Les quatre nobles vérités


Les quatre Nobles vérités sont l’expression de la compréhension profonde de la Réalité que le Bouddha a eue au moment de son Éveil. C’est peu après qu’il partagea cette vision au Parc des Gazelles à Sarnath lors d’un premier enseignement appelé« La mise en mouvement de la Roue du Dharma ».

Avec la conditionnalité, ces quatre Nobles vérités forment le cœur de l’enseignement du Bouddha.

La première Noble vérité est une simple constatation: celle de la souffrance (dukkha). En effet, si l’on regarde honnêtement notre existence, on ne peut nier la souffrance qu’elle contient: dès son commencement, à la naissance, il y a de la souffrance pour la mère comme pour l’enfant ; d’autres étapes telles que la vieillesse et la mort comportent également beaucoup de souffrance. Traditionnellement, le Bouddha énumère sept sortes de souffrance. Outre la naissance, la vieillesse et la mort, il nous rappelle que la maladie est souffrance, que ne pas avoir ce que l’on veut est souffrance, qu’être séparé de ce que l’on aime est souffrance, tout comme être associé à ce que l’on n’aime pas.
Le terme sanskrit dukkha ne représente pas seulement la souffance au sens physique mais aussi toute l’insatisfaction que nous ressentons en tant qu’être humain. Aussi dukkha a un sens beaucoup plus large couvrant toutes les formes d’instatisfaction et de frustration liées à l’imperfection, à l’impermanence, au manque d’harmonie, et à la non-substantialité. Lorsque l’on parle de la noble vérité de dukkha, c’est donc de la souffrance humaine dans tous ses aspects dont on parle.

Cette première Noble vérité, et surtout cette traduction de dukkha par « souffrance » a valu au bouddhisme une réputation de pessimisme, alors que l’on pourrait dire que le message du Bouddha est fondamentalement optimiste : il nous dit en effet que nous pouvons nous libérer de cette insatisfaction – c’est l’enseignement des troisième et quatrième Nobles vérités. Au-delà de cette distinction entre optimisme et pessimisme, le bouddhisme est avant tout pragmatique et réaliste : avec cette première Noble Vérité, il nous invite à regarder les choses telles qu’elles sont et à ne pas occulter la souffrance comme partie intrinsèque de notre existence conditionnée.

La deuxième Noble vérité nous enseigne l’origine de la souffrance, ou plutôt sa cause. Cette cause est l’avidité égoïste, le désir ou la « soif » (tanha) que tout être humain porte en lui. Cette « soif » peut-être de trois sortes: la soif des plaisirs des sens, la soif du devenir ou soif d’existence, et enfin la soif d’annhihilation ou de non-existence.

La troisième Noble vérité nous enseigne la possibilité de la cessation de la souffrance, puisque celle-ci est issue de causes et de conditions. Certaines d’entre-elles sont de notre responsabilité : en les connaissant, nous pouvons agir sur ces causes et ces conditions, et progressivement les transformer. La troisième Noble vérité nous enseigne donc que nous pouvons nous libérer de la souffrance et atteindre l’état de Libération qu’est l’Éveil ou nirvana.

Enfin, la quatrième Noble vérité nous enseigne qu’il existe un chemin menant hors de la souffrance, dont une des expressions est le « Noble chemin octuple », un chemin de transformation de nous-même en profondeur, sur la base d’une vision de l’idéal spirituel. Ce chemin comporte huit aspects, qui chacun à son niveau le plus élevé correspond au développement spirituel ultime de l’être humain, mais que nous pouvons développer à notre niveau de façon progressive et cumulative. Ces aspects sont :

la vision parfaite, qui est la compréhension ultime de la nature de l’existence que le Bouddha a eue lors de son Éveil et dont nous pouvons déjà avoir des « aperçus » dans notre expérience ;
l’émotion parfaite, qui est l’unification complète de tous les aspects de notre être, c’est-à-dire de notre raison et de nos émotions ;
la parole parfaite, qui est l’idéal d’une communication vraie, bienveillante, utile et harmonieuse ;
l’action parfaite, qui est l’éthique de tous nos actes du corps, de la parole et de l’esprit ;
les moyens d’existence parfaits, qui représentent l’expression de notre vision spirituelle à travers la façon dont nous assurons notre subsistance (que l’on pourrait aussi appeler nos activités en tant que vocation) ;
l’effort parfait, qui est la prévention et l’éradication des états mentaux défavorables, ainsi que le développement et le maintien des états mentaux favorables ;
la prise de conscience parfaite, qui est notre pratique de méditation de plus en plus approfondie ;
la samadhi parfaite, ou la plus haute prise de conscience, qui correspond à l’état d’Eveil ;
Le Bouddha et la tradition ultérieure ont par ailleurs donné d’autres descriptions du chemin menant hors de la souffrance. Citons notamment le chemin triple (éthique, méditation et sagesse), les sept facteurs d’éveil, les perfections du bodhisattva.

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