Published On: dim, Mar 5th, 2017

PR THÉOPHILE OBENGA PARLE DE LA RENAISSANCE AFRICAINE

KwakuPersonLynnTheophileObengaI.Le monde n’est fait que de rapports de forces

a)C’est-à-dire, et c’est évident, les messages théologiques ou spirituels de charité, de compassion et de fraternité sont secondaires devant les enjeux du monde que sont la pollution, l’environnement, la prolifération du nucléaire militaire, et même devant la corruption.

b)Pareillement, les idées philosophiques et humanistes des droits humains, de dignité humaine, d’égalité des races humaines et des cultures, de liberté, etc., sont également secondaires dans la conduite des affaires du monde.

c)En conséquence, il n’existe aucun Etat dans le monde civilisé d’aujourd’hui qui mette ces messages théologiques et humanistes avant ses propres intérêts. Les

rapports de forces dans le monde sont l’expression réelle de la substance de l’humanité de nos jours, comme cette même humanité fut jadis guidée, orientée, par des idéesde progrèsou par les lumières de la raison.

 Ce qui se passe d’important dans le monde d’aujourd’hui n’est donc que la manifestation conflictuelle, antagoniste, contradictoire, des intérêts des uns et des autres.

Tout est soumis à ces rapports de forces : l’ONU et ses organismes, le Droit international, les discours officiels des Etats, les dialogues transnationaux.

Dans le monde d’aujourd’hui, on n’est, on n’existe, on ne pense et on n’agit que selon ses propres intérêts, à l’échelle nationale où à l’échelle géopolitique internationale.

On pratique la traite négrière et l’esclavage au Nouveau Monde : dans l’intérêt de qui ? En tout cas pas de l’esclave.

On crée des colonies, on les exploite (ce qu’on appelait sans pudeur : « la mise en valeur des colonies ») : dans l’intérêt de qui? En tout cas pas du colonisé.

Les banques mondiales, les fonds monétaires internationaux, les cours pénales internationales fonctionnent : pour les intérêts

de qui ?

Dans quel intérêt la Cour Pénale Internationale (C.P.I.) garde-t-elle le silence sur les prisons d’Abu Ghraib, de Guatanamo, et autres prisons secrètes, qui n’ont pas moins perpétré des tortures, des génocides, des crimes contre l’humanité ? L’OTAN avait-elle mission d’assassiner le colonel Kadhafi ? La Cour Pénale Internationale sait comment justifier son silence, et au nom de quels intérêts. L’Afrique a intérêt à quitter en bloc la C.P.I.

Il faut que l’Afrique comprenne clairement que les rapports de forces seuls fonctionnent dans le monde d’aujourd’hui.

Les jeux à l’échelle mondiale, le commerce international, les géopolitiques, les sciences et les technologies, les rencontres inter-étatiques et inter-continentales, tout, absolument tout, est déterminé par les rapports de forces.

 

II.L’Afrique doit vaincre impérativement son extrême faiblesse

Or, ce n’est guère moins évident, l’Afrique noire est aujourd’hui dans une faiblesse notoire qui lui confère une impuissance totale.

Etre faible, fragile et impuissant dans un monde où agissent et dominent les rapports de forces, c’est être simplement exclu des enjeux du monde, en dépit des apparences.

Personne ne prend en considération les réclamations et les points de vue de l’Afrique noire à la tribune des Nations- Unies, au Conseil de Sécurité. Il n’existe pas encore de communauté internationale véritable.

Tout récemment, l’Europe occidentale a massacré plus de 300 jeunes africains affamés aux portes de l’Italie, à Lampedusa, comme d’ailleurs aux Canaries : qu’a dit l’Afrique noire ? A-t-elle été entendue ? Lampedusa, île italienne de la Méditerranée, entre Malte et la Tunisie, est devenue le cimetière de l’impuissance africaine.

L’impuissance africaine devient un danger majeur pour le monde et pour l’Afrique elle-même.

 

III. L’Etat fédéral africain est la seule issue

Paradoxalement, la fragile et impuissante Afrique possède des atouts, des avantages et des données de base d’un poids inégalé et inégalable dans le monde.

Superficie, démographie juvénile, abondance et grande variété des matières premières minières, agricoles,piscicoles, hydrauliques, forestières, aquatiques, pastorales, etc., peuvent favoriser rapidement un essor industriel moderne pour l’ensemble du continent.

Il faut, pour cela, trois idées fondamentales qui manquent encore cruellement aux Africains sub-sahariens :

a) –le patriotisme africain : l’amour profond et indiscutable pour la Patrie Africaine, pour la Cause Africaine, pour le Bien de l’Afrique dans le monde : c’est le peuple africain qui doit être premier en toute politique africaine, pour ne servir que les intérêts majeurs et généraux du peuple africain. La politique africaine devient alors une mission sacrée africaine, un grand honneur et un privilège historique ;

b) – l’idéalpanafricain, c’est-à-dire l’idéal d’unité, de solidarité, de fraternité, de communauté de destindes peuples d’Afrique noire ; cet idéal politique confère aux Africains uneconscience panafricaine, des intentions et des orientations panafricaines. Cet idéal panafricain et cette conscience panafricaine engendrent ensemble une vision politique panafricaine. C’est quand on possède ces fortes choses-là :l’idéalpanafricain, la conscience panafricaine et la vision politique panafricaine, que toute l’Afrique avance sûrement vers sa puissance panafricaine. Une Afrique puissante est nécessairement une Afrique panafricaine.

Les Etats-nations actuels ne sont que les fondements de l’Etat fédéral africain, à l’échelle continentale.

Au cours de l’histoire, les peuples choisissent librement leur destin. Les peuples africains n’ont d’autre choix, dans un monde aux rapports de forces cruels, que la communauté fédérale de destin.

Toutes les forces vives africaines : jeunes, femmes, adultes, paysans, ouvriers, intellectuels, artistes, politiques, etc., comprennent ce choix historique et libre de destin commun.

 

IV. La Renaissance Africaine

D’où la thématique de la Renaissance Africaine pour :

-renforcer l’idéalpanafricain

-consolider la conscience panafricaine

-rendre inébranlable la vision panafricaine des politiques africaines.

C’est ainsi que la Renaissance Africaine implique au moins deux grandes dimensions :

a) la construction de la conscience historique africaine: connaître le passé lointain et le passé récent, elire les rapports de force qui sont la géométrie du monde, affirmer son expérience historique, aller à l’histoire du monde en connaissance de cause ;

b) la création d’un grand mouvement de rénovation et de restauration de la culture africaine pour faire muter les psychologies africaines vers la solidarité panafricaine ;

c) la Renaissance Africaine, c’est aussi la renaissance moderne, scientifique et technologique, pour bâtir une nouvelle Afrique et, du coup, il faut reconsidérer profondément les problèmes d’éducation, de la Maternelle au Supérieur.

La Renaissance Africaine implique des idées novatrices, émancipatrices, audacieuses, et porteuses d’avenir.

 

Conclusion

Aucun peuple vivant, combatif, ambitieux, fier et généreux, intelligent et travailleur, n’a confié son destin aux mains d’autres peuples. Jamais.

Les « aides occidentales » ne sont que des stratagèmes qui enfoncent chaque jour l’Afrique dans le gouffre de la misère.

L’Afrique a d’immenses atouts et peut engendrer de fortes espérances pour des lendemains meilleurs.

Mais elle doit se déterminer, avant tout, selon la dynamique de ses propres intérêts.

Ce cinquantenaire de l’Union Africaine doit tracer concrètement le futur du continent :

-l’Afrique doit quitter en bloc la Cour Pénale Internationale (C.P.I.) et tous les autres faux ensembles historiques imposés ;

-l’Afrique doit éviter de s’enliser elle-même dans des intégrations sous-régionales sclérosantes et inefficaces ;

-l’Afrique ne doit pas craindre de développer toutes ses grandes ambitions en matière d’infrastructures de base, d’équipements industriels, d’électrification du continent, d’éducation scientifique et technique moderne, etc.;

-l’Afrique doit chaque jour tendre vers la création de sa puissance économique, scientifique et technologique dans le cadre panafricain de la communauté de destin des peuples africains.

Encore une fois la responsabilité historique ne se délègue point.

Vive l’Union Africaine !

Vive l’Afrique !

 PR THÉOPHILE OBENGA, lors du 50aine anniversaire de L’Union Africaine

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