Published On: sam, Sep 16th, 2017

LE PAPYRUS DE PRISSE: ENSEIGNEMENTS DE PTAH-HOTEP

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La littérature sapientiale apparaît en Égypte dès le III’ millénaire av. J. C sous la forme d’« enseignements » d’un père à son fils. Il s’agit d’apprendre à vivre en conformité avec la notion fondamentale de l’existence en Égypte ancienne : la Maât.
Apprendre à vivre selon la Maât…
L’originalité de la pensée égyptienne au III’ millénaire av. J. C. est de concevoir la vie conforme à la Maât comme objet d’apprentissage, fondé sur l’expérience de grands ancêtres, et non comme une loi divine révélée. C’est ainsi que le premier à dicter son « enseignement », selon la tradition, est le célèbre Imhotep (env. 2660 av. J. C.), l’inventeur de l’architecture monumentale en pierre, le constructeur de la pyramide à degrés du roi Djéser (III’ dynastie) à Saqqarah.
L’Enseignement de Ptahhotep se présente comme un texte complet, connu par des copies postérieures. La plus complète est celle du Papyrus Prisse (Paris, Bibl. nat. de France) qui date de la XII » dynastie (env. 1990-1785 av. J. C.). Il illustre parfaitement la mentalité des maîtres de sagesse de l’Égypte du III’ millénaire av. J. C.
 
MAXIME 1 :
 
De l’humilité et la découverte des parole parfaite.
Il dit à son fils : Que ton cœur ne soit pas vaniteux à cause de ce que tu connais ; prends conseil auprès de l’ignorant comme auprès du savant, car on n’atteint pas les limites de l’art, et il n’existe pas d’artisan qui ait acquis la perfection. Une parole parfaite est plus cachée que la pierre verte ; on la trouve pourtant auprès des servantes qui travaillent sur la meule.
 
MAXIME 2 :
 
De l’art du débat avec un supérieur.
Si tu rencontres un débatteur en action, qui dirige son cœur et qui est plus habile que toi, plie tes bras et courbe ton dos ; ne sais pas ton cœur contre lui car tu ne l’égaleras pas. Puisses tu abaisser celui qui s’exprime mal en ne t’opposant pas à lui lorsqu’il agit ; c’est ainsi qu’il sera désigné comme un ignorant dès que ton cœur aura supprimé sa surabondance.
 
MAXIME 3 :
De l’art du débat avec un égal.
Si tu rencontres un débatteur en action, ton égal, celui qui est à ton côté, agis en sorte que ta supériorité sur lui se manifeste par le silence, alors même qu’il parle mal. Ceux qui l’écoutent penseront beaucoup de mal de lui, alors que ton renom sera parfait dans l’esprit des grands.

MAXIME 4 :

De l’art du débat avec un inférieur.
Si tu rencontres un débatteur en action, un homme de peu qui n’est certes pas ton égal, que ton cœur ne soit pas agressif contre lui à cause de ta faiblesse. Place le à terre, et il se punira lui-même. Ne lui réponds pas pour soulager ton cœur, ne lave pas ton cœur à cause de celui qui s’oppose à toi. Misérable est celui qui fait du mal à un homme de peu. On désire agir conformément à ce que tu désires et tu le frapperas de la désapprobation des grands.

MAXIME 5 :

De l’art d’être un chef en respectant la règle.
Si tu es un guide, chargé de donner des directives à un grand nombre, cherche, pour toi, chaque occasion d’être efficient, de sorte que ta manière de gouverner soit sans faute. Grande est la règle, durable son efficacité. Elle n’a pas été perturbée depuis le temps d’Osiris. On châtie celui qui transgresse les lois, même si cette transgression est le fait de celui au cœur rapace. L’iniquité est capable de s’emparer de la quantité, mais jamais le mal ne mènera son entreprise à bon port. Celui qui agit mal dit : j’acquiers pour moi-même ; il ne dit pas : j’acquiers au bénéfice de ma fonction. Quand vient la fin, la règle demeure. C’est ce que dit un homme juste : tel est le domaine de mon père spirituel.

MAXIME 6 :

De la vanité des manoeuvres humaines.
Ne te livre pas à une machination contre l’espèce humaine, car dieu châtie pareil agissement. Qu’un homme dise « je vivrai ainsi », et il sera privé de pain pour la bouche. Qu’un homme dise « je serai riche », et il dira ensuite « mes perceptions m’ont piégé » . Qu’un homme dise « je vais voler autrui » et, en fin de compte, il fait un don à celui qui ne connaît pas ! Les manoeuvres du genre humain ne s’accomplissent pas, c’est ce que dieu ordonne qui s’accomplit. Pense à vivre en paix avec ce que tu as et ce qu’ils donnent viendra de soi-même.

MAXIME 7 :

Des manières de tables.
Si tu es un homme qui fait partie de ceux qui sont assis à table d’un plus grand que toi, accepte ce qu’il donne, de la manière dont cela sera placé devant ton nez. Regarde ce qui est devant toi, ne te disperse pas par quantité de regards ; c’est l’abomination du ka que d’être harcelé. Ne lui adresse pas la parole avant qu’il ne t’appelle ; on ne sait pas s’il est en mauvaise disposition du cœur . Parle lorsqu’il s’adresse à toi, et que ton discours rende le cœur heureux. Quant au grand, assis derrière les pains, que son comportement se conforme à la directive de son ka. Il fera un don à celui qu’il distingue ; c’est la coutume à la tombée de la nuit. C’est le ka qui étend ses bras. Le grand fait un don à celui qui a atteint la condition d’homme de qualité. Les pains sont mangés conformément à la volonté de dieu, c’est l’ignorant qui s’en plaindrait.

MAXIME 8 :

Du respect de la mission confiée.
Si tu es un homme de confiance, qu’un grand envoie à un grand, sois tout à fait scrupuleux quand il t’envoie ; transmets pour lui le message comme il l’a formulé, garde toi de forcer sur les mots, de peur de brouiller un grand avec un grand. Tiens t’en fermement à la règle, ne l’outrepasse pas ; le lavement du cœur ne doit certes pas être répété. Ne parle contre personne, grand ou petit, c’est l’abomination du ka.

MAXIME 9 :

Du nécessaire silence du riche et de l’heureuse destinée de qui n’a pas d’enfants.
Si tu laboures, et si la croissance s’effectue dans le champ, parce que dieu la donne en abondance dans ta main, n’en aie pas plein la bouche auprès de ton voisinage, car l’on éprouve un grand respect pour le silencieux. Si un homme de caractère est possesseur de biens, il accomplit l’acte de posséder comme un crocodile, même dans la cour de justice. Ne pose pas de réclamation pour qui est sans enfants, ne critique pas le fait de ne pas en avoir, n’émets pas de vantardises sur le fait d’en avoir ; il y a maint père dans l’affliction, de même que mainte mère qui a enfanté, alors qu’une autre sans enfant est plus sereine qu’elle. C’est celui qui est seul dont dieu permet la mutation, alors que le patron d’un clan familial prie avec anxiété pour qu’on prenne sa suite.

MAXIME 10 :

De la nécessité de placer sa confiance en un être de qualité.
Si tu es un faible, suis un homme de qualité, digne de confiance ; toute ta conduite s’en trouvera bien vis-à-vis de dieu. Si tu apprends que cet homme était auparavant d’humble condition, n’aie pas le cœur arrogant à son égard, à cause de ce que tu sais de sa condition antérieure. Crains le avec respect conformément à ce qui est advenu de lui, car les choses ne viennent certes pas d’elles mêmes. Quant à l’opulence, que l’homme de qualité l’obtienne lui-même. C’est dieu qui fait qu’il soit un être de qualité et qui le protège, même quand il dort.

MAXIME 11 :

De la nécessité de suivre le coeur et de ne pas gaspiller son énergie dans les tâches matérielles.
Suis ton cœur le temps de ton existence, ne commets pas d’excès par rapport à ce qui a été prescrit, n’abrège pas le temps de suivre le cœur. Gaspiller son moment d’action est l’abomination du ka. Ne détourne pas ton action quotidienne de manière excessive pour l’entretien de ta maison. Adviennent les choses, suis le cœur ; les choses ne profiteront pas au négligent.

MAXIME 12 :

Du comportement envers un fils spirituel.
Si tu es un homme de qualité en qui on peut avoir confiance, puisses tu façonner un fils spirituel avec la faveur de dieu. S’il est en rectitude s’il se conforme à ta manière d’être, et s’il prend soin de tes biens en bon ordre, accomplis pour lui toute sorte de bonté. C’est ton fils, il appartient à la semence de ton ka. Ne sépare pas ton cœur de lui. Mais la semence d’un homme peut engendrer le conflit. S’il va dans la mauvaise direction, s’il transgresse tes recommandations, et désobéit de manière insolente à tout ce qui est dit, si sa bouche débite des paroles méprisables, chasse-le, il n’est pas ton fils. Mets le au travail pour la totalité de son discours. Lui qui s’est montré hostile envers toi subira leur défaveur, une entrave lui fut infligée alors qu’il se trouvait dans le ventre. Celui qu’ils guident ne peut pas s’égarer, celui qu’ils privent de barque n’aura pas la possibilité de traverser.

MAXIME 13 :

De l’attitude à la cour de justice.
Si tu te trouves dans le porche où l’on rend la justice, soit debout ou assis, conformément à la procédure, qui te fut ordonnée le premier jour. Ne force pas le passage, tu seras repoussé. Perçante doit être la vue de celui qui entre après avoir été annoncé, large est le siège de celui qui fut appelé. Le porche où l’on rend la justice est conforme à la rectitude ; toute conduite doit être conforme au fil à plomb, c’est dieu qui avance le siège. Ne seront pas installés ceux à qui on prête trop l’épaule.

MAXIME 14 :

Du coeur qui rend heureux et du ventre qui condamne au malheur.
Si tu es en compagnie de gens, procure toi des alliés en tant qu’homme digne de confiance qui atteint le cœur ; celui qui atteint le cœur est celui qui ne contourne pas le langage dans son ventre. Il deviendra un homme qui commande lui-même, un possesseur de bien grâce à son comportement. Que ton renom soit bon sans que tu en parles. Ton corps sera nourri, ton visage se tournera vers tes proches, et l’on t’offrira ce que tu ignorais. Le cœur de celui qui écoute son ventre disparaît ; il suscitera à son égard, le dédain au lieu de l’amour. Le cœur sera dénudé et son corps ne sera pas oint. Celui au grand cœur est un don de dieu, celui qui obéit à son ventre obéit à l’ennemi.

MAXIME 15 :

De l’art de communiquer.
Transmets tes directives sans avaler le cœur, et donne ton avis dans le conseil de ton maître. S’il s’exprime d’abondance, il ne sera pas difficile au messager de faire son rapport, et il ne lui sera pas répondu : « qui est donc celui qui est informé ? ». En ce qui concerne le grand, ses biens péricliteront s’il pense à le punir à cause de cela, aussi se taira-t-il en concluant « j’ai dit ».

MAXIME 16 :

De l’art de gouverner.
Si tu es un guide, que ta manière de gouverner voyage librement au moyen de ce que tu as ordonné. Tu dois accomplir des choses élevées. Songe aux jours à venir ensuite, qu’un malheur ne survienne pas au milieu des faveurs ; comme un crocodile émerge, la défaveur se produit.

MAXIME 17 :

De la nécessité d’écouter les requêtes.
Si tu es un guide, écoute sereinement le discours de celui qui t’adresse une requête ; ne le repousse pas, jusqu’à ce qu’il ait purgé son ventre de ce qu’il songeait à dire. Celui qui est accablé d’injustice désire que son cœur soit lavé, plus que la réalisation de ce pourquoi il est venu. Quant à qui repousse celui qui adresse des requêtes, on dira « pour quelle raison les rejette-t-il ? » Il n’est pas possible que toutes les requêtes aboutissent, mais une bonne écoute aplanit le cœur.

MAXIME 18 :

Du danger de la séduction.
Si tu désires faire durer l’amitié, dans une demeure où tu as tes entrées, comme maître, comme frère ou comme ami, ou en tout lieu où tu as tes entrées, garde-toi de t’approcher des femmes. Ce n’est pas bon là où le fait se produit. La vue n’est jamais assez aiguisée lorsqu’elle les repère. Des milliers d’hommes se sont détournés de ce qui leur est profitable. Un court instant de plaisir, semblable à un rêve, et le mort t’atteindra pour les avoirs connues. C’est une mauvaise maxime que : « lance un trait contre l’adversaire » ; quand on s’apprête à agir ainsi, que le cœur écarte cette intention. Quant à celui qui échoue continuellement en les convoitant, aucun de ses dessins ne réussira.

MAXIME 19 :

De l’avidité : mal incurable.
Si tu désires que ta conduite soit bonne, délivre toi de tout mal ; combats toute occasion d’avidité de cœur. L’avidité est la maladie grave d’un incurable ;Y pénétrer est impossible. L’avidité sème le malheur parmi pères et mères, et parmi les frères de la mère, elle sépare l’épouse du mari. L’avidité est la réunion de toutes les sortes de mal ; c’est un sac qui contient tout ce qui est haïssable. L’homme est posé s’il applique correctement la règle, et va son chemin conformément à la marche à suivre. Aussi fera-t-il l’état de ses biens, alors que l’avide de cœur n’aura pas de tombe.

MAXIME 20 :

De la juste attitude envers l’avoir.
Ne sois pas avide de cœur en ce qui concerne le partage des biens, ne sois vorace que de tes biens personnels. Ne sois pas avide de cœur envers tes proches ; plus ample est la juste revendication de l’homme doux que celle injuste de l’homme rude. Ce dernier, bien peu échoit de ses proches, car il est privé de ce qu’apporte la parole. Un peu d’avidité suffit à faire naître l’esprit de querelle chez l’homme au ventre froid.

MAXIME 21 :

De l’amour et du respect dus à l’épouse.
Si tu es un homme de qualité, fonde ta demeure, aime ton épouse avec ardeur, remplis son ventre, habille son dos, l’huile est un remède pour son corps. Allonge son cœur le temps de ton existence. Elle est une terre fertile, utile pour son maître. Ne décide pas pour elle, éloigne la du puissant qui la spolierait. Son œil est le vent ; regarde la, et tu la feras rester dans ta maison. Si tu la repousses, voici les larmes ! Le vagin est l’une de ses formes d’action ; ce qu’elle impose, c’est que soit fait pour elle un canal.

MAXIME 22 :

De la nécessité de satisfaire ses familiers.
Satisfais tes familiers en qui tu as confiance, au moyen de ce qui t’advient : tel est le destin de celui que dieu favorise. De celui qui faillit sans cesse à satisfaire ses familiers en qui il a confiance, on dira « c’est un ka trop satisfait de lui même ». L’avenir est inconnu, même si on a l’intuition de demain. C’est une puissance créatrice, la juste puissance créatrice qui s’en satisfait. Si sont accomplis des actes dignes de louange, les familiers dignes de confiance disent : « bienvenue ! » Lorsqu’on ne procure pas la paix à la ville, on devra amener des familiers si se produit une calamité.

MAXIME 23 :

Du refus de la rumeur.
Ne répète pas une rumeur médisante, ne l’écoute pas. C’est la manière de s’exprimer de celui qui a le ventre brûlant. Si nécessaire, répète la mauvaise affaire que tu as vue et pas seulement entendue. Que la rumeur médisante soit jetée à terre, n’en parle absolument pas. Vois celui qui te fait face reconnaîtra ta qualité. Qu’il soit ordonné de se saisir des conséquences de la rumeur médisante ; ne naîtra que la haine, conformément à la loi, contre qui s’en emparerait pour l’utiliser. Vois il s’agit de détruire une sorte de mauvais rêve ; protège t’en.

MAXIME 24 :

Du bon usage de la parole.
Si tu es un homme de qualité en qui on a confiance, qui siège au conseil de son maître, rassemble tout cœur vers la perfection. Sois silencieux, c’est plus utile que le bavardage. Parle seulement quand tu sais que tu apporteras une solution ; il doit être un artisan, celui qui parle dans le conseil ; parler est plus difficile que tout autre travail. C’est celui qui interprète cette maxime qui donne autorité à la parole.

MAXIME 25 :

De la vraie puissance et de la maîtrise de soi.
Si tu es puissant, agis en sorte que l’on te respecte, en fonction de la connaissance et du calme du langage. Ne donne d’ordres que lorsque les circonstances l’exigent. Celui qui provoque de manière belliqueuse s’engage dans une mauvaise action. Ne sois pas vaniteux, tu ne seras pas abaissé. Ne sois pas vaniteux, mais garde toi de fouler aux pieds, et de répondre à une parole avec flamme. Détourne ton visage, contrôle toi, les flammes d’un individu au cœur bouillant le déprécient. Pour l’être rayonnant qui avance, le chemin est construit. Celui qui est triste de cœur, la journée durant, n’accomplira aucun mouvement heureux. Celui qui est frivole de cœur ne fondera pas de demeure. Celui qui atteindra une plénitude est comme celui qui tient le gouvernail, au moment de toucher terre. L’autre est fait prisonnier. Celui qui obéit à son cœur sera en ordre.

MAXIME 26 :

De la juste utilisation de l’énergie.
Ne t’oppose pas à l’action d’un grand, ne rends pas furieux le cœur de celui qui est lourdement chargé, car son hostilité se manifestera contre celui qui le combat. Libère l’énergie créatrice, toi qui est celui qui l’aime sans cesse. Celui qui donne de la puissance est en compagnie de dieu, ce qu’il aime sera accompli pour lui. Quant à toi, apaise le visage après l’explosion de rage ; la paix provient de sa puissance créatrice, l’hostilité de l’ennemi. C’est la puissance qui fait croître l’amour.

MAXIME 27 :

De l’énergie d’un grand.
Enseigne à un grand ce qui lui est utile, suscite son accueil parmi l’espèce humaine, fais en sorte que sa sagesse retombe sur son maître. C’est de son énergie que proviennent les aliments qui te sont attribués ; le ventre de celui qui est aimé est comblé. Ton dos sera habillé grâce à lui. Ces conditions réalisées, préoccupe toi de la vie de ta maison, dépendant du noble que tu aimes. Il vit grâce à cela, et, bien plus, il t’accordera une protection. Bien plus, c’est l’amour que tu inspires qui durera dans le ventre de ceux qui t’aiment. Vois, c’est le ka qui aime continuellement entendre.

MAXIME 28 :

De la nécessité de l’impartialité.
Si tu agis, fils d’un homme de la cour de justice, messager chargé de l’apaisement de la multitude, ôte les inutilités du document écrit. Quand tu parles, ne penche pas d’un côté ; prends garde que soit formulée cette accusation : « juges, il place sa parole sur le côté qui lui convient ! » ; alors ton action se retournerait en procès contre toi.

MAXIME 29 :

De l’indulgence.
Si tu es indulgent à propos d’une affaire qui s’est produite, ne favorise un homme qu’à cause de sa rectitude. Passe sur son ancienne faute, ne te souviens pas d’elle, dès lors qu’il est silencieux envers toi le premier jour.

MAXIME 30 :

Du nécessaire détachement des biens matériels.
Si tu es un grand après avoir été un petit, et si tu fais fortune après avoir subi la misère auparavant, dans la ville que tu connais, n’évoque pas en gémissant ce qui t’est arrivé auparavant. Ne place pas la confiance de ton cœur dans l’accumulation de tes biens matériels, car ce qui t’a été octroyé est un don de dieu. Tu ne seras pas derrière un autre ton semblable, qui aura vécu semblable événement.

MAXIME 31 :

De la bonne attitude envers un supérieur et le voisinage.
Courbe le dos devant ton supérieur, ton chef du palais royal ; ainsi, ta demeure, avec ses biens, sera durable, et ta récompense sera à ta juste place. Malheureux est celui qui s’oppose à un supérieur ; car l’on ne vit que pendant la période où il exerce sa clémence. Malheureux celui dont le bras ne se courbe pas, lorsqu’il est dénudé. Ne dévalise pas la maison de tes voisins, et ne t’approprie pas les biens de celui qui est proche de toi, de sorte qu’il ne te dénonce pas, avant que tu ne l’apprennes de toute façon. L’agressif est un sans cœur. Si ton voisin sait cela , il attaquera en justice, car c’est mal de s’attaquer au voisinage.

MAXIME 32 :

De la nécessité d’éviter la femme-enfant.
Ne fais pas l’amour avec une femme-enfant, car tu sais qu’on lutte contre l’eau qui est sur son cœur. Ce qui se trouve dans son ventre ne sera pas rafraîchi ; qu’elle ne passe pas la nuit à faire ce qui doit être repoussé, qu’elle soit calmée après avoir mis un terme à son désir.

MAXIME 33 :

Comment éprouver un ami et connaître sa véritable femme.
Si tu cherches à sonder la vraie nature d’un ami, ne te pose pas de question, mais approche toi près de lui. Ne traite cette affaire qu’avec lui seul, jusqu’à ce que tu ne sois plus inquiet de son attitude. Discute avec lui le temps qu’il faudra. Eprouve son cœur à l’occasion d’un entretien. Si ce qu’il a vu lui échappe et s’il accomplit un acte qui t’irrite, sois amical avec lui ou sois silencieux, mais ne détourne pas le visage. Rassemble tes énergies quand tu éclaires l’affaire pour lui, ne réponds pas par un acte d’hostilité, ne va pas contre lui, ne le foule pas aux pieds, son moment de vérité n’a jamais manqué de se produire, et l’on ne peut échapper à celui qui l’a déterminé.

MAXIME 34 :

De la nécessité de la bienveillance.
Que ton visage soit lumineux le temps de ton existence. Ce qui sort de l’entrepôt n’y entre pas de nouveau. C’est le pain destiné à la distribution dont on est vorace. Celui dont le ventre est vide est un accusateur, et celui qui est mis continuellement en état de manque est un agresseur. N’en fais pas l’un de tes proches. La bienveillance est le mémorial d’un homme, pour les années qui viennent après l’exercice du pouvoir.

MAXIME 35 :

De la nécessité d’un caractère lucide, ferme et accompli.
Connais ceux qui sont à tes côtés et tes biens dureront ; ne sois pas faible de caractère envers tes amis ; Ils sont une rive cultivable qui reçoit l’inondation, elle est plus importante que ses richesses. Car les biens de l’un peuvent échoir à l’autre. La vertu du fils de l’homme lui sera utile ; une nature accomplie sera un mémorial.

MAXIME 36 :

De la nécessité de punir et de combattre le mal.
Punis principalement, enseigne complètement, l’acte de stopper le mal sera l’établissement durable de la vertu. Quant à un méfait, exception faite du malheur, c’est ce qui transforme le geignard en agresseur.

MAXIME 37 :

Du bonheur d’épouser une femme joyeuse.
Si tu épouses une femme qui soit nantie, joyeuse de cœur et connue des habitants de sa ville, qu’elle se conforme à la double loi. Sois agréable pour elle au bon moment ; ne te sépare pas d’elle, et agis en sorte qu’elle soit nourrie. Une femme au cœur joyeux apporte l’équilibre.

MAXIME 38 :

De la transmission de la sagesse, de la connaissance et de la rectitude.
Si tu as écouté les maximes que je viens de te dire , chacun de tes desseins ira de l’avant. Leur rectitude, c’est leur richesse ; leur souvenir chemine dans la bouche des hommes à cause du caractère accompli de leur discours cohérent. On doit transmettre chaque parole afin qu’elle ne périsse jamais dans ce pays. Qu’une maxime soit formulée pour le bien de sorte que les notables en parlent. C’est enseigner à un homme ce qu’il doit dire à la postérité. Celui qui écoute, cela devient un artisan en écoutant. Il est bon de formuler pour la postérité ; c’est elle qui entendra cela. Si le bon exemple est donné par celui qui est un chef, il sera efficace pour l’éternité. c’est le connaissant qui se préoccupe de sa capacité de sublimation, en assurant sa substance au moyen de ce qui fait durer. Grâce à elle il est heureux sur terre. Le connaissant est sage à cause de ce qu’il connaît, et le noble à cause de sa manière d’agir. Que son cœur régule sa langue, que ses lèvres soient justes lorsqu’il s’exprime, que ses yeux voient, que ses oreilles se plaisent à entendre ce qui est utile à son fils. Celui qui agit en rectitude est exempt de mensonge.

MAXIME 39 :

De la nécessité de l’écoute et de l’entendement.
Il est utile d’écouter pour le fils qui écoute. Si l’acte d’écouter sans cesse pénètre celui qui écoute, celui qui écoute devient celui qui entend. Quand l’écoute est bonne, la parole est bonne . Celui qui écoute est le maître de ce qui est profitable, écouter est profitable à celui qui écoute. Ecouter est meilleur que tout, ainsi naît l’amour parfait. Comme il est bon qu’un fils accepte ce que dit son père. Porteur de ce message, il atteindra un grand âge. Celui que dieu aime, c’est celui qui entend ; celui qui n’entend pas est haï de dieu. C’est le cœur qui fait naître son maître comme celui qui entend ou celui qui n’entend pas. Pour un homme, son cœur est vie, prospérité, santé. C’est celui qui écoute qui entend ce qui es dit, c’est celui qui aime entendre qui accomplit ce qui est dit. Comme c’est bon un fils qui obéit à son père ! Comme c’est heureux pour celui à qui il est dit : « un fils, il est bienveillant, en tant que possesseur de la capacité d’écoute ». Celui qui écoute celui qui lui dit cela, il sera bien ajusté en son for intérieur et bienheureux auprès de son père. Son souvenir subsistera dans la bouche des vivants qui sont sur terre et qui y seront.

MAXIME 40 :

Du fils spirituel.
Si le fils de l’homme accepte ce que dit son père, aucun des ses plans n’échouera . Eduque, dans ton fils, celui qui écoute ; dans le cœur des nobles, il sera un homme de qualité , digne de confiance, lui qui guidera sa bouche conformément à ce qui a été dit, lui qui sera vu comme celui qui entend. Les démarches d’un fils, qui est un homme de qualité digne de confiance, sont remarquables. L’égarement pénètre dans celui qui n’écoute pas. Le connaissant se lève au matin pour maintenir son équilibre, tandis que l’ignorant est aux abois.

MAXIME 41 :

De l’ignorant.
Quant à l’ignorant qui n’écoute pas, il n’accomplira rien. Il considère la connaissance comme l’ignorance, l’utile comme le nuisible. Il fait tout ce qui est détestable , de sorte que l’on s’irrite contre lui chaque jour. Il vit de ce qui fait mourir, sa nourriture est le discours tordu. C’est là sa caractéristique qu’ont bien reconnue les nobles, à savoir un mort vivant chaque jour. On omettra ses actes à cause des nombreux malheurs qui lui sont advenus chaque jour.

MAXIME 42 :

Des devoirs et du destin du fils spirituel.
Un fils qui entend est un suivant d’horus et c’est bon pour lui après ce qu’il a entendu. Lorsqu’il est âgé il atteint l’état de bienheureux. Qu’il transmette le même message à ses enfants en renouvelant l’enseignement de son père. Tout homme reçoit l’enseignement conforme à son action ; puisse-t-il effectuer un acte de transmission envers ses enfants, de sorte qu’ils puissent parler à leurs enfants. Façonne le caractère, ne donne pas libre cours à la destruction, consolide la rectitude et ta descendance vivra. Quant au premier qui viendrait porteur de désordre, puissent les hommes dirent ce qu’ils verront : « voilà ce qui est conforme à ce misérable ! ». Qu’il soit dit à ceux qui écouteront : « voilà qui est bien conforme à ce misérable ! » Que tout le monde les voie et la multitude sera apaisée. Sans eux, la richesse ne sera pas accomplie.

MAXIME 43 :

De la parole juste.
Ne dérobe pas une parole et ne l’apporte pas, ne mets pas une chose à la place d’une autre, prends garde à rompre les entraves en toi, prends garde à ce que dit celui qui connaît les choses : « écoute si tu désires durer dans la bouche de ceux qui entendent, parle seulement lorsque tu auras atteint la maîtrise du métier ; si tu parles de manière accomplie, ta manière de vivre sera en rectitude.

MAXIME 44 :

De la parole juste.
Immerge de ton cœur, contrôle ta bouche, et ta condition sera d’être parmi les nobles. Que ton témoignage soit complet, en présence de ton maître. Agis de sorte qu’il dise : « celui-là est un fils », et que ceux qui écouteront cela disent : « heureux celui pour lequel il est né ! ». Pose ton cœur au moment où tu parles, prononce des paroles élevées, de sorte que les nobles qui écouteront disent : « comme c’est beau ce qui sort de ta bouche ! »

MAXIME 45 :

De la nécessaire rectitude d’un fils.
Agis en sorte que ton maître dise de toi : « combien est accompli celui qui a reçu l’enseignement de son père, quand il sortit de lui, de son corps ; il lui avait parlé alors qu’il se trouvait entièrement dans le ventre ; ce qu’il a accompli est plus grand que ce qui lui avait été dit ». Vois, un bon fils est un don de dieu, un être qui accomplit davantage que ce qui lui fut prescrit par son maître ; qu’il agisse en rectitude, que son cœur agisse conformément à sa démarche, comme tu me rejoins, avec un corps en bonne santé.

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