Published On: dim, Jan 28th, 2018

LE TRAITÉ DE BAQT: TRAITÉ DE PAIX OU TRAITÉ ESCLAVAGISTE?

Le traité de Baqt: traité de paix entre populations noires Nubiennes et Arabes ou traité esclavagiste ?

Dans un précédent article nous démontrions que les Zanjs, dont la doxa universitaire occidentale fait passer pour des esclaves, étaient des hommes noirs libres puissants militairement, politiquement et économiquement.

Dans leur macabre comptage des esclaves de la traite dit orientale, les prétendus « spécialistes » de la question tels Bernard Lewis, Marc Ferro, Catherine Coquery-Vidrovitch ou encore Tidiane N’Diaye incluent les Zanjs parmi les populations esclavagisées.

Cette monstrueuse falsification montre très clairement que ces « spécialistes » ne travaillent pas en scientifiques, en historiens mais en idéologues, ou du moins en agents d’une certaine idéologie que nous prendrons le soin d’identifier ultérieurement.

Ce qui est sûr c’est que les millions de Zanjs comptés comme esclaves doivent sortir des cahiers des comptes des falsificateurs qui comptabilisent entre 12 et 17 millions d’esclaves victimes de la traite négrière orientale.

Un élément constituant la cheville ouvrière de l’entreprise de falsification de l’Histoire du monde arabo-africain est le traité de Baqt.

Selon la version officielle donnée par nos chers spécialistes (Olivier Pétré-Grenouilleau, Malek Chebel, etc.), ce traité serait la source première de la traite arabo-musulmane à l’endroit des Noirs.

Le mot Baqt dérive du latin pactum  et du grec pakton qui signifie « convention, contrat ». Or qui dit contrat dit obligatoirement mutualité et contraintes.

Si effectivement le Baqt est une convention mutuelle et contraignante, il serait bon d’étudier les conditions qui ont amené à ce contrat.

En 641, à la demande du calife Omar ibn Khattab, l’Egypte est arrachée à l’empire romain et conquise par les armées musulmanes. Ces armées arabes sont dirigées le général d’armée Noir Amir ibn al-Aaas dont le savant et juriste musulman Ibn Khatir dira de lui dans son livre « Al-Bidaaya Wa Al-Nihaaya » ceci : « وكان أسمر، شديد السمرة، طويلا، أصلع رضي الله عنه » [Il (Amir ibn Al-Aas) était Noir, grand, et chauve. Qu’Allah soit satisfait de lui).

Avec la chute de l’Egypte les armées arabes mettent fin à plus d’un millénaire de domination blanche en Afrique du Nord.

Le Général d’armée Amir Ibn Al-Aas a été épaulé dans sa tâche par quatre autres généraux à la tête chacun de 1 000 hommes envoyés en renfort par le Calife Omar Ibn Khattab. Ces quatre hommes forts qui ont contribué à briser la suprématie occidentale sur l’Afrique du Nord sont de purs Arabes Noirs : Ubaada ibn Al-Samit, Al-Zubair ibn Al-Awwam, Miqdad ibn Amir, and Maslama ibn Mukhallid. C’est le plus illustre d’entre eux quatre, à savoir, Ubaada Ibn Al-Samit, un imposant homme Noir de plus de 2m, qui fut envoyé par Amir Ibn Al-Aas en ambassade auprès d’Al-Muqawqis (Cyrus le patriarche d’Alexandrie) pour obtenir la reddition des Romains.

L’on se rappelle des propos négrophobes du patriarche d’Alexandrie tout apeuré, terrifié de voir ce grand Noir et sa garde prétorienne tout aussi nègre que son chef : « Que l’on retire de ma vue cette homme Noir et que l’on choisisse un autre ambassadeur » lance-t-il à la délégation arabe.

Toujours est-il que l’Egypte tomba aux mains des armées arabes, et suivit très vite après le reste de l’Afrique du Nord. En quelques années, l’hégémonie des populations blanches prit fin avec les armées islamiques.

Pour ce qui est du cas spécifique de l’Egypte, les nouveaux dirigeants arabes rétablirent la justice en octroyant aux Chrétiens Noirs d’Egypte les églises qui hier étaient aux mains du clergé raciste, colonial romain. Malgré la différence de religion entre les Arabes et les Egyptiens, la solidarité raciale a poussé les Arabes à remettre au devant de la scène leurs frères Noirs égyptiens au détriment des colons blancs romains.

Du temps où la conquête de l’Egypte n’était qu’un projet, le prophète Muhammad disait alors à ses compagnons « Quand vous conquérez l’Egypte soyez plein d’égard envers sa population. Vous avez un lien de parenté avec elle, elle sera sous votre protection ».

Raison pour lesquels les Egyptiens ont accueilli les soldats arabes en libérateurs qui mettaient ainsi fin à plus de 1000 ans de colonisation européenne et domination blanche.

Mais ces armées arabes superpuissantes ne s’arrêtèrent pas en si bon chemin et dirigèrent leurs troupes vers le sud chrétien. C’est Oqba ibn Nafi, le neveu d’Amir ibn Al-Aas (Gouverneur de l’Egypte), qui prit la tête d’une armée de 5 000 hommes pour conquérir le royaume chrétien de Makourie. La puissante armée makourienne infligea une sévère défaite aux troupes arabes. Les obligeant à mettre de côté toute velléité de conquête de ce royaume. C’est ce qu’on a appelé la « première guerre du Dongola (642)».

Dix ans plus tard, Abdallah ibn Sa’ad ibn Abou As-Sarh, le deuxième gouverneur arabo-musulman de l’Egypte, reparti à la conquête du royaume de Makourie avec 5 000 hommes. Le roi Qalidurut doté d’une armée phénoménale avec des archers aux pouvoirs légendaires écrasa cette seconde tentative arabe d’invasion du royaume chrétien de Makourie. De l’avis de tous les spécialistes les deux guerres de Dongola (642 et 652) sont les plus lourdes défaites des armées islamiques aient pu essuyer.

C’est alors que les autorités arabes ont été contraintes de signer un pacte de non-agression avec le puissant royaume de Makourie du roi Qalidurut.

Vu les conditions de signatures de ce fameux Baqt, il est tout simplement impossible que les Arabes (les vaincus du conflit) aient pu imposer quoi que se soient aux Makouriens. Nous savons qu’aucun contrat écrit n’a été enregistré entre les deux belligérants. Seul un accord oral a été conclu. Une des dispositions de cet accord oral est la possibilité laissée aux Makouriens de se rendre en toute sécurité en Egypte, dont dépendait le clergé melkite local.

Aussi la seule version que nous avons de ce baqt provient de l’auteur arabe egyptien Ahmed Al-Maqrizi (1364-1442) qui lui-même s’appuie sur une source d’un certain Abou Zacharia (auteur du IXème siècle).Abou Zacharia prétend que sa version “authentique” vienrait d’une lignée traditionaliste qui remonterait jusqu’à un contemporain d’Abdallah ibn Sa’ad ibn Abou As-Sarh, l’Emir d’Egypte et présumé signitaire du Baqt.

Non seulement nous savons qu’aucun document écrit n’a été produit lors de cet accord entre le vainqueur, le Roi Qalidurut, et le vaincu, l’Emir Abdallah ibn Sa’ad ibn Abou As-Sarh. Mais quand bien qu’un tel document aurait pu exister. Il est tout simplement impossible que quiconque en possède un exemplaire, car toutes les archives égyptiennes ont été brûlé en 750 lors de l’incendie du Diwan (lieu où étaient conservés les documents officiels).

Or la version actuelle du Baqt sur laquelle spécule tant d’historiens, est celle d‘Ahmed Al-Maqrizi (1364-1442). Et elle a été produite plus de huit siècles après les accords entre les deux parties en cause. Selon cette version les troupes arabes exigeraient chaque année, au roi de Makourie le tribut insensé de 360 esclaves. C’est bien la première fois dans l’Histoire que des vaincus exigent des vainqueurs de leurs fournir des esclaves ! (On aura tout entendu avec ces falsificateurs).

Il est évident que les conclusions que tirent forces historiens au sujet de ce traité sont toutes erronées et orientées idéologiquement, car se basant sur un faux document.

En plus de l’invalidation de l’authenticité de ce document, il faut savoir que le terme que les prétendus historiens experts de la traite du monde arabo-musulman traduisent par « esclave » est « ras ». En arabe « ras » signifie “tête”.

Donc traduire « 360 ras » par « 360 ESCLAVES » est une pure imposture. « 360 ras » doit être traduit par «360 TÊTES ».

La langue arabe au 7ème siècle dispose de termes clairs pour dire le mot esclave. En aucun cas « ras » peut être traduit par « esclave ». Les Arabes employaient par exemple le terme le mot « ahmar » (=rouge, les Blancs) pour désigner esclaves. En effet, les marchés des esclaves en provenance d’Europe était tel que finalement le mot « ahmar » (=les Blancs) finit par signifier « esclave ».

Le royaume chrétien de Makourie depuis la haute antiquité était connu pour la richesse de son cheptel d’ovins, de bovins, de caprins et d’équidés. C’est donc de TÊTES de bétails dont il est question dans ce fameux Baqt et non de d’esclaves.

D’ailleurs comment des vaincus peuvent exiger des vainqueurs de leurs fournir des esclaves ? C’est là une manipulation assez grossière.

Les Arabes, nouveaux maîtres de l’Egypte, avaient tout intérêt à bénéficier d’un accord économique et d’entretenir de bonnes relations avec ce puissant et riche voisin du Sud.

Aussi quand les idéologues disent que l’esclavage dit arabo-musulman aurait commencé avec le Baqt, nous ne pouvons que dénoncer leur imposture. Car lors du traité de Baqt se sont les Makouriens qui ont gagné la guerre et non les Arabes.

De plus le mot « ras » signifie « tête » et non pas « esclave » comme le traduisent frauduleusement ces prétendus experts de la traite arabo-musulmane. 

Aussi la conquête de l’Egypte par les troupes arabes a été accueillie par les Egyptiens autochtones (les Noirs) comme une libération, car dominés depuis 1000 ans par le colonialisme, l’impérialisme romain et la suprématie raciale blanche.

L’arrivée des troupes musulmanes a permis une élévation sociale des populations égyptiennes autochtones qui ont pu, par exemple, récupérer leurs églises spoliées par le clergé romain accessoirement négrophobe.

Et enfin, Arabes, Egyptiens et Makouriens appartiennent tout trois à un même groupe racial. En effet ce sont là trois populations noires d’ethnies différentes.

Donc définitivement il nous faut nous pencher sur les tenants et aboutissants de notre histoire sans passer par le biais de ces idéologues négrophobes et arabophobes qui travaillent à distiller la haine entre Arabes et Africains. Ils n’ont pas intérêt à ce que ces deux groupes retrouvent la mémoire et s’allient une bonne fois pour toute. Bouleversant ainsi irrémédiablement les équilibres mondiaux. C’est là leur plus grande hantise. Aussi ouvrons les yeux.

L’Histoire est une grande arme, à condition de la lire sous le prisme de la vérité et non de l’idéologie.

Par TAHERUKA SHABAZZ, Directeur de l’ISA (https://www.facebook.com/faritaheruka

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