, lui donne le sentiment de bénédiction et d’espoir, qui vont renforcer son ardeur à pousser plus avant l’activité de grattage, de fouille, de creusement, de manipulation du support représentant de
la « grande dévoreuse », explorations qui, il va sans dire, exposent inéluctablement l’impétrant à la rencontre et à l’affrontement (victorieux) avec les créatures malfaisantes qu’elle abrite..

Les créations réunies dans ce livre sont les trophées rapportés de ce « voyage initiatique ».

Il est d’importance capitale pour l’appréciation de ces « traces en psychart-thérapie » de savoir que leur production n’obéit pas à la même démarche que la création dans l’art classique occidental, qui fonctionnait sur le principe de l’inspection de l’objet pour aboutir à sa maitrise magistrale.

Au contraire, c’est en étant centré sur le bouillonnement de sa vie intérieure que l’impétrant en psychart-thérapie projette (à son insu) des éléments de celle-ci dans le support, éléments que la « ruse de l’inconscient » a dispersés et enfouis dans la matière sublimée métaphore du ventre de la Grande dévoreuse.

C’est sans doute pourquoi l’impétrant lui-même est le premier surpris de voir que « ces surgissements de l’inconscient » présentent des ressemblances avec l’art des grottes préhistoriques. Réminiscence ou simple influence culturelle ? La question est posée !

Quant à nous, en homme de foi, avons la satisfaction de voir dans le défilé de ces formes préverbales, la figure glorieuse du Père ressuscitant, que nous n’avons de cesse
d’appréhender, sans parvenir (heureusement) à la Connaissance. Le destin de l’Homme en exil dans le monde n’est-il pas l’initiation sans fin ?

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