Published On: dim, Déc 18th, 2016

LES PRETRES EGYPTIENS, HERODOTE ET DIODORE DE SICILE

A la lecture du livre II d’Hérodote, »Euterpe », on est frappé au chapitre 142 par la dizaine de milliers d’années que l’historien grec comptabilise pour la datation et dont Manethon de Sebennytos, historien « officiel » de l’Egypte, ne parle pas. Le voyageur ionien se serait-il trompé? Commençons par relire son passage litigieux:

« CXLII. Jusqu’à cet endroit de mon histoire, les Egyptiens et leurs prêtres me firent voir que, depuis leur premier roi, jusqu’au prêtre de Vulcain qui régna le dernier, il y avait eu trois cent quarante et une générations, et, pendant cette longue suite de générations, autant de grands prêtres et autant de rois. Or, trois cents générations font dix mille ans, car trois générations valent cent ans ; et les quarante et une générations qui restent au delà des trois cents font mille trois cent quarante ans. Ils ajoutèrent que, durant ces onze mille trois cent quarante ans, aucun dieu ne s’était manifesté sous une forme humaine, et qu’on n’avait rien vu de pareil ni dans les temps antérieurs à cette époque, ni parmi les autres rois qui ont régné en Égypte dans les temps postérieurs ; ils m’assurèrent aussi que, dans cette longue suite d’années, le soleil s’était levé quatre fois hors de son lieu ordinaire, et entre autres deux fois où il se couche maintenant, et qu’il s’était couché aussi deux fois à l’endroit où nous voyons qu’il se lève aujourd’hui ; que cela n’avait apporté aucun changement en Égypte ; que les productions de la terre et les inondations du Nil avaient été les mêmes, et qu’il n’y avait eu ni plus de maladies, ni une mortalité plus considérable »

Les durées calculées par Hérodote nous amènent à la période néolithique, et les témoignages des prêtres au sujet des levers et couchers de soleil inversés sont pour le moins étranges. Examinons ce qu’en dit son compatriote et collègue du Ier siècle av. JC Diodore de Sicile dans son ouvrage « Histoire universelle » tome 1, livre 1:

IV. Premiers rois égyptiens et leurs ouvrages.

« On dit en Égypte que le premier successeur des dieux a été Ménès et que c’est lui qui a enseigné aux hommes à les adorer et à leur faire des sacrifices. Mais d’ailleurs il introduisit les tables, les lits, les étoffes précieuses, en un mot, tous les instruments du luxe et de la volupté. On raconte, à ce propos, que plusieurs siècles après lui Gnephactus, père de Bocchoris le sage, étant allé faire la guerre en Arabie et étant obligé de laisser derrière lui une grande partie de ses provisions de bouche à cause de la longueur et de la difficulté des chemins, fut contraint de passer une journée chez un paysan dans une extrême frugalité. Il y trouva du plaisir et condamnant la somptuosité et la mollesse, il maudit celui qui en avait donné le premier exemple aux rois. Il prit même tellement à cœur de réformer et ses ameublements et sa table, qu’il fit écrire en caractères sacrés dans le temple de Jupiter à Thèbes la malédiction dont il avait chargé le nom de Mènès ; et l’on croit que c’est la raison pourquoi les honneurs qu’on rendait à la mémoire de ce premier roi d’Égypte n’ont pas été continués. Ses descendants au nombre de 12 ont régné plus de 1400 ans, pendant lesquels il ne s’est rien passé de remarquable ».

On apprend que le premier roi fut Ménès, un personnage énigmatique dont le nom évoque entre autres l’égyptien « mn » signifiant « établir » et que certains ont l’habitude d’associer au roi Narmer qui vécut au -32e siècle. On est également informé de ce que ce roi eut 12 descendants dont les gouvernements se sont étendus sur une durée de plus de 1400 ans, ce qui nous évoque immédiatement la période sothiaque de 1460 années.

En recoupant les informations fournies par nos deux savants hellènes, on peut supposer qu’il y eut 12 rois et par voie de conséquence 12 grands prêtres pendant 341 générations dans un intervalle de plus de 1400 ans ce qui intuitivement parait douteux: il aurait fallu des rois et des grands prêtres plus que centenaires à chaque fois et 341 générations représentent une durée d’à peu prés dix mille ans. Nous opterons donc pour une explication plus symbolique, car c’est depuis l’Egypte et l’Afrique que les prêtres savants égyptiens nous parlent. En effet, en additionnant les rois, les grands prêtres et les générations, on trouve: 341+12+12=365 ce qui évoque a coup sur le nombre de jours de l’année.

Supposons qu’Hérodote se soit trompé dans son interprétation, et qu’il ne s’agisse pas de génération d’êtres humains mais de générations de jours supplémentaires sothiaques, Sachant qu’un tel jour est généré virtuellement tous les 4 ans, on arrive à un total de: 4*365=1460 années civiles soit une période sothiaque depuis le premier roi jusqu’à Sethos, le grand prêtre de Vulcain.
Nous estimerons que notre historien classique favori a fait une seconde erreur en interprétant « hors de son lieu ordinaire » géographiquement, alors qu’il fallait comprendre « hors de son lieu ordinaire [sur le calendrier] ».Marquons le calendrier par les saisons dans leur conformation à la coïncidence du lever héliaque de Sothis. L’année égyptienne comporte 3 saisons égales de 4 mois: Akhet (crue A) Peret (émergence P) Chémou (chaleur C). Le calendrier civil égyptien accumule une dérive de -0,25 jours/an dans le cycle des saisons. D’un an sur l’autre, la même date arrive donc 0,25 jours plus tôt par rapport à la saison réelle, 1 jour plus tôt tous les 4 ans. La période sothiaque étant de 1460 ans, il faudra 1460/3 saisons= 486,66≃487 ans pour qu’une date donnée parcoure à rebours une saison de 4 mois. C’est la période d’apparition du Bénou que les grecs appellent Phénix.
« Le soleil s’était levé quatre fois hors de son lieu ordinaire »,: l’été s’est levé 4 fois sur Akhet ou Peret. Si nous notons A’= 4 dernier mois de l’année ou l’été tombe en Akhet et P°= 4 premiers mois où il tombe en Peret, deux bornes de saisons, ainsi que par des majuscules les périodes dans lesquelles l’été est « levé » et par des minuscules celles où il est « couché » la proposition du sage d’Halicarnasse se comprend dans la séquence suivante, le règne de Sethos commençant en P:

A'(p’c’) P(ca) C(ap) A(pc) P°(a°c°)

 Le soleil (l’été = saison chaude « Chémou ») se lève 4 fois où il ne devrait pas (A’, P, A, P°), il se lève 2 fois (C,A) ou il se couchera dans le cycle à venir de P° (levé en P°=> couché en a° et c°) et se couche 2 fois (levé en C=> couché en p, levé en A=> couché en p) où il se lève dans le nouveau cycle (P°).

Une coïncidence du 1 Thot et du lever héliaque fut relatée par Censorin au 3eme siécle, il la datait de 139. Sachant qu’il n’y a pas d’année 0, la précédente coïncidence est donc survenue en 139-1460-1= -1322, la date de C car l’été est en Chémou et le mois de Thot y commence le premier jour d’Akhet sous le lever héliaque de Sothis.
Le règne de Séthos se situant  apres que les période C et A de chacune 487 ans soient écoulées, il serait donc à dater de: -1322+ 2*487= -348, date postérieure d’un siècle à la période à laquelle vivait Hérodote. On est obligé de conclure que le récit des prêtres se déroule 1 cycle sothiaque plus tôt, c’est à dire pour le règne de Sethos, grand pêtre de Vulcain: -348-1460= -1808 ce qui nous amène sous le règne d’Amenemhat III, fils de Sesostris II (Sethos?) et pour le premier roi: -1808-1460=-3268 sous le règne de Scorpion Ier, époque prédynastique, ce qui correspond parfaitement à la notion de « premier roi ».
D’autre part, on sait qu’Hérodote visita l’Egypte aux alentours de -450. A cette époque l’été se levait sur le dernier 1/3 d’Akhet pour se prolonger sur le 2/3 de Peret, situation qui ne dément pas son assertion: » le soleil s’était levé (…) entre autres deux fois où il se couche maintenant, et qu’il s’était couché aussi deux fois à l’endroit où nous voyons qu’il se lève aujourd’hui « .

Hamed el Mujebi.

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