Niger: La bataille de l’uranium

  • 1
    Partage

Une dépendance énergétique qui mène à toutes les folies.

En France, le 29 mars 2014 pour l’opération «Earth Hour», renommée pour l’occasion en «Opération Spider-man», ce n’est ni l’esclave d’antan, ni le pillage des ressources minières notamment du Niger, ni la pollution de régions entières ou les conditions de vie de ceux que nous volons qui nous a sensibilisé et donné du remord au point d’éteindre les ampoules pendant une heure. Une heure par an évidemment sinon ça ne serait ni amusant, ni symbolique d’ailleurs… Bref.
«On fait quoi maintenant sans jus ? T’as mis où l’Monopoly ?»

Ce jour là précisément partout dans le Monde, quelques individus des pays colonisateurs de richesses en tout genre se parent d’arrogance en sortant joyeusement la bougie et en souhaitant le sourire figé et les yeux forcément écarquillés simplement « attirer l’attention sur le changement climatique en cours». Soit dit en passant par une mauvaise lumière : un changement climatique induit par leur consommation outrancière, un bouleversement qu’ils ont eux mêmes provoqué, qu’ils continuent d’entretenir et qu’ils n’auront assurément aucune peine à oublier dans très exactement soixante minutes. Tandis que 1,3 milliard de personnes à travers le monde continueront à vivre sans électricité comme elles le font tous les autres soirs de l’année.

Pathétique et absurde, si ce n’était de fait beaucoup plus grave. Une dépendance énergétique qui mène en réalité à toutes les folies et souvent à l’égard d’autres civilisations, d’autres cultures, d’autres valeurs.

Par exemple, au milieu de cette folie, en 1972, ce qui allait devenir plus tard AREVA s’appelait alors la COGEMA et inaugurait l’exploitation d’uranium d’Arlit au Niger. La France s’extasiait sur ses machines et sa technologie installées pour son profit dans une région semi-désertique couvrant toute la partie nord du Niger, terre des Touaregs. La COGEMA, associée à des partenaires européens, crée alors deux compagnies minières : la SOMAIR et la COMINAK dont l’Etat français était largement majoritaire. L’état nigérien n’était lui indépendant que depuis une dizaine d’années et n’avait évidement pas les moyens d’investir. Il ne percevait donc que des dividendes concédés par l’Etat français. Aujourd’hui, le Niger satisfait encore près de la moitié des importations françaises d’uranium.

Pourtant, le revenu moyen du nigérien est de 25 euros par mois et plus de 90% des nigériens n’ont pas accès à l’électricité. En 47 ans d’exploitation, la population nigérienne n’a jamais tiré de quelconques bénéfices de ces extractions d’uranium. Bien au contraire. Sur place, l’acide sulfurique nécessaire à l’agrégation du minerai comme les poussières ou les boues résiduelles radiotoxiques et radioactives à longue durée de vie issues des extractions sont éparpillés aux vents par AREVA. Comme si cela ne suffisait pas, depuis près de cinquante ans pour nous servir, notre «fleuron national» utilise et irradie les rares nappes d’eaux non renouvelables utilisées par les populations Touaregs locales.

Pourquoi donc des hommes se sont révoltés ?
Pourquoi mènent-ils des embuscades ?
Pourquoi prennent-ils des otages et menacent-ils des mines ?
Comment peuvent-ils se faire entendre, défendre leur territoire et l’avenir de leurs enfants sans passer systématiquement pour des extrémistes ou des terroristes ?

Ce documentaire d’une trop rare authenticité, intitulé « Niger : La bataille de l’uranium », nous vient de 2012 et ne nous prend qu’une heure également. Mais avec ce temps là au moins, nous voici avertis et raisonnablement éclairés pour un certain temps.


SOURCE: http://www.notre-ecole.net/niger-la-bataille-de-luranium/

[amazon_link asins=’B0027UMFIG’ template=’ProductCarousel’ store=’afrikhepri-21′ marketplace=’FR’ link_id=’548e25cd-6460-11e8-b66a-f39bda01e954′]

Laissez un commentaire!