PREUVES SCIENTIFIQUES DEMONTRANT QUE LA PREMIERE CIVILISATION VENAIT DE NUBIE  

Sudan_Meroe_Pyramids_30sep2005_2L’égyptologue E. Amélineau du Collège de France, a entrepris d’énormes fouilles dans la région d’Abydos (sud de l’Egypte).

Son souhait était de découvrir la population venue du sud, qui avait fondé la civilisation égyptienne, sous la direction de Narmer (le pharaon unificateur de la Haute et de la Basse Egypte, vers 3200 avant J.C. Le résultat de ses fouilles ont levé le voile sur l’une des pages les plus importantes de l’histoire de l’humanité : l’épopée du peuple Anou.

Ainsi ; à l’issue de ses travaux, Amélineau déclara :

«  Des diverses légendes égyptiennes, j’ai pu conclure que les populations établies dans la vallée du Nil, étaient de race nègre, puisque la déesse Isis est dite née sous la forme d’une femme rouge noire, c’est-à-dire, ainsi que je l’ai expliqué avec la couleur café au lait que présentent certains individus de race nègre dont la peau semble avoir des reflets métalliques de cuivre » (extrait de « Prolégomènes à l’étude de la religion égyptienne, 1916, Ed Leroux)

Amélineau démontre ainsi que la population africaine qui a colonisé la vallée du Nil s’appelle les « Anous ». Elle a descendu graduellement le Nil et a fondé entre autres les villes d’Esnech, d’Erment, de Qouch et surtout d’Héliopolis. Il s’appuie sur le fait que le symbole principal permettant d’écrire le nom des Anous (aounou, iounou) à savoir le pilier (iou) est utilisé pour écrire le nom des villes citées ci-dessus.

Son analyse est logique puisque le pilier iou de iounou ou Anous a été utilisé pour bien identifier le peuple fondateur de ces villes. Aussi il poursuit dans ses « fouilles d’Abydos » :

« Toutes ces villes ont le signe caractéristique qui sert à écrire le nom des Anous. C’est aussi dans un sens ethnique qu’il faut expliquer l’épithète d’Anou appliqué à Osiris. En effet, dans un chaitre qui sert d’introduction aux hymnes à Ra et contient le chapitre XV du Livre des Morts, il est dit en parlant d’Osiris « Salut à toi ! ô Dieu Ami dans la contrée montagneuse d’Antem, ô grand Dieu épervier de la double montagne solaire »…

Si Osiris était d’originaire nubienne, quoique né à Thèbes, il serait facile de comprendre  pourquoi les événements de la lutte entre Seth et Horus se déroulent en Nubie. Quoiqu’il en soit, il est frappant que la déesse Isis, d’après la légende, ait précisément la couleur de peau qu’ont toujours les Nubiens, que le grand Dieu Osiris ait pour épithète ce qui me semble un ethnique indiquant son origine nubienne.

Comme le souligne le professeur sénégalais Cheikh Anta Diop (dans Nation nègre et culture) en langue africaine « diola » An signifie Homme. Ainsi Anous voudrait tout simplement dire « les hommes ».

De plus Ani ou Oni désigne par exemple le titre du roi du Nigéria ( c’est aussi le titre d’Osiris) Agni est aussi le nom d’un peuple de Côte d’Ivoire dont les rois portent le titre d’Ammon. Il ne s’agit pas là de coïncidences hasardeuses mais bien de liens historiques. Les Anous, peuple d’agriculteurs et d’éleveurs de bétail sont donc bien les fondateurs de la civilisation égyptienne, comme le souligne toujours Amélineau :

« Ces Anous étaient une population agricole faisant de l’élevage en grand, le long du Nil, dans des villes murées où ils s’enfermaient pour se défendre. C’est à cette population que l’on peut attribuer sans crainte d’erreur, les livres les plus anciens d’Egypte, le Livre des Morts et les Textes des Pyramides par conséquent, tous les mythes ou enseignements religieux, je dirai presque les système philosophiques déjà connus et qui sont toujours appelés égyptiens… Ils avaient déjà fait l’essai de l’écriture, car toute la tradition égyptienne attribue cet art à Thot, le grand Hermès, qui était un Anou, comme Osiris qui est appelé proprement l’Onien… Il est donc certain que ce peuple connaissait les principaux arts ; il en a laissé la preuve dans l’architecture des tombeaux d’Abydos notamment de la tombe d’Osiris et dans ces tombes ont été trouvées des objets portant la marque indélébile de leur origine, comme dans les ivoires sculptés, comme cette petite tête nubienne qui fut rencontrée dans une tombe voisine de celle d’Osiris, comme les petits récipients en bois ou en ivoire en forme de tête de félin, tous documents publiés dans le premier volume de mes fouilles d’Abydos… La civilisation égyptienne, cela ressort parfaitement de ce qui précède est non d’origine asiatique mais d’origine africaine, d’origine négroïde quoique cette assertion puisse paraitre paradoxale. On n’est pas habitué, en effet, à doter la race nègre ou les races voisines de trop d’intelligences, d’assez d’intelligence même pour avoir fait les premières découvertes nécessaires à la civilisation et cependant il n’y a pas une seule des tribus habitant l’intérieur de l’Afrique qui n’ait possédé ou ne possède encore l’une quelconque de ces premières découvertes. »

Ainsi, soucieux de conserver son objectivité scientifique, Amélineau ne peut s’empêcher de rappeler le courant idéologique dominant de son époque, vis-à-vis de l’Afrique.

Les bas-reliefs aussi sont des sources précieuses d’information à ce sujet. Amélineau les analyse aussi objectivement :

« On y voit quatre femmes habillées de longs jupons, en tout semblable à ces négresses que l’on représente encore dans les tombes de la XVIII ème dynastie, dans le tombeau de Rekhmara notamment … Les femmes d’origine nègre n’étaient pas dépaysées au milieu des animaux de leur pays et alors se pose de nouveau la question : comment les Egyptiens de cette époque pouvaient-ils connaitre les animaux spéciaux au Centre de l’Afrique ainsi que les habitants de l’Afrique centrale s’ils étaient des asiatiques, des sémites entrés da la vallée du Nil par l’isthme de Suez ? La présence constatée des animaux susdits et des Nègres sur les ivoires que je viens de décrire n’est-elle pas la preuve convaincainte que les conquérants de l’Egypte étaient venus du centre de l’Afrique ? » (tiré des Prolégomènes)

La remarque d’Amélineau relative au pilier « iou » (flèche surmontée de deus plumes ou de deux roseaux) signe distinctif des Anous a été consolidée, comme l’a souligné l’égyptologue Chekh Anta Diop lors de la conférence du Caire en 1974, par la découverte du docteur Petrie à Abydos, d’une image représentant un Anou. Il a par ailleurs aussi attesté que les principales villes égyptiennes comportent bien dans leur rédaction l’insigne des Anous, le pilier « on », « ou », »iou ». Ceci concorde même avec les rituels sacrés égyptiens.

En effet, chaque année, les Egyptiens réalisaient un grand pélerinage vers la Nubie, leur terre d’origine, en portant les statues de leurs dieux et en réalisant trois arrêts significatifs :

-1 ère station : iounou resit (Héliopolis du sud)

-2 ème station : iounou ta séti (Héliopolis de la terre de Nubie

-3 ème station : iounou ta neterw (Héliopolis de la terre des dieux).

Elle se trouve dans la région d’origine des nubiens-égyptiens, celle où les dieux ont créé leurs ancêtres, près de la région des grands lacs.

Enfin, le premier Nôme d’Egypte se trouve aussi en terre nubienne.

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