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GÉOMANCIE AFRICAINE: LE FA

Le Chapelet divinatoire

INITIATION AU SACERDOCE DU FA   Dans la pratique de la géomancie du Fa, il sert de trait d’union entre le visible et l’invisible, C’est le principal instrument de travail du devin appelé BOKONON, en langue béninoise FON et BABALAWO en YORUBA du Nigeria. Chez le Yoruba, le chapelet s’appelle OKPELE et semble signifié More...

by Théodore Kouyami | Published 6 jours ago
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TEXTE FONDATEUR DE LA PREMIERE UNIVERSITE KEMITE MODERNE :LE PER ANKH DE LA RENAISSANCE.

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Le « Culte des Ancêtres », terme par lequel nous désignons la tradition religieuse d’authenticité kémite manifestée depuis les Origines, trouve aujourd’hui beaucoup de difficulté à être compris par les descendants de ces hommes et ces femmes qui auront, les premiers, conceptualisé l’idée de Dieu.

Les Textes des Pyramides, premier corpus religieux attesté dans l’histoire de l’Humanité, témoignent de l’ancienneté de la notion de Dieu en Afrique, et relèvent également plusieurs aspects de la liturgie kémite associant la Félicité du défunt au rapport observé avec les Ancêtres, et à travers eux, avec Dieu. Les Textes des Sarcophages précisent cet aspect de la traditionnalité kémite lorsqu’ils évoquent les quatre (4) faits excellents accomplis par Râ au Temps de la Création. « 1) Je fis le quatre vents pour que chaque homme puisse respirer en son temps, dit le Dieu Grand. C’est un des faits. 2) Je fis la grande inondation pour que l’humble puisse en bénéficier comme le noble. C’est un des faits. 3) Je fis chaque homme semblable à son compagnon; et je n’ordonnai pas qu’ils agissent mal. C’est leurs cœurs qui ont désobéi à ce que j’avais dit. C’est un des faits. 4) J’ai fait en sorte que leurs cœurs ne soient pas disposés à oublier l’Amenti, afin que les offrandes sacrées soient faites aux Neterous des Sepaou(t). C’est un des faits. ». (Cité par T. Obenga in Philosophie africaine…,p.98)

Le quatrième fait, qui donne au Dieu Grand d’avoir fait en sorte que nous ne soyons pas disposés à oublier l’Amenti, afin que les offrandes sacrées soient faites aux Neterous des Sepaou(t), rappelle effectivement la place de l’ancestralité dans la tradition kémite. « Amenti » est le terme employé pour désigner l’Ouest géographique, là où se couche le soleil, mais ce terme présente une compréhension tout autre lorsqu’il s’applique à la religion kémite. Diene Thiao en donne une première explication : « Ceux qui respectaient la Maat ont la promesse d’une vie meilleure dans l’au-delà, appelé Amenta. Décomposons le mot Amenta : A-Men-Ta. Ta est la terre inondée. Men, ici, donc Amen est la négation d’ici, ce qui veut dire pas ici. En somme Amenta veut dire la Terre pas ici ou tout simplement l’Au-delà. » (Diene Thiao, L’Égypte révélée, p. 142).

L’expression « Au-delà », sous-entendu « Au-delà du fleuve », désigne la destination des défunts kémites au motif que le soleil se couche à l’Ouest, au-delà du Nil, la terre inondée. Cette idée est reprise par la tradition grecque lorsqu’elle évoque les Jardins des HespéridesLes Hespérides, nymphes personnifiant le Couchant, ont leur nom formé à partir de la locution grecque Hesperis signifiant OccidentOuest. LeJardin des Hespérides est censé se trouver à la limite occidentale du monde. Les auteurs Grecs décrivent un endroit paradisiaque et y mettent des pommes d’or gardées par un serpent polyglotte; une histoire et des caractères qui reviendront plus tard dans le récit biblique du Jardin d’Eden.

Le Jardin des Hespérides et le serpent polyglotte (vase grec à figures rouges).

Ainsi, le quatrième fait excellent accomplie par Râ au Temps de la Création est une recommandation de ne pas « oublier » les Ancêtres et d’approcher le Dieu Grand à travers les Neterous des Sepaou(t), c’est-à-direles divinités tutélaires de nos familles, de nos villages, de nos villes, qui sont autant d’hypostases de l’Un-et-Seul.

L’idée que nous nous faisons du culte des Ancêtres est intimement lié au rapport que nous entretenons avec la notion de « Temps » que nous déclinons habituellement en termes de passé, présent, et futur. Combien de fois avons-nous entendu l’honnête indignation d’un Africain islamo-christianisé devant ce qu’il croyait être l’adoration des « morts » lorsque nous lui parlions du culte des Ancêtres ? Cette « indignation » naît de la compréhension que nous avons de la « mort »; celle-ci est alors perçue comme une fin en soi, vouant à l’inefficacité et à l’oubli tout ceux et celles qui en sont « victimes », radicalement éjecté du monde des « vivants » sans plus avoir aucune incidence sur la vie « concrète ».

 

Or, en Afrique, « les morts ne sont pas morts », écrivait Birago Diop. Cette remarque de l’écrivain Sénégalais n’est relevée que pour son aspect poétique, mais personne ne questionne l’origine éventuelle d’une telle affirmation. Comment l’Afrique a-t-elle pu établir la certitude que « les morts ne sont pas morts » ? Répondre à cette question nous oblige à redéfinir la notion de « Temps ».

La Cosmogonie d’Iounou (Héliopolis), la toute première cosmogonie attestée dans l’histoire de l’Humanité, fait état d’une idée originale que désigne la locution « Khepri » associée au « Devenir », au « Mouvement ». Platon, dont l’œuvre, Le Timée, peut, à juste titre, être considérée comme un plagiat reconnu de cette cosmogonie kémite, revient sur cette notion sans toutefois la nommer. Il écrit : « Quand le père qui l’avait engendré s’aperçut que le monde qu’il avait formé à l’image des dieux éternels (les quatre éléments primordiaux, le feu, l’air, la terre, l’eau, associés aux quatre Neterous primordiaux Shou, Tefnout, Geb, Nout de la Cosmogonie d’Iounou) se mouvait et vivait, il en fut ravi et, dans sa joie, il pensa à le rendre encore plus semblable à son modèle. Or, comme ce modèle est un animal éternel[1], il s’efforça de rendre aussi tout cet univers éternel, dans la mesure du possible. Mais cette nature éternel de l’animal, il n’y avait pas moyen de l’adapter complètement à ce qui est engendré. Alors il songea à faire une image mobile de l’éternité et, en même temps qu’il organisait le ciel, il fit de l’éternité qui reste dans l’unité cette image éternelle qui progresse suivant le nombreet que nous avons appelé le temps. En effet, les jours, les nuits, les mois, les années, n’existaient pas avant la naissance du ciel, et c’est en construisant le ciel qu’il imagina de leur donner naissance; ils sont tous des parties du temps, et le passé et le futur sont des espèces engendrées du temps que, dans notre ignorance, nous transportons mal à propos à la substance éternelle. Nous disons d’elle qu’elle était, qu’elle est, qu’elle sera, alors qu’elle est est le seul terme qui lui convienne véritablement, et que elle était et elle sera sont des expressions propres à la génération qui s’avance dans le temps, car ce sont là des mouvements. Mais ce qui est toujours identique et immuable ne saurait devenir ni plus vieux, ni plus jeune avec le temps, ni être jamais devenu, ni devenir actuellement, ni devenir plus tard, ni en général subir aucun des accidents que la génération a attaché aux choses qui se meuvent dans l’ordre des sens et qui sont des formes du temps qui imite l’éternité et progresse en cercle suivant le nombre » (Platon, Timée, 36c/38d).

Ce discours aux allures spontanées, qui peut paraître difficile à appréhender, est parfaitement intelligible lorsqu’il se rapporte à l’arrière-fond cosmogonique des peuples de la vallée du Nil (Congo), nous reviendrons sur ce point dans les prochains paragraphes.

Ainsi, le « Temps » est une notion associée au mouvement, au devenir, il n’est ni passé, ni futur, il estLe culte des Ancêtres regarde autant « le passé » que « le futur », puisqu’il est d’une nature englobante et la présence des Ancêtres est effective au motif qu’il n’y a ni passé, ni futur, mais sans doute un « à-côté ». La vie objective est une boucle perpétuelle, et il n’existe pas d’instant « t » où commence l’ancestralité puisque le cercle ne connaît ni commencement ni fin. Nous sommes les visages de nos Ancêtres. Nous sommes nos Ancêtres. Célébrer l’Ancestralié c’est célébrer le peuple dans sa durée, appeler à sa conservation autant qu’à celle de la Civilisation qu’il a su produire(cette compréhension peut autoriser une nouvelle idée de ce que nous appelons « le travail »). Les visages et les dieux de cette liturgie retrouvée doivent nécessairement leurs traits au peuple qui les prient. Il n’y a donc pas de messie universel qui surgirait de l’étranger, car rien n’est universel, tout est culturel.

Cette remarque est encore perceptible avec le cercle sans commencement ni fin qui deviendra le « Satan » des religions abrahamiques.

Pour saisir cette correspondance, il faut premièrement se familiariser avec la notion de « Douat », le Ciel inférieur, « le monde souterrain » qui, du grec « hadès », du latin « infernus », deviendra « l’enfer » du langage courant. Théophile Obenga situe la Douat : « Féminin dans la langue égyptienne, le Ciel est un lieu. Il se compose de nombreux endroits : Le Ciel Inférieur (dw3t, Douat) : c’est une région cosmogonique. Ceux de l’Au-delà y habitent, précisément les dw3tyw, douatiou. Le Soleil (Râ) passe la nuit dans le Ciel Inférieur (…).» (Théophile Obenga, La Philosophie Africaine…, p.132). L’Enfer est le lieu de résidence que les religions abrahamiques donnent à Satan. Or, comme nous le montrerons par la suite, l’idée de Satan est d’abord une idée essentiellement liée à l’initiation et à l’épreuve qui la caractérise.

La Douat, la descente aux enfers.

Le récit cosmogonique de la Création vu par le peuple Luba du Congo servira de support à notre argumentation :

« Maweja Nnangila, Dieu, procéda à l’œuvre de création en trois étapes. À la première étape, Il surgit Lui-même du néant et fut. Ensuite, par l’émission du Verbe, par l’appel par le geste, et par le souffle, il passa aux deuxième et troisième étapes de la création. Ainsi, la deuxième étape fut celle de la Création, par les émanations de sa divinité, des créatures primordiales du ciel du sommet. Maweja les créahermaphrodites et les répartit en trois catégories : quatre par quatre les animaux géants; par paires jumelles les esprits du ciel; et par paires jumelles toujours les grandes choses aînées. Enfin la troisième étape fut celle de la création proprement dite, étalée sur deux saisons : d’abord la saison sèche, ensuite la saison pluvieuse.

« Au cours de chacune de ces saisons, l’œuvre de la création s’effectua en cinq temps pendant lesquels chaque chose fut créée hermaphrodite et par paire jumelle. C’est ainsi qu’au début de la saison pluvieuse de la création, au moment où furent créées les choses cadettes (ou créatures de la terre), Dieu créa un être qu’il plaça à la tête de toutes les « créatures cadettes » en qualité de Grand Seigneur. Il le nommaKongolo kaa mukanda, ce qui, littéralement, signifie « celui qui ordonne la complétude » ou « celui qui déplie la loi ». En d’autres termes, « ordonnateur de la perfection » ou « ordonnateur de la loi », ou encore « spirale de la loi ».

« En ce temps-là, l’homme n’était pas encore créé. Mais cet être ressemblait en beaucoup de points à l’homme qui fut crée par la suite. Il en était comme la préfiguration tout en étant différent, car lui n’avait pas reçu le souffle de Maweja qui, par la suite, anima l’homme et le différencia des autres créatures. De plus, il n’avait pas une nature précise, car il rassemblait en lui un peu des caractères de toutes les choses créées. Ainsi, il avait une tête humaine, des membres comme les quadrupèdes, etc.

« Un jour, les animaux et autres créatures se moquèrent de Kongolo koa mukanda à cause de sa nature indistincte et lui donnèrent le sobriquet de Cya kubidi, « être équivoque ». Celui-ci en conçut une grande colère dont l’écho arriva jusqu’à l’oreille de Maweja qui le fit venir et l’interrogea :

-         De quel nom t’appellent les autres ?

Kongolo ne donna pas le sobriquet par lequel les autres l’appelaient ni son nom de Kongolo kaa mukanda, mais il répondit en se plaignant :

-         Moi, je suis Nyoka, « le Réprouvé » (« le Puni », « le Renié »).

Dieu lui dit : Pourquoi te dis-tu « Le Réprouvé » ?

« Equivoque » répondit :

-         Tu ne m’as pas crée comme les autres; je suis un être équivoque. Je ressemble un peu à toutes les créatures sans ressembler vraiment à aucune. Je ne suis pas parfait comme tu me l’as fait croire : ndi munyoka, je suis le réprouvé, le puni.

« Ayant entendu cela, Maweja se mit à méditer et conclut que son œuvre de création n’avait pas encore atteint la perfection qu’il croyait. Il pensa alors créer un être qui soit comme un autre lui-même dont il puisse faire un vrai grand seigneur.

« Après une longue réflexion, Maweja rassembla son souffle et, l’expirant de toutes ses forces sur la terre, fit apparaître l’homme. Aussitôt il souffla sur l’homme et fit apparaître la femme. Il confia à l’homme la grande seigneurie et révoqua Kongolo, qui en conçut une grande jalousie et jura de se venger…

« Lorsque Kongolo eut atteint son but en faisant déchoir l’homme. Maweja le convoqua pour le juger. Mais celui-ci se montra arrogant en se présentant de nouveau sous le nom de Nyoka, « Le Réprouvé », qu’il s’était donné lui-même. Alors, Dieu le maudit :

-         Tu t’es nommé toi-même Nyoka, « le Réprouvé », c’est donc ainsi que tu seras puni…Et maintenant, métamorphose-toi !

« Aussitôt, « Équivoque » perdit un à un tous les caractères des autres créatures qui constituaient sa nature et apparut sous sa nouvelle forme d’être réprouvé, celle du Serpent.

(Clémentine F. N. Madiya, Arts Africains, signes et symboles, pp. 113-115)

………………………………………………………………………………

Il convient premièrement de reconnaître le caractère typiquement kémite de cette cosmogonie. Les trois étapes initiales de la Création sont respectées. Le surgissement du « néant » évoque la phase de conception. L’idée de « néant » ici doit être rectifiée car le « néant » n’est pas d’une conception cosmogonique kémite, on parlera alors de « chaos primordial ». Théophile Obenga revient sur l’introduction de la Cosmogonie des Luba du Congo. Il note : « Au commencement, de Toutes les Choses (de l’Univers), l’Esprit Aîné, Maweja Nangila, le premier, l’aîné et le grand seigneur de tous les Esprits qui apparurent par la suite, se manifesta, seul, et de par soi-même. Puis, et d’abord, il créa les Esprits. Il les créa, non pas à la façon dont il créa les autres choses, mais par une métamorphose de sa propre personne, en la divisant magiquement, et sans qu’il ne perde rien » (Théophile Obenga, La Philosophie Africaine…, p. 61).

La deuxième phase, l’émission du Verbe, correspond à la phase d’énonciation; et enfin, la troisième phase, celle de la création à proprement parler étaler sur deux saisons, le sec (saison sèche) et l’humide (saison pluvieuse), est celle de l’incarnation. La Création suivant la cosmogonie Luba, à l’instar de la cosmogonie héliopolitaine, se fait par la pensée (méditation, réflexion de Maweja Nangila) et la parole (émission du Verbe). Les dieux primordiaux, les « Aînés », paraissent avec le caractère hermaphrodite et en paires de jumeaux, exactement comme c’est le cas avec le récit héliopolitain. Plusieurs points de correspondance peuvent encore être relevés, mais ceci n’est pas l’objet premier de cette communication que nous consacrons aux origines de « Satan ».

Kongolo Kaa Mukanda« Le Réprouvé », Nyokà-le-Serpent, est la parfaite figure qui produira l’image de Satan dans les religions abrahamiques, à la différence qu’appréhender à travers la tradition originale des BaLuba du Congo, la fonction de ce personnage qui aura effrayé des générations d’Africains islamo-christianisés est enfin perçue et installé dans une logique endogène.

À partir du mythe des Luba, il est intéressant de suivre comment les Baluba identifient leurs symboles qu’ils appellent bimanyinu bya bangabanga « signes du début » ou « signes d’origine ». Ces signes figurent tous les transformations de Kongolo Kaa mukanda. Considéré dans son état d’ordonnateur de la loi, Kongolo kaa mukanda est figuré par mwanza nkogolo, « le cercle du début ». Car il est l’être qui est à l’état parfait, l’être qui donne la perfection à tous ceux qui se conforment à la loi et les met dans l’état d’êtres « finis », « achevés », « complets ». (note de F.N. Madiya)

Considéré dans l’exercice de sa fonction (dérouler la loi, régir), il est l’être qui bouge et fait bouger. Il prend la forme d’une spirale appelée « Manyingu » (le terme Manyingu dérive du verbe « ying » ayant les acceptions suivantes selon les suffixes qui lui sont octroyés : « ying » (infinitif kunyinga) : rétrécir, tordre quelque chose en son milieu jusqu’à ce qu’il prenne la forme d’un 8 : serrer très fort à la taille. « ying-ul-uk (inf. kunyunguluka : encercler, entourer, contourner quelque chose jusqu’à revenir au point initial, tracer un cercle autour de quelque chose. (note de F. N. Madiya)

Dans l’état de repos qui suit l’action, Kongolo prend la forme de cercles concentriques, appelés aussi Manyingu. La spirale et les cercles concentriques sont considérés par les Baluba comme des « cercles en mouvement ». (note de F. N. Madiya)

Devenu Nyokà, Serpent, Kongolo Kaa Mukanda, « ordonnateur de la Loi », est figuré par une ligne sinusoïdale ou en chevron lorsqu’il est considéré en action, en mouvement. (note de F. N. Madiya)

Kongolo Kaa Mukanda est figuré par une ligne plus ou moins droite lorsqu’il est représenté à l’état de repos. (note de F. N. Madiya)

« Le python arc-en-ciel nh-hr est le même que nkõgal ou nkõgolo [2] bantu, écrit Oscar Pfouma. La correspondance nous semble assurée. Nh-hr python, alias dm3 (Urk.V. 87), alias s3-t3 (littéralement fils de la terre), est symboliquement associé à l’Ouroboros śd m r3 littéralement queue en gueule (…) Le python arc-en-ciel est la représentation imagée, comme le caméléon et l’Ouroboros, du parcours initiatique » (Oscar Pfouma, L’harmonie du monde…, p.58).

Le nom « s3-t3 », « Sa-Ta », « le Fils de la Terre », l’un des noms que porte Apepou (Apophis), le serpent monstrueux qui éprouve Râ au moment où ce Grand Dieu traverse la Douat (le monde souterrain/enfer), deviendra le « Satan » de la tradition rabbinique. Le cheminement de l’astre du jour, auquel Râ s’identifie, prend la forme d’un labyrinthe serpentiforme dont les « pièges » ponctuent la traversée de la Douat, le monde souterrain, que réalise le Dieu Grand dans les heures nocturnes. Ces épreuves sont celles que le défunt doit surmonter car, faut-il le rappeler, l’initiation c’est « la mort » qui précède une renaissance.

L’ambivalence de l’image du serpent, tantôt allié Nh-hr, tantôt hostile Apepou est perceptible à travers l’alchimie comme le rappelle Marcellin Berthelot, l’un des précurseurs de la chimie en Europe : « Le Serpent ou Dragon qui se mord la queue (ouroboros) est plus significatif encore : c’est le symbole de l’œuvre, qui n’a ni commencement ni fin. Dans le Papyrus de Leide, il est question d’un anneau magique, sur lequel ce serpent est tracé. Il est aussi figuré deux fois dans le manuscrit 2.327, en tête d’articles sans nom d’auteur, dessiné et colorié avec le plus grand soin, en deux et trois cercles concentriques, de couleurs différentes, et associé aux formules consacrées : La nature se plaît dans la nature, etc. Il est pourvu de trois oreilles, qui figurent les trois vapeurs, et de quatre pieds, qui représentent les quatre corps ou métaux fondamentaux : Plomb, cuivre, étain, fer. Les derniers détails rappellent singulièrement la salamandre, animal mystérieux qui vit dans le feu, lequel apparaît déjà à Babylone et en Égypte[3], et dont Aristote, Pline, Sénèque et les auteurs du siècle suivant rappellent souvent les propriétés mystérieuses. Il en est aussi question dans le papyrus Leide et parmi les pierres gravées gnostiques de la collection de la Bibliothèque Nationale : elle jouait un certain rôle dans les formules magiques et médicales de ce temps. À la suite de la figure du serpent, on lit dans le manuscrit 2.327 un exposé allégorique de l’œuvre : Le dragon est le gardien du temple. Sacrifie-le, écorche-le, sépare la chair des os et tu trouveras ce que tu cherches. Puis, viennent successivement l’homme d’airain, qui change de couleur et se transforme dans l’homme d’argent; ce dernier devient à son tour l’homme d’or. Zosime a reproduit tout cet exposé avec plus de développement. Les mêmes allégories se retrouvent ailleurs dans un texte anonyme, sous une forme qui semble plus ancienne : l’homme d’airain est plongé dans la source sacrée, il change non seulement de couleur, mais de corps, c’est-à-dire de nature métallique, et il devient l’homme d’Asemon, puis l’homme d’or. L’argent est ici remplacé par l’asemon, c’est-à-dire par l’Electrum, alliage d’or et d’argent, qui figurait au nombre des vieux métaux Égyptiens.

Ouroboros alchimique

Remarquons encore ces allégories, où les métaux sont représentés comme des personnes, des hommes : c’est là probablement l’origine de l’homunculus[4] du moyen âge; la notion de puissance créatrice des métaux et de celle de la vie s’étant confondues dans un même symbole. Un autre traité de Zosime renferme une figure énigmatique, formée de trois cercles concentriques, qui semblent les mêmes que ceux du serpent, et entre lesquels on lit ces paroles cabalistiques : Un est le tout, par lui le tout, et pour lui le tout, et dans lui le tout. Le serpent est un; il a les deux symboles (le bien et le mal) et son poison (ou bien sa flèche), etc. Un peu plus loin vient un Scorpion et une suite de signes magiques et astrologiques. (…) Dans le manuscrit de saint Marc, fol.188, V, et dans le manuscrit 2.249, fol.96, sous le nom de Chrysopée de Cléopâtre, le même dessin se voit, plus compliqué et plus expressif. En effet, non seulement les trois cercles sont tracés, avec les mêmes axiomes mystiques; mais le centre est rempli par les trois signes de l’or, de l’argent et du mercure. Sur le côté droit s’étend un prolongement en forme de queue, aboutissant à une suite de signes magiques, qui se développent tout autour. Le système des trois cercles répond ici aux trois couleurs concentriques du serpent citées plus haut. Au dessus, on voit l’image même du serpent Ouroboros, avec l’axiome central : Un le tout. Le serpent, aussi bien que le système des cercles concentriques, est au fond l’emblème des mêmes idées que de l’œuf philosophique, symbole de l’univers et symbole de l’alchimie. (…) Le serpent qui se mord la queue était adoré à Hiérapolis en Phrygie, par les Naasséniens, secte gnotisque à peine chrétienne. Les Ophites, branche importance du gnosticisme, comprenaient plusieurs sectes qui se rencontraient en un point, l’adoration du serpent, envisagé comme le symbole d’une puissance supérieure; comme le signe de la matière humide, sans laquelle rien ne peut exister; comme l’âme du monde qui enveloppe tout et donne naissance à tout ce qui est, le ciel étoilé qui entoure les astres; le symbole de la beauté et de l’harmonie de l’univers. Le serpent Ouroboros symbolisait donc les mêmes choses que l’œuf philosophique des alchimistes. Le serpent était à la fois bon et mauvais. Ce dernier répond au serpent égyptien Apophis, symbole des ténèbres et de leur lutte contre le soleil. » (M. Berthelot, Les origines de l’Alchimie, pp.58-63).

Cette ambivalence est aussi perceptible avec le nom « Nyokà » que se donne « Équivoque », Kongolo Kaa Mukanda, l’œuvre parfaite de Maweja Nangila, l’Aîné, que Celui-ci plaça à la tête de toutes les « créatures cadettes ». Nyokà est un terme générique pour désigner le serpent. Ce terme dérive de « nyook » qui signifie « faire souffrir » aussi bien moralement que physiquement. Le déverbal passif nyooka (mu-nyooka) signifie selon le cas « celui que l’on fait souffrir », « celui qui n’est pas aimé », « le réprouvé », « le puni », « le renié », « le haï », etc.; tandis que le déverbal actif « nyook » signifie « celui qui fait souffrir », « le bourreau », etc. « Équivoque », ainsi compris, désigne l’indétermination, la neutralité, l’Initiation, la Connaissance : on en use en « bien » ou en « mal » suivant nos propres desseins.

Kongolo représenté sous la forme d’une torsade. On reconnaît le signe mathématique de l’infini et la pointe de la queue que l’on donne habituellement à Satan.

L’aspect « équivoque », « indéterminé », de Kongolo Kaa Mukanda est perceptible dans l’extrait du Timée rappelé plus haut, lorsque Platon écrit : «  Quand le père qui l’avait engendré s’aperçut que le monde qu’il avait formé à l’image des dieux éternels se mouvait et vivait, il en fut ravi et, dans sa joie, il pensa à le rendre encore plus semblable à son modèle. Or, comme ce modèle est un animal éternel (c’est-à-dire Kongolo Kaa Mukanda), il s’efforça de rendre aussi tout cet univers éternel, dans la mesure du possible. Mais cette nature éternel de l’animal, il n’y avait pas moyen de l’adapter complètement à ce qui est engendré. Alors il songea à faire une image mobile de l’éternité et, en même temps qu’il organisait le ciel, il fit de l’éternité qui reste dans l’unité cette image éternelle qui progresse suivant le nombre, et que nous avons appelé le temps. » (Platon, Timée, 36c/38d). Cette image mobile, l’animal éternel, est le serpent qui se mord la queue. L’indétermination de Kongolo Kaa Mukanda, cette nature indistincte qui lui mérita le sobriquet de Cya kubidi, « être équivoque », s’exprime chez Platon lorsqu’il écrit qu’« il n’y avait pas moyen de l’adapter complètement à ce qui est engendré ».

Ce n’est qu’en conclusion que nous évoquons ici l’œuvre de Dante Alighieri, la Divine Comédie, qui représente l’Enfer sous la forme d’une spirale à neuf cercles, un cratère creusé par la « chute » de Satan. Or, cette spirale infernale n’est autre que la spirale de la Création, incarnée dans la figure de Kongolo Kaa Mukanda, le Serpent, l’épreuve initiatique, dont le succès nécessite de connaître les sept principes hermétiques de la Loi fondamentale (celle qui forme le nom même de Kongolo Kaa Mukanda, « Celui qui déplie la loi ») rappelés par le Kybalion, à savoir : 1) Le principe du Mentalisme : « le Tout est Esprit, l’Univers est mental, 2) Le principe de Correspondance : « Ce qui est en Haut est comme ce qui est en Bas, ce qui est en Bas est comme ce qui est en Haut, 3) Le principe de Vibration : « Rien ne repose, tout remue, tout vibre », 4) Le principe de Polarité : « Tout est double, toute chose possède des pôles; tout à deux extrêmes, semblable et dissemblable ont la même signification, les pôles opposés ont une nature identique mais des degrés différents, les extrêmes se touchent, toutes les vérités ne sont que des demi-vérités, les paradoxes peuvent être conciliés », 5) Le principe du Rythme : « Tout s’écoule au-dedans et au dehors, toute chose à sa durée, tout évolue puis dégénère, le balancement du pendule se manifeste dans tout, la mesure de son oscillation à droite est semblable à la mesure de son oscillation à gauche, le rythme est constant », 6) Le principe de Cause et d’Effet : « Toute cause à son effet, tout effet à sa cause, tout arrive conformément à la Loi, la chance n’est qu’un nom donné à la Loi méconnue, il y a de nombreux plans de causalité, mais rien n’échappe à la Loi », 7) Le principe du Genre : « il y a un genre en toutes choses, tout à ses principes masculins et féminins, le genre se manifeste sur tous les plans »

La Divine Comedie. Dante et Béatrice au « Paradis ». On reconnaît les cercles concentriques. La forme que prend Kongolo au moment du repos qui suit l’action.

De la nécessité de Kongolo Kaa Makanda est résolu le paradoxe des religions abrahamiques qui ne savent expliquer l’existence de Satan que par la crainte d’aller rôtir en Enfer qu’il doit inspirer aux dévots.Kongolo Kaa Makanda est la Loi en elle-même. Comme le rappelle le Kybalion : « il n’existe pas dans l’univers un endroit ou puisse se loger une chose extérieure et indépendante de la Loi. Son existence rendrait ineffectives toutes les Lois Naturelles et plongerait l’univers dans une illégalité et un désordre chaotique » (Trois initiés, Le Kybalion, p. 116).

[1] Il s’agit ici d’une allusion à l’Ouroboros, l’animal éternel, le serpent qui se mord la queue.

[2] Nkongolo.

[3] Horappolon rappelle à cet effet (Hiéroglyphica) : « Voulant signifier un homme qui n’est pas brûlé par le feu, ils (les Égyptiens) peignent une salamandre ; car celle-ci éteint toute flamme ».

[4] Homme en chair et en os que prétendaient pouvoir créer les Alchimistes (Zosime). Ce terme est aujourd’hui appliqué à toute représentation d’être humain, ou modèle à l’échelle du corps humain illustrant des fonctions et des caractéristiques abstraites (physiologie, psychologie, etc.)

par Amenhemhat Dibombari,

Ba ndeko (sœurs et frères), ne vous êtes-vous jamais demandés pourquoi tous les maitres spirituels – qui ont arpenté le monde – enseignaient le pardon ? Était-ce par naïveté ou bien alors un manque de discernement pour ces hommes qui ne parlaient que le langage du cœur ? 
De prime abord le pardon peut être perçu, par quelques hommes prisonniers de l’Ego, comme une marque d’infériorité, une faiblesse d’esprit ou bien encore une manque de personnalité.
Mais qu’en est-il réellement ? Quelle est la nature intrinsèque du Pardon ?  
Voici ce que nous enseigne la tradition ngala (un peuple de la République Démocratique Congo) :
 
« BOLIMBISI (le pardon)
 
Dans BOLIMBISI, nous avons BO (le collectif), LI (absorption), MBISI (poisson). Poisson indique ici, une notion d’abondance. Par BOLIMBISI (le pardon), nous pouvons comprendre : l’absorption de tout l’être, dans l’entièreté. Une faute amène la culpabilité. La culpabilité nous empêche d’être entièrement nous-mêmes. Ne pouvant pas être entiers, nous sommes amoindris. Etre entier est signe d’abondance. Être amoindri est signe de manque. Se pardonner, c’est donc recouvrer notre état entier, notre abondance.                                             
Pardonner l’autre, c’est lui rendre son entièreté, son abondance » (1) 
(1)   Elima, LONGO, la danse d’ancrage africaine.
 
En résumé, pardonner  son prochain c’est revenir dans le cœur, le siège de l’abondance, de l’entièreté, mais également du Divin.
C’est la raison pour laquelle Ieussou, Joshua (Jésus), Bouddha, Gandhi, Martin luther King, et d’autres maitres exhortaient  aux hommes, non seulement de pardonner leurs ennemis mais également de les aimer : car le Pardon nous libère de l’emprise de l’Ego, mais surtout nous reconnecte  à notre divinité. C’est ce que l’on appelle également le Ho’oponopono : Je t’aime, Pardonne-moi, Je suis désolé, Merci.
 
Conclusion : En ces temps de changement, l’être humain doit ascensionner et accéder à une conscience spirituelle. Mais cette ascension est malheureusement obstruée par notre Ego qui voit dans le pardon une marque de faiblesse ?                                    
Nous devons délaisser  le royaume de l’Ego avec toute sa richesse impermanente, et pardonner à ceux qui nous ont offensés, de près ou de loin. En les pardonnant, nous  redonnons à ceux-ci leur entièreté ; en nous pardonnant, nous retrouvons notre abondance, notre entièreté, notre véritable identité : le Muntu.
 
 
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http://koyeba.blogspot.fr/2011/12/le-pardon-le-bolimbisi.html

28083_4470858323316_1968000275_nL’attitude des Africains en la matière est un thème encore très peu étudié mais que l’on a déjà falsifié à maintes reprises. Les négriers et les racistes l’ont falsifié à l’époque et, de nos jours, cela a été le tour des historiens bourgeois d’orientation coloniale et néo-coloniale. C’est un thème complexe, et il nous semble que les africanistes ne disposent pas encore de matériaux suffisants pour procéder à son étude définitive.
Comme beaucoup d’autres régions du globe, l’Afrique a connu l’esclavage et la traite des Noirs avant la venue des Européens, nous l’avons déjà précisé dans cet ouvrage. C’est pourquoi, lorsque, au début, les Européens commencèrent à acheter des esclaves, entrant en relations commerciales avec les Africains, cela fut considéré comme un arrangement commercial ordinaire.

Cependant, dès le début, les rencontres entre Européens et Africains furent rarement amicales. Des matelots armés se jetaient sur les Africains venant en confiance ou avec crainte à la rencontre de ces hommes blancs qu’ils n’avaient jamais vus, ils tuaient ceux qui résistaient et emmenaient les autres, ligotés, sur leur vaisseau.
Malgré une évidente supériorité en armement, les colonisateurs ne purent briser les Africains, leur inspirer une crainte permanente. Le « télégraphe local », c’est-à-dire les signaux de fumée ou les tam-tam, annonçait peut-être l’apparition des terribles étrangers, mais le fait est qu’ils se heurtèrent de plus en plus souvent non à une résistance, parce qu’une résistance ouverte aux Portugais équipés d’armes à feu était impossible, mais à une hostilité permanente et quotidienne, quand la moindre possibilité était mise à profit pour les attaquer. Les attaques soudaines, les flèches empoisonnées accueillaient de plus en plus fréquemment les Européens.
Gonçalo de Cintra, un des premiers capitaines portugais ayant mis le pied sur le sol d’Afrique occidentale, fut tué aux abords de l’île d’Arguin.

En 1455, Luigi di Cadamosto et Antonio Uso di Mare, qui avaient atteint la Gambie pour la première fois, décidèrent de remonter le fleuve. Cependant, les Africains attaquèrent leurs navires avec une telle furie que les matelots refusèrent de poursuivre leur route et insistèrent pour qu’on rebrousse chemin.
Dans les conditions de la réalité africaine des XVe-XVIIe siècles, il ne pouvait se produire de grandes révoltes, bien organisées, contre les Européens. Dans les régions où ces derniers pénétraient et qui devinrent par la suite l’aire d’extension du commerce des esclaves, il n’existait presque pas de grandes formations étatiques. La politique des colonisateurs tendait à semer la discorde entre les chefs des différentes tribus. Les Européens avaient derrière eux les pays les plus avancés de leur temps, avec leur matériel et leur expérience militaire. Au début, l’Afrique ne pouvait opposer aux armes à feu européennes que des arcs et des flèches, de petits détachements de guerriers de tribus isolées.
Cherchant à se fixer sur la côte, les colonisateurs, devant la résistance opiniâtre des Africains, construisaient en hâte des fortifications pour se préserver des attaques des habitants de la région.

Ce n’étaient pas des constructions de fortune, bâties à la va-vite, il s’agissait de châteaux forts ayant de hautes murailles et dotés d’une quantité de pièces d’artillerie. Ces places fortes appartenaient à différents pays dont les représentants commerciaux étaient très souvent en mauvais rapports les uns avec les autres. Ces forts ne pouvaient défendre les Européens contre les autres Blancs: les boulets de canon passaient facilement au-dessus des murailles, comme le constataient les contemporains. Il est évident que, dès le début, ces forts furent construits dans le seul but de se protéger contre les habitants du pays.

Les premiers temps, les Européens réussirent presque toujours à repousser les assaillants. Mais lorsque les Africains apprirent à manier les armes à feu qui leur inspirèrent tout d’abord une peur panique, ils réussirent parfois, en dépit d’une résistance furieuse des colonisateurs, à prendre les forts et à incendier les factoreries. C’est ce qui arriva souvent dans la seconde moitié du XVIIe siècle.
Dans les publications étrangères consacrées au commerce des esclaves, on explique d’ordinaire les attaques dont faisaient l’objet les forts et les factoreries par la soi-disant férocité des Africains et leur goût du pillage. Parfois, leur hostilité était mise sur le compte de la politique des colonisateurs qui cherchaient à porter le maximum de tort à leurs rivaux, d’abord commerciaux, puis coloniaux, en se servant des habitants de la région.
Il est certain que la politique basée sur le principe « diviser pour régner » influençait les actes des Africains, mais expliquer leurs attaques contre les Européens en invoquant seulement cela revient à minimiser très fortement la lutte des Africains. Ces actions s’expliquaient, au premier chef, par la haine des envahisseurs.

La lutte contre les conquérants et colonisateurs européens s’est surtout déployée dans la période précédant le XVIIIe siècle qui fut, pour l’Afrique, le siècle de la traite des Noirs. Durant cette période, l’ensemble de la politique des Européens en Afrique occidentale fut conditionné par ce commerce. C’est pourquoi la résistance des Africains au XVIIIe siècle aurait dû être dirigée contre les négriers. Or, aussi paradoxal que cela puisse sembler à première vue, il n’y a pas eu, en Afrique, de révolte dirigée contre le commerce des esclaves. Jusqu’à maintenant, tout au moins, nous ne disposons d’aucuns renseignements sur de semblables actions.
Entre-temps, et nous en avons de nombreux témoignages, les révoltes d’esclaves étaient très fréquentes pendant le voyage à travers l’Atlantique et n’en finissaient pas, également, dans les colonies du Nouveau Monde. La conclusion qu’en tiraient les historiens bourgeois, fort connue et toujours appuyée par les négriers et les colonialistes, était la suivante: les Africains connaissaient l’esclavage depuis longtemps, et c’était devenu pour eux une condition habituelle, ils ne protestaient pas contre cela. Voilà pourquoi il n’y avait pas de révoltes d’esclaves en Afrique. Sur les navires et dans les plantations du Nouveau Monde, les Africains étaient traités très cruellement, c’est pourqoui ils se révoltaient et s’évadaient à la première occasion. Ils prenaient la fuite non parce qu’ils ne voulaient pas être esclaves, mais parce qu’ils ne supportaient pas d’être cruellement traités, affirmaient les partisans de la traite des Noirs. « Traitez mieux les esclaves africains, et il n’y aura plus de révoltes », répétaient ceux qui prenaient la défense du commerce des esclaves.

D’autre part, démontrant qu’il était souhaitable que la traite atlantique continue, ces mêmes gens déclaraient que l’exportation des Africains hors de leur pays est un bien pour eux du fait que, soi-disant, l’esclavage en Afrique est beaucoup plus terrible que dans le Nouveau Monde, que les captifs ont une vie bien meilleure dans les plantations d’Amérique et des Indes occidentales que chez eux. Curieusement, on n’a encore jamais confronté la première et la seconde affirmation des marchands d’esclaves. Se basant sur elles, on aurait pu s’attendre à de fréquentes révoltes contre la traite des Noirs en Afrique, mais il n’en fut rien.
Comment se fait-il, tout de même, qu’il n’y ait pas eu lutte contre la traite des Noirs par les Européens sur l’Atlantique, mais seulement une résistance d’esclaves isolés, qui cherchèrent à se sauver eux-mêmes et à sauver leur famille de la réduction en esclavage? Pourquoi ceux qui réussissaient à fuir les caravanes d’esclaves ne pouvaient-ils généralement pas compter sur l’aide des habitants de la région, espérer qu’on les cacherait et les aiderait à regagner leur pays? Si quelqu’un rencontrait un esclave en fuite, il vendait presque toujours ce fuyard à un négrier européen ou à un marchand africain.

Pour comprendre cet état de choses, il faut se représenter la réalité africaine du XVIIIe siècle, essayer de comprendre la mentalité de ces hommes qui, depuis plus de deux cents ans, vivaient dans les conditions du désordre dépravant de la traite des Noirs.
La durée de ce trafic en a fait quelque chose d’habituel pour les Africains, et sa cruauté était acceptée comme inhérente au phénomène. Les gens en avaient fait leur profession, c’était une source permanente de revenus. Toute personne volée, enlevée, plus faible que soi, pouvait apporter un profit concret et immédiat: des marchandises, des armes, du vin.
A cette époque, l’activité la plus avantageuse n’était pas un travail productif mais la chasse à l’homme, les guerres qui avaient pour but de faire des prisonniers afin de les vendre.
Personne ne voulait être une victime et c’est pourquoi tous cherchaient à devenir des chasseurs. Pour ne pas être réduit en esclavage en Afrique à cette période, il fallait devenir soi-même un marchand d’esclaves, vendre les autres et se rappeler constamment que quelqu’un d’autre, plus habile et plus chanceux, pouvait se saisir de toi à n’importe quel moment et te vendre comme esclave aux Européens.

La traite des Noirs a été à l’origine d’une horrible dévaluation de la vie humaine. Elle a entraîné une dégradation morale, la disparition des plus belles qualités humaines, une déformation de la mentalité, la dégradation morale des marchands d’esclaves comme des captifs eux-mêmes.
Elle n’a pas rassemblé les hommes mais les a divisés, les a isolés, elle a été cause d’un incroyable isolement d’une tribu par rapport aux autres, d’un individu par rapport aux autres. Chacun essayait de se sauver soi-même, ainsi que de sauver ses parents les plus proches, sans penser aux autres.
Il n’existe malheureusement presque pas de documents pouvant relater comment se comportaient les différents groupes humains réduits en esclavage. Certains n’avaient pas le courage de lutter ouvertement, mouraient de nostalgie, se suicidaient ou bien travaillaient, attendant la mort avec indifférence. Outre un traitement cruel, il y avait encore le mal du pays, une nostalgie irréductible. Qui étaient ces hommes? Certains étaient des traîtres, ils devenaient les surveillants de leurs compagnons d’infortune. Qui étaient-ils? A quelle couche sociale appartenaient-ils?

Nous savons que la résistance à la traite des Noirs, aux enlèvements de captifs a existé en Afrique: les gens s’évadaient des caravanes d’esclaves, ils opposaient une résistance au moment du chargement dans les navires. Des voyageurs ont rapporté qu’ils avaient vu des villages entourés de palissades de bois très hautes, capables de protéger contre les raids des chasseurs d’esclaves. Mais si nous avons des renseignements sur les évasions dans les caravanes d’esclaves, il n’existe pas de récits attestant que les fuyards avaient réussi à revenir chez eux. Les témoins ont déclaré que ces gens avaient à nouveau été capturés en cours de route et vendus aux négriers.

On châtiait cruellement les esclaves en fuite dans le Nouveau Monde, mais il y a quand même eu des nègres marron à la Jamaïque et à Cuba, des villages d’esclaves en fuite au Brésil, des centaines de révoltes aux Etats-Unis. Pourquoi ces gens, qui ne s’opposaient pas ouvertement à la traite des Noirs en Afrique, se révoltaient-ils dans le Nouveau Monde? Le contraire aurait été plus logique. La cruauté des planteurs était-elle la seule cause des évasions et des révoltes? Probablement, non. Il se pourrait que l’absence de révoltes contre la traite des Noirs en Afrique et de fréquentes insurrections d’esclaves dans le Nouveau Monde témoignent, en premier lieu, du degré de développement du commerce des esclaves en Afrique, du fait aussi qu’il était beaucoup plus répandu et que ses conséquences étaient bien plus profondes que nous ne l’imaginons.

Dans les pays du Nouveau Monde se révoltaient avant tout contre l’esclavage les Africains qui furent toujours contre la traite des Noirs. Les révoltes des captifs africains en Amérique et aux Indes occidentales attestent et prouvent que beaucoup d’Africains étaient opposés au trafic des esclaves et protestaient contre l’esclavage. Or, en Afrique, ils ne pouvaient agir contre cela, car s’ils préparaient seulement de semblables actions ou en parlaient, on les vendait aussitôt aux négriers européens ou les tuait. Il n’y avait pas d’endroit sur ce continent où l’on pût fuir le commerce de chair humaine. Et c’est bien pour cela que jusqu’à maintenant nous ne connaissons pas une seule grande révolte, dirigée contre ce trafic. Les Africains se contentaient parfois de se défendre mais ne passaient jamais à l’offensive contre les négriers. La résistance active fut presque toujours le courage insufflé par le désespoir des quelques individus, généralement voué à l’échec.
Par ailleurs sont absolument fausses les affirmations selon lesquelles les Africains ne protestaient pas contre l’état d’esclave du fait qu’il leur était habituel. Bien au contraire, du moment de leur capture sur le sol natal et jusqu’à la fin de leur vie dans les plantations des Indes occidentales et d’Amérique, les Africains ne cessaient de lutter pour recouvrer la liberté. Fort souvent, ils préféraient la mort à l’esclavage lorsqu’ils voyaient qu’il n’y avait aucun espoir de se libérer.

Dans les caravanes, les esclaves avaient les mains liées, ils étaient attachés par le cou et escortés de gardes armés jus-qu’ aux dents, de négriers. Et, en dépit de cela ils tentaient de fuir à la moindre occasion favorable.
Les marchands s’efforçaient de ne pas garder longtemps chez eux les esclaves capturés, ils craignaient des révoltes, des évasions. Les factoreries étaient bien protégées: des canons pointaient sur les murailles dont une partie était tournée vers l’intérieur et visait les baraquements des esclaves: ces derniers se révoltaient souvent.

Les négriers estimaient que les esclaves essayaient le plus souvent de fuir au moment du transport depuis la côte jusqu’au navire. Jusque-là, ils ne s’étaient pas représentés leur sort futur et croyaient qu’on allait les vendre dans leur propre pays. Pourtant, c’est là que la lutte était inutile, car les négriers surveillaient les Africains avec un soin particulier durant cette opération. Les esclaves enchafnés se jetaient sur les matelots et les gardes, ils sautaient à la mer, mais les chaînes ne leur permettaient pas de nager et ils se noyaient. Comme l’ont écrit des témoins oculaires, si un Noir qui s’était jeté à l’eau voyait qu’une chaloupe, conduite par des Européens, s’approchait de lui pour le retirer de l’eau, il préférait se noyer que de se laisser attraper par le négrier.

Les esclaves épuisés, transportés à bord du vaisseau, rassemblaient toutes leurs forces pour reconquérir leur liberté. Les plus forts et les plus décidés menaient une lutte active: ils fomentaient une révolte, attaquaient l’équipage du négrier, s’emparaient même parfois du navire. Ceux qui n’avaient pas la force ou le courage d’intervenir ouvertement résistaient au marchand d’esclaves passivement, avec opiniâtreté et insistance.
Les conditions spéciales de la traite des Noirs qui vouaient d’avance à l’échec la plupart des révoltes, ont fait surgir des formes particulières et terribles de résistance passive au cours du « voyage ». Fous de désespoir, de nombreux esclaves préféraient mourir que de rester captifs. Les matelots de quart pendant le « passage moyen » devaient veiller à ce que les esclaves ne sautent pas par-dessus bord. Souvent, pendant les révoltes, lorsque les Africains voyaient que les négriers étaient les plus forts, ils se jetaient aussi à l’eau.

Une autre forme de résistance passive était le refus de se nourrir, ce qui aboutissait à des épidémies sur le bateau et à une mortalité massive de captif s. Les coups, la torture n’etaient d’aucun secours: les Africains ne voulaient pas être des esclaves. Beaucoup de négriers affirmaient que l’unique cause de ce refus de s’alimenter était la nostalgie.

Cette façon de se laisser mourir était si répandue parmi les Africains qu’en Angleterre, on fabriquait, outre des fers, des colliers, des chaînes et des cadenas destinés aux esclaves, des appareils spéciaux en métal qu’on introduisait dans la bouche des esclaves refusant de manger, car cela permettait de les nourrir de force.
D’autres encore tentaient de lutter ouvertement et les actes les plus désespérés avaient lieu lorsque le navire négrier n’était pas encore très éloigné des côtes africaines. Les captifs pouvaient avoir l’espoir de regagner leur pays d’origine.
Les communications sur les révoltes à bord des négriers deviennent chose courante au XVIIIe siècle, dans les documents coloniaux. Il s’est conservé des papiers relatifs aux nombreux cas où des primes d’assurances furent versées aux propriétaires de navires ayant fait naufrage à la suite d’une révolte des esclaves. Dans les années 30 du XVIIIe siècle, les hommes d’affaires de Bristol se plaignaient de voir leurs revenus baisser dans le secteur de la traite des Noirs. L’une des raisons principales de ce phénomène étaient les révoltes d’esclaves à bord des négriers.
Les défenseurs de la traite des Noirs cherchaient à prouver que les révoltes sur les navires ne se produisaient qu’au voisinage des côtes africaines, qu’ensuite les Africains s’habituaient, soi-disant, à leur état, que tous les troubles durant le voyage à travers l’Atlantique ne s’expliquaient que par le traitement cruel infligé par l’équipage. Ces assertions ne correspondent absolument pas à la vérité. Nous possédons justement le plus grand nombre de renseignements à propos des révoltes qui s’étaient produites durant le « voyage ». Les capitaines remettaient habituellement aux armateurs ou à la direction de la compagnie un compte rendu écrit sur les événements pour la durée de la navigation.

Les communications concernant les navires disparus étaient enregistrées.
Les rapports des capitaines négriers indiquent que les préparatifs au « voyage » s’effectuaient en tenant compte du fait qu’il pouvait y avoir une révolte d’esclaves n’importe quand. On estimait que le moment le plus dangereux était celui où l’on distribuait la nourriture. Des barricades étaient dressées autour de l’endroit où se faisait la distribution. Des matelots se plaçaient derrière les barricades, avec leurs fusils chargés. Les canons du vaisseau étaient pointés sur les esclaves, les canonniers se tenant près des pièces avec les mèches allumées. Les fers des esclaves-hommes étaient vérifiés chaque jour.
Ces révoltes au cours du « voyage » se distinguaient par une violence particulière étant donné que ni l’équipage du navire ni les esclaves ne pouvaient attendre de secours de nulle part et que les deux parties combattaient pour sauver leur vie.

Une fois la révolte matée, les négriers châtiaient les esclaves avec cruauté. Néanmoins, ni les exactions ni les tortures ne pouvaient arrêter les captifs. Il y a eu des cas où les esclaves se révoltèrent à deux reprises sur le même bateau pendant le « voyage ».
Il n’est resté quelquefois que de brèves communications à propos de la prise de vaisseaux par les esclaves, sans que l’on sache ce qui s’y était passé.
Si, auparavant, l’arrivée d’un négrier en vue des côtes semait la terreur parmi les Africains: ils comprirent peu à peu qu’une attaque soudaine pouvait réussir. Si c’était un grand navire, bien armé, ils évitaient de l’attaquer, mais lorsqu’il s’agissait de bateaux de petit tonnage, des détachements d’Africains armés non seulement d’arcs et de flèches mais encore d’armes à feu montaient souvent à l’attaque. Cela se passait la plupart du temps au moment où les esclaves se révoltaient à bord, ce qui multipliait les chances de succès. Les Africains n’avaient pas besoin de ces navires et, lorsqu’ils les prenaient, ils les brûlaient ou bien levaient l’ancre de sorte que le bateau partait à la dérive. Ces navires disparaissaient sans laisser de trace.

On pourrait énumérer longuement les cas où des voiliers furent enlevés par les esclaves mais combien d’exemples de résistance sont restés dans l’ombre? Une quantité de navires négriers disparaissaient sans laisser de traces durant le « voyage ». Les Africains^ après avoir pris le bateau mais ne sachant pas le gouverner, mouraient de faim et de soif, faisaient naufrage sur des récifs. Des marins ont rapporté qu’ils avaient rencontré des navires à bord desquels l’équipage européen gisait, mort, et les esclaves étaient dans un état de complet épuisement, à moitié vivants. Sur d’autres bateaux, il n’y avait que des cadavres desséchés d’esclaves ou, au contraire, seulement des matelots tués.

Chez de nombreux peuples africains il existe une croyance en vertu de laquelle l’âme d’un homme, après sa mort, où qu’il soit mort, retourne au pays natal.
C’est ainsi qu’un soir où une caravane d’esclaves avait fait halte pour la nuit, David Livingstone entendit chanter.
« Six esclaves chantaient comme s’ils ne sentaient pas le poids ni la honte de leur joug. Je demandai quelle était la cause d’une pareille joie, on m’a répondu qu’ils se réjouissaient à l’idée de revenir après leur mort et d’apparaître comme des fantômes afin de tuer ceux qui les avaient vendus… L’un d’eux chantait: « O, toi, tu m’as envoyé sur la Mante (la côte), mais lorsque je mourrai, le joug tombera, et je reviendrai chez moi pour me présenter à toi et te tuer. » Alors tous les autres reprenaient en chœur et les paroles du refrain étaient composées des noms de ceux qui les avaient vendus comme esclaves » [208, v. 1, p. 306].
Les marchands d’esclaves disaient souvent que les suicides des Africains, sur les négriers, étaient suscités par la croyance qu’ils reviendraient chez eux après leur mort. C’était très certainement la cause d’un certain nombre de suicides. Or, si à la nostalgie du pays venait se mêler le désir de se venger du marchand d’esclaves, ces hommes pouvaient vraiment se laisser mourir. Mourir pour pouvoir ensuite faire payer ses actes à celui qui les avait vendus!

Les marchands relevaient habituellement une indocilité particulière chez certains peuples et certaines tribus d’Afrique. Ils estimaient qu’il fallait faire preuve de beaucoup de prudence s’il y avait parmi les esclaves des Mina et des Koro-mantins, toujours prêts à s’évader ou à se révolter. D’autres mentionnaient l’audace des Ewe, d’autres encore parlaient de l’impossibilité de briser l’âme fière des esclaves Ashanti ou bien mettaient en garde contre l’insoumission permanente des esclaves achetés dans la région de Kilwa et de Mom-bassa, etc. Les peuples africains, chacun en particulier, stupéfiaient les Européens par leur inacceptation intransigeante de leur état d’esclaves, leur volonté d’être libres, leur audace et leur opiniâtreté dans la lutte.
Il ne serait pas juste de dire que certains peuples luttaient contre les négriers alors que d’autres acceptaient leur état d’esclaves. De même que les Africains de la Côte-de-l’Or, ceux de la Côte des Esclaves luttaient contre l’esclavage, ceux de la Sierra Leone se révoltaient sur les navires, ainsi que ceux exportés du littoral du golfe du Bénin et d’Angola, que les captifs vendus comme esclaves non loin de Tête, de Quelimane et à Zanzibar.
Par conséquent, cette opiniâtre résistance aux négriers prouve que les Africains, comme tous les peuples de la planète quelle que fût leur race, aspiraient à vivre libres. Mais leur désir de liberté s’accommodait de l’acceptation du trafic des esclaves dans son ensemble, et les amenait parfois à le soutenir.

Source : http://les.traitesnegrieres.free.fr/12_esclavage_la_resistance_des_africains.html

Arbuste de la famille des acacias, le rooibos ne pousse qu’en Afrique du sud où les conditions climatiques et la nature du sol lui conviennent parfaitement.Le rooibos est souvent appelé « thé rouge » mais, autant le dire tout de suite, ce n’est pas du thé. 

Un peu d’histoire

Il y a plus de 300 ans, les populations indigènes des montagnes au nord du Cap (Afrique du Sud) cueillaient les parties aériennes du Rooibos sauvage qu’ils faisaient fermenter pour en faire une infusion d’agrément au goût sucré et fruité, et d’une couleur rougeâtre. La tribu des Khoisan utilisaient le Rooibos comme herbe médicinale.
C’est au 18ème siècle que le botaniste Carl Humberg fit connaître cette plante aux Africains du Sud, avant que Benjamin Ginsberg , un émigré russe, développa son potentiel commercial dès 1904. Sa culture a été expérimentée dans plusieurs régions du globe mais sans succès.

Le Rooibos (prononcé Royboss) est un arbrisseau épineux d’un mètre de haut à fines tiges et fleurs jaunes originaire des régions montagneuses du Cederberg en Afrique du Sud. Les feuilles en forme d’aiguilles prennent leur couleur rouge après la fermentation et le séchage. Il peut aussi être utilisé vert avant fermentation. Cet arbuste est adapté à un sol pauvre et acide et à un climat chaud et sec. Ses feuilles rappellent celles du laurier, elles servent à préparer une boisson sans caféine et à faible teneur en tanin.
Il peut être fermenté (rouge) ou non fermenté (vert), et dans ce dernier cas il contiendra donc plus d’anti-oxydants.

Avantages

Des recherches en Afrique du Sud menées conjointement sur le thé vert et le rooibos ont prouvé que le rooibos est encore plus efficace que le thé vert.
Un autre groupe de recherche médicale a démontré que le rooibos diminuerait également les dégénérescences du cerveau, donc les troubles de la mémoire et les maladies comme Alzheimer. Enfin, les sud-africains utilisent le rooibos pour calmer les coliques des nourissons et des enfants, les problèmes digestifs des adultes – nausées, brûlures d’estomac -(le rooibos étant naturellement alcalin ) , les insomnies, l’eczéma, les allergies, et des études sont en cours pour tout prouver de manière scientifique. L’absence totale naturelle de caféine est un gros avantage par rapport au thé ou au café décafféiné car le processus qui permet de décafféiner supprime une grande partie des polyphénols de ces boissons ; sans caféine et avec très peu de tanins, le rooibos est donc une boisson que l’on peut boire sans modération de matin au soir, et qui amène de ce fait beaucoup plus d’anti-oxydants que le thé car on n’hésitera pas à le boire en plus grandes quantités

Le rooibos a longtemps été utilisés pour soigner une variété d’affections comme des allergies, l’asthme, l’anxiété, la colique du bébé, des problèmes de poumons ou des affections cutanées (2). Ces dernières années les recherches se sont penchées en priorité sur la capacité du rooibos à protéger le foie et à combattre le cancer dans des conditions de laboratoires. (3,4,5,6,7,8)

Ce “Thé Africain” a été récemment testé sur un groupe de souris et de personnes diabétiques par l’Université de Copenhague. Le test sur les souris a duré 6 semaines pendant lesquelles la consommation de rooibos en plus d’un régime allégé en graisses a permis des améliorations sur la santé des yeux et du pancréas des souris. Ce sont deux organes qui sont sujets à des dégradations causées par le diabète (9).

Déguster le rooibos

Un des avantages majeurs du rooibos est qu’il peut se déguster comme un thé mais qu’il ne contient pas de théine, tout en étant largement aussi parfumé, si ce n’est plus. Même les amateurs de thé lui reconnaissent un goût riche, sucré, presque onctueux. Et pour ceux qui ont parfois du mal avec l’amertume d’un thé infusé un poil trop longtemps du fait des tanins diffusés, le rooibos en est peu pourvu, ce qui en fait une boisson très douce.

SOURCE: http://www.bio-rooibos.com/alzheimer-antioxydant-naturel-enfants/

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Noam Chomsky1/ La stratégie de la distraction

Élément primordial du contrôle social, la stratégie de la diversion consiste à détourner l’attention du public des problèmes importants et des mutations décidées par les élites politiques et économiques, grâce à un déluge continuel de distractions et d’informations insignifiantes. La stratégie de la diversion est également indispensable pour empêcher le public de s’intéresser aux connaissances essentielles, dans les domaines de la science, de l’économie, de la psychologie, de la neurobiologie, et de la cybernétique. « Garder l’attention du public distraite, loin des véritables problèmes sociaux, captivée par des sujets sans importance réelle. Garder le public occupé, occupé, occupé, sans aucun temps pour penser; de retour à la ferme avec les autres animaux. » Extrait de « Armes silencieuses pour guerres tranquilles »

2/ Créer des problèmes, puis offrir des solutions

Cette méthode est aussi appelée « problème-réaction-solution ». On crée d’abord un problème, une « situation » prévue pour susciter une certaine réaction du public, afin que celui-ci soit lui-même demandeur des mesures qu’on souhaite lui faire accepter. Par exemple: laisser se développer la violence urbaine, ou organiser des attentats sanglants, afin que le public soit demandeur de lois sécuritaires au détriment de la liberté. Ou encore : créer une crise économique pour faire accepter comme un mal nécessaire le recul des droits sociaux et le démantèlement des services publics.

3/ La stratégie de la dégradation

Pour faire accepter une mesure inacceptable, il suffit de l’appliquer progressivement, en « dégradé », sur une durée de 10 ans. C’est de cette façon que des conditions socio-économiques radicalement nouvelles (néolibéralisme) ont été imposées durant les années 1980 à 1990. Chômage massif, précarité, flexibilité, délocalisations, salaires n’assurant plus un revenu décent, autant de changements qui auraient provoqué une révolution s’ils avaient été appliqués brutalement.

4/ La stratégie du différé

Une autre façon de faire accepter une décision impopulaire est de la présenter comme « douloureuse mais nécessaire », en obtenant l’accord du public dans le présent pour une application dans le futur. Il est toujours plus facile d’accepter un sacrifice futur qu’un sacrifice immédiat. D’abord parce que l’effort n’est pas à fournir tout de suite. Ensuite parce que le public a toujours tendance à espérer naïvement que « tout ira mieux demain » et que le sacrifice demandé pourra être évité. Enfin, cela laisse du temps au public pour s’habituer à l’idée du changement et l’accepter avec résignation lorsque le moment sera venu.

5/ S’adresser au public comme à des enfants en bas-âge

La plupart des publicités destinées au grand-public utilisent un discours, des arguments, des personnages, et un ton particulièrement infantilisants, souvent proche du débilitant, comme si le spectateur était un enfant en bas-age ou un handicapé mental. Plus on cherchera à tromper le spectateur, plus on adoptera un ton infantilisant. Pourquoi ? « Si on s’adresse à une personne comme si elle était âgée de 12 ans, alors, en raison de la suggestibilité, elle aura, avec une certaine probabilité, une réponse ou une réaction aussi dénuée de sens critique que celles d’une personne de 12 ans ». Extrait de « Armes silencieuses pour guerres tranquilles »

6/ Faire appel à l’émotionnel plutôt qu’à la réflexion

Faire appel à l’émotionnel est une technique classique pour court-circuiter l’analyse rationnelle, et donc le sens critique des individus. De plus, l’utilisation du registre émotionnel permet d’ouvrir la porte d’accès à l’inconscient pour y implanter des idées, des désirs, des peurs, des pulsions, ou des comportements…

7/ Maintenir le public dans l’ignorance et la bêtise

Faire en sorte que le public soit incapable de comprendre les technologies et les méthodes utilisées pour son contrôle et son esclavage. « La qualité de l’éducation donnée aux classes inférieures doit être la plus pauvre, de telle sorte que le fossé de l’ignorance qui isole les classes inférieures des classes supérieures soit et demeure incompréhensible par les classes inférieures. Extrait de « Armes silencieuses pour guerres tranquilles »

8/ Encourager le public à se complaire dans la médiocrité

Encourager le public à trouver « cool » le fait d’être bête, vulgaire, et inculte…

9/ Remplacer la révolte par la culpabilité

Faire croire à l’individu qu’il est seul responsable de son malheur, à cause de l’insuffisance de son intelligence, de ses capacités, ou de ses efforts. Ainsi, au lieu de se révolter contre le système économique, l’individu s’auto-dévalue et culpabilise, ce qui engendre un état dépressif dont l’un des effets est l’inhibition de l’action. Et sans action, pas de révolution!…

10/ Connaître les individus mieux qu’ils ne se connaissent eux-mêmes

Au cours des 50 dernières années, les progrès fulgurants de la science ont creusé un fossé croissant entre les connaissances du public et celles détenues et utilisées par les élites dirigeantes. Grâce à la biologie, la neurobiologie, et la psychologie appliquée, le « système » est parvenu à une connaissance avancée de l’être humain, à la fois physiquement et psychologiquement. Le système en est arrivé à mieux connaître l’individu moyen que celui-ci ne se connaît lui-même. Cela signifie que dans la majorité des cas, le système détient un plus grand contrôle et un plus grand pouvoir sur les individus que les individus eux-mêmes.

Source: Pressenza

tumblr_lsr4b4iro81qe8n91Ce jour-là, les habitants de ce petit village de la Gambie ne s’aperçurent que trop tard du drame : un jeune garçon venait de disparaître, et toutes les recherches entreprises pour le retrouver sont restées vaines. Ce garçon ne retrouvera donc plus jamais ses parents, ni son pays, ni son continent.

Pourtant, le chef de village avait bien mis les habitants en garde : des marchands d’esclaves rodaient dans les parages, à la recherche de « nouvelles marchandises ». Ordre avait donc été donné de ne s’éloigner du village sous aucun prétexte. Mais le garçon va enfreindre l’interdiction en s’aventurant dans la forêt…

Kunta Kinté vient à peine de terminer son initiation qu’il est kidnappé par des chasseurs d’esclaves. Le bateau l’emmène jusqu’à Annapolis, au Maryland où il est vendu pour 155 dollars. Son maître, John Reynolds (Lorne Greene), le renomme Toby.

 


kunta kinté « RACINES » Épisode 1 (parties 1/2… par thaillepan

kunta kinte Épisode 1 (parties 2/2) par thaillepan

kunta kinte Épisode 2 : L’arrachemen (parties 1/2) par thaillepan

RACINES Épisode 2 : L’arrachemen (parties 2/2) par thaillepan

A l’ occasion de cette coupe d’Afrique des nations 2013 au pays de Madiba où les blancs près de 10 % de la population ayant profité du régime d’apartheid et de la colonisation tiennent encore fermement près de 90 % de l’ économie du pays entre leur mains, une autre forme de domination plus ostensible mais paradoxalement moins questionnée tellement elle semble désormais faire partie du paysage, s’exerce cette fois sur le monde du football africain . Il s’agit de la presque omniprésence des entraîneurs blancs à la CAN,  affectueusement dénommés les sorciers blancs , une véritable tradition qui ne trouve son pareil sur le continent que dans le domaine humanitaire . 

En effet les chiffres parlent d’eux mêmes sur 16 équipes engagés, 13 sont d Afrique noire mais il y a seulement 4 entraîneurs noirs (CAP VERT , ETHIOPIE ,Ghana et Nigeria ) tous fils du pays de leur sélection , face à 12 blancs (maghrébins compris ) cela fait beaucoup . Il faut cependant préciser que l’ entraîneur blanc Gordon Igesund de l’ Afrique du sud,  pays hôte est bien un sud africain et que le Maroc et la Tunisie ont aussi opté pour des fils du pays , pas de quoi nous consoler mais toujours bon à savoir .A l’ heure où l’on se demande toujours si l’Afrique est sur de bon rails et si elle va enfin se prendre en charge seule dans les affaires sérieuses telles que la politique ou l’ économie nous constatons avec peine que même dans le football (soccer) le sport le plus populaire sur le continent mais qui ne reste qu’un divertissement sans enjeu critique, l’émancipation de l’ Afrique est encore sujet a caution .
Surtout lorsque nous voyons que à l’unanimité les 6 pays d’Afrique noire francophone on tous fait appel à des entraîneurs étrangers , on dit aussi qu’ils sont les plus nostalgiques de la colonisation (ex; accord de défense avec la France, utilisation du franc , zone CFA etc… ) et sont les moins dynamiques sur le plan économique cela est d’autant plus inquiétant quand on sait que l’entraîneur est celui qui dirige et qui s’occupe du travail le plus intellectuel , c est son nom qu’on retiendra lorsque l’on parlera de stratégie et de tactique . L’entraîneur est donc la tête pensante de l’ équipe , cela revient à faire croire qu’on fait appel aux autres pour penser a notre place et nous diriger . Et comme si cela ne suffisait pas comme autre parallèle avec le fonctionnement de nos États on peut presque parler de pré-carré lorsque l’on fait allusion à certains entraîneurs qui font la tournée des sélections africaines, pour cette CAN, trois d’entre eux Vahid Halilhodzic ,Gernot Rohr et Paul Put sont déjà passés par deux pays différents , Hervé Renard lui s’est offert quatre destinations mais le champion toutes catégories reste Claude Le Roy sélectionneur de la RDC qui totalise cinq pays et il s’est même payé le luxe d’un double double c’est à dire ; passer deux fois par deux pays différents (RDC et Cameroun ) , c’est là presque une présence digne de la France-Afrique .

Cependant n’exagérons pas car la faute revient avant tout aux différentes fédérations de football de ces pays africains qui devraient garder à l’esprit que parmi tous ces entraîneurs un seul remportera la coupe et qu’il est temps d’investir dans la formation de jeune entraîneurs du continent si les anciennes gloires du football africain ayant évolués dans les plus grand clubs refusent le travail, ce qui reviendrait à un coût nettement inférieur aux dépenses effectuées pour payer les salaires souvent mirobolants des entraîneurs expatriés alors que ces mêmes fédérations se montrent parfois incapables de payer le staff local africain qui entoure le sélectionneur étranger .
Or les Africains peuvent sans aucun problème faire le travail , la preuve en est que ces sélectionneurs étrangers n’ont pas forcément été les plus grands joueurs de leur temps , José mourinho reconnu par beaucoup comme le meilleur tacticien au monde n’ a jamais réellement été un joueur professionnel .   

Pour conclure sur ce sujet qu’on pourrait qualifier de secondaire mais qui revêt une importance capitale lorsque il se juxtapose à nos problèmes identitaires déjà trop nombreux car c’est bien de cela qu’il s agit , loin de nous l’idée de s’en prendre à ces entraîneurs qui ne font que leur travail sans verser le sang de personne et qui exercent dans ce qui n’est au final qu’un jeu . Le but ici est de saisir l’opportunité de cette CAN 2013 pour montrer le dénie de toute intelligence créatrice et organisationnelle envers l’homme noir tant que celui-ci ne prendra pas l’initiative sur un terrain qui lui est propre et où il peut exceller . Nous avons pris l’exemple de la CAN mais nous aurions pu faire une étude comparative outre atlantique aux USA sur les 10 dernières années entre le nombre d’entraîneurs noirs et blancs à la National Basketball Association (NBA)
ou à la National Football League (NFL) deux compétitions où les joueurs noirs sont majoritaires à 78% et 69%. Ainsi tant que nous ne verrons pas un changement du coté du sport il n y aura aucun changement dans les domaines plus importants car on dit que celui qui est fidèle dans les petites choses, c’est à lui qu’on confie les grandes . De ce fait il faut espérer voir la coupe d’Afrique finir aux mains de l’une des quatre équipes ayant fait confiance à un entraîneur africain noir et répéter ce genre d’exploit pour voir le phénomène des entraîneurs africains se multiplier dans nos propres compétitions .

Entraîneurs humanitaires  :

AFRIQUE DU SUD ; Gordon Igesund (Sud Afrique )
Angola ; Gustavo Ferrin (Uruguay)
Burkina faso ; Paul Put ; belge
Cote d ivoire ; Sabri Lamouchi ; français 
Mali ; Patrice Carteron ; français 
Niger ; Gernot Rohr ; Allemagne 
RDC ; Claude Le Roy ; français 
Togo ; Didier Six ; français 
entraineur de la RDCAlgerie ; Vahid Halilhodzic ; Bosnie-Herzégovine

Zambie ; Hervé Renard ; français

 
 
Entraineurs africains :

CAP VERT ; Lucio Antunes 

ETHIOPIE ; Sewnet Bishaw
Ghana ; James Kwesi Appiah
Maroc ; Rachid Taoussi
Nigeria ; Stephen Keshi
Tunisie ; Sami Trabelsi                                                                                       

 

taharkahotep .

I-PROLOGUE : LES EKANG ET LE CONCEPT DE SI-KAM pour dire KEMET et tous les Descendants de KAMA)

 J’appelle désormais MEDU KAM l’ensemble des langues négro-africaines, qui se caractérisent par leur co-appartenance avec le Medu Netjet. Ces langues qui parlent et écrivent le Medu Kam se caractérisent par leur origine initiatique et sacrée, qui recherchent toutes dans les êtres et les choses qu’elles nomment une parole initiatique ancienne, cachée, elle-même divine. Tous les peuples de KAMA (nom originaire de l’Afrique) et toutes les langues négro-africaines contemporaines en apparentement avec le Medu-Netjer.

A l’appui de l’ékang, langue Medu-Peuple nilotique comme tous les peuples négro-africains, je vais faire la démonstration philologique que les langues négro-afrcaines parlent le MEDU KAM qui est la langue sacrée de Kama et la survivance du Medu Netjer.

Le peuple au nom initiatique de SI-KAM (Terre Noire, Terre des Noirs), c’est Kemet, origine du peuple ékang qui a vécu dans les dynasties des Saou, des Kara, et surtout à Akhet-Aton, la ville sainte du Fara Akhenatona, le prodigieux Shemsu Rê de la XVIIIème dynastie… qui était ivre du KA solaire qui traversait sa pensée et sa vision. C’est là qu’explosent leur génie plastique – dont les survivances se lisent dans la géométrie du reliquaire du Bière… dans son astronomie, dans sa mathématique, sa géographie, son organisation sociale et ses institutions, sa conception des sciences et de la philosophie.

Le plus frappant, comme nous l’allons voir “hic et nunc” c’est l’héritage théologique kamite de ce peuple originaire de Kemet, que les peuples de KAMA et en particulier ici les Ekang nomment KEM, KAM, et surtout SI-KAMA (Terre noire, pays des Noirs).

Réglons pour commencer cette IMMENSE affaire de Ci-KAM (Bilolo), Si-KAM ( Biyogo). C’est que, le Si, un peu comme le Ta faraonique dit le Territoire protégé (des dieux) du verbe KAMA (protéger, défendre, philologiquement le « KA » de « MA », l’énergie spirituelle qui ME protège, MA signifie Moi, identique, ce qui est pur). KAMA dit aussi l’abondance, l’infinité que procurent les dieux et la pensée qui recherche leur perfection. SI-KAM, c’est la Terre Noire, celle des Noirs. Mais il y a plus.

 Le continent du sud de la planète, en sa déclinaison première, antique, se nomme comme une Terre divine (TA NETJER), comme une Terre Aimée – des dieux – (TA MERY), comme une Terre où le soleil a façonné les êtres et les choses pour comprendre l’origine solaire de la vie. SI KAM = Terre solaire. SI KAM, en sa plus haute signification, est Terre de méditation, Terre philosophique.

KAM = KA+M = énergie spirituelle sur Moi (M), sur l’Identité (M) d’un peuple, sur le peuple de Kama. 

KAM=masse énergétique qui se répand dans tout ce qui est et n’est pas encore. Dans le Tout et le non-encore-être.

KAM = Vibration, énergie solaire, concentration de molécules noires.

KAM = Moment où les initiés dansent, habités par la transe des dieux eux-mêmes, lesquels dévoilent leurs attribuent aux vivants, et qui généralement se manifestent par des pictiigrammes, par des figures géométriques, par des signes qui sont en monstration des Mystères de la Musique (Sons délivrés et interceptés par des Muses).

KAM = C’est l’état de haute méditation ontologique pour dire les définitions et les les significations anciennes des êtres et des choses cachés. Sous ce jour, Si KAM c’est la Terre de la méditation philosophique et théologique. C’est la Terre où l’on contemple, célèbre du verbe KAM, les Mystères. Ce verbe signifie aussi élever, admirer ce qui est parfait. 

SI KAMformellement, philologiquement, c’est la Terre des InitiésSi KAM, c’est le nom originel du continent africain qui pense la Perfection, cela qui est Parfait.C’est la pensée parfaite, celle qui pense l’Illimité, l’Etre parfait et immortel de la SIA. C’est la perfection qui s’infinitise dans l’Océan des possibles.

KAMA = nom originel qui désigne l’Afrique et tous les pays du monde kamite. 

KAMA, c’est l’étendue noire qui s’infinitise, c’est le champ/Chant des Mystères qui s’étend sur tous les Territoires habités par les Kamites.  

II-DE L’ISOMORPHISME PHILOSOPHIQUE ET THEOLOGIQUE DE LA NOTION D’ATON PROPRE AU PEUPLE SI-KAM.

1-Que le Fara Akhenatona ait établit que le Très Haut ne se pouvait représenter, voilà le legs phénoménal que Les Ekang ont gardé, en préservant aujourd’hui encore ce précepte. Il a pensé le Très Haut sur le mode énergétique du transbordement de la solarisation et l’a nommé ITON, ATON. Prenons le soin d’expliquer que ce n’est pas le soleil que le Faraadore, mais l’énergie divine qui se propage dans le disque solaire et qui en révèle la toute puissance, l’universalité, la prodigalité universelle. Les Ekang disent également ATON, pour désigner le Disque solaire, la rotondité du Bouton solaire, et de manière générale, le Disque, le bouton se disent ATON, dans la langue ékang, comme en Medu Netjer. L’ATONde Kémèt est identique à l’Aton des Ekang.

2-Allons plus loin, dans la comparaison philologique, pour Kémèt, c’est le Très Haut qui a tout crée, qui a façonné le Monde, l’Univers. Et le verbe qui dit cette chose est chez KémètKM (KM) = créer). Les Ekang ont conservé en l’état ce verbe, qui disent eux-aussi KOM (KM) pour CREER. Les Ekang disent que c’est NTI qui a créé le Monde = « Nti é gne A nga Kom éning ». Au demeurant, Le substantif NTI désigne chez Kémèt comme chez ékang l’homme, les Ekang y ajoutent la distinction, la distinction suprême, pour dire le Très Haut lui-même, dans sa suprême splendeur..

3-La notion de NTR (dieu) elle-même a été conservée par Ekang qui nomme précisément ainsi le Créateur NTARE avec la même racine consonantique (NTR), du verbe TARE(originer, créer, commencer), ATAREGA (l’origine, le commencement). Comme dans le verbe TI (originer, créer, commencer) qui se substantive en NTI (le Bâtisseur de la vie, principe des principes, le Créateur), ou le verbe TARE qui lui, se substantive en NTARE(L’Etre suprême, celui qui est à l’origine de toute chose, le Créateur). Comme dans le verbe faraonique et ékang KOM (créer, originer, façonner) qui se substantive en NKOM (le Créateur)…

4-Allons plus loin encore pour expliquer pourquoi le peuple Ekang a gardé l’idée kamite consistant à se désigner comme la Terre des dieux (TA NETJEROU)… le peuple consacré à Dieu…fait de dieux, de Seigneurs.Or, le nom le plus authentique du peuple ékang BE-NTI, les BE-TI (les Bâtisseurs, les seigneurs). Kémit est bien la Terre des Ekang, qui, venus de la « Terre des dieux, des seigneurs », ont gardé cette om originaire sous leur appellation première de Bâtisseurs, Fondateurs, de Seigneurs. Be-Nti est devenu avec la chute de la nasalisation Beti : les Bâtisseurs, les Fondateurs, les Seigneurs. 

5-Et ce n’est pas par hasard que le KM (kem, kemi) de KEMET dit le charbon, le brûlé, cela qui est noir, authentique, solaire est attesté et identique chez Ekang pour qui KM (KEM) signifie très exactement les restes charbonnés de la marmite, cela qui est brûlé, qui est noir-cendre… Les langues ékang et le Medu Ntr sont une seule et même langue… laquelle prie Dieu.

II-AU MATIN DE L’ADORATION DANS LA CIVILISATION SI-KAM.

1-D’abord la désignation prodigieuse de l’Eternel sous le nom de OU (W’) en terre Kamite pour dire l’Un, l’Unique, Dieu. Terme attesté par les Ekang, lesquels disent très exactementOU OU pour désigner Le Très Haut et qui signifie « Toi l’Un, Toi l’Unique, l’Incomparable, toi l’Unique et encore Unique, d’où le redoublement du mot) : Unique est l’Unique. Les Ekang disent encore OU ONE NTÔ = C’est toi l’Antérieur, l’Aîné, l’Un, l’Unique. Le Suprême. OU étam éning Ngoum da yiane Seme = C’est Toi seul que le Monde entier doit vénérer.

2-Côté Kémit, on sait que le prêtre SEM officie dans les Sanctuaires les Cérémonies les plus sacrées et adore Dieu. L’Ekang a conservé ce lexème SEME signifie vénérer, adorer le Très Haut. La suite des prêtres, de ceux qui prient ou l’idée de Réunion, d’assemblée se traduisent en égyptien ancien par SEMA. Là aussi, L’Ekang a conservé le terme et l’idée, en nasalisant NSAMA = la Réunion, le Regroupement, l’Assembleé… Le verbe SAMdésigne e fait de tendre les Mains (vers le Très Haut exactement comme le prêtre Sem ou le Fara Akhenatona en priant le Très Haut. D’où aussi le verbe faraonique WO (W) qui signifie lever, se lever, idée de désignation du lieu où se lève le Soleil et de lever les Mains vers cette direction pour adorer le Très Haut, que l’ékang a gardée en nommant EWONDO, l’un des sous-groupes Ekang qui désigne « ceux du Levant »… lesquels habitent très justement le Centre-Ouest du Cameroun. Les Ekang disent également WO pour désigner la main.

3-ATUNE est l’un des verbes en égyptien ancien que Kemit utilise pour dire honorer, vénérer le Très Haut. Les Ekang l’ont préservé, qui disent très exactement ATUNE : honorer, vénérer Le Très Haut, s’humilier face au Très Haut…

4-Allons plus haut encore pour élucider le sens des mots kémites par les langues négro-africaines, ici l’ékang. Ce qui a caractérisé le Fara Akhenatona, c’est son ivresse du Très Haut, d’où le terme ATON qu’il a choisi pour désigner le Très Haut. Pour comprendre la profondeur de ce qui se cache derrière ce terme, le recours à au verbe ékang ATÔNs’impose que l’on utilise lorsque l’initié, pour avoir trop consommé l’écorce sacrée est comme ivre, les Maîtres disent que sa tête tourne, alors il doit aller comme le fou, le grand initié aux Mystères, en fuite dans la forêt pour entendre les Mystères dont il entend la musique, la trompette (TONG). Il cherche en lui le premier Homme, l’Adam originel qu’Ekang nomme TÔM. Ainsi d’EYO’O lui-même qui, ivre de sagesse, a parlé étone pendant l’Amata : les Etones eux-mêmes sont de grands Initiés, ivres d’Eyo’o

5-ATUM faraonique désigne le Démiurge, le Dieu antogène de qui procèdent tous les Neterou… lequel éclot selon la théologie d’Iumu dans l’étendue liquide originelle du Noun. Issu du terme TEM, le non-encore existant », qui porte l’origine et la fin, qui signifie à la fois la complétude et l’incomplétude : la complétude qui procède de l’incomplétude = ici nous sommes devant l’Affirmation antithétique qui tire le Manifesté du Non encore Manifesté, la Manifestation du Non Manifesté. Là est le plus difficile et le plus passionnant problème philosophique et théologique de tous les temps, comment Cela – Celui – qui est complet peut-il sortir de l’état d’Incomplétude ?Pour la première fois de l’histoire de la théologie et de la philosophie, Le Shemsu Maât va résoudre ce paradoxe antithétique des origines : c’est que ATUM bien qu’émané du NOUN en est antérieur. Il est antérieur à tout, il précède et porte le Tout. Le Tout lui est constitutif. Puisqu’il est la Cause suprême, lorsque lui-même est sans Cause. Ayant lui-même tout créé, lui-même est incréé, sans origine ni fin, leNoun est le voile des possibles qui annonce sa venue à la Manifestation, en cela on peut dire raisonnablement qu’il est constitutif du Noun, son habitacle voilé, sa facée amonienne, cachée, où il a vécu sous forme de somnolence, sans Forme, avant de se Manifester et de manifester ses possibles sous la forme atonienne. C’est en cela que la SAA de KAMA enseigne que le Netjer des Netjerou est AMON-R = le Caché-Révélé, Le Révélé-Caché. L’Invisible rendu Visible, le Visible demeuré Invisible.  

III-LE MIRACLE DES MIRACLES DE LA SURVIVANCE ATONIENNE CHEZ EKANG : EYO’O.

1-Aton réfère au feu solaire, à l’incandescence du Disque solaire, à l’énergie irradiée du Très Haut, unique en sa Hauteur. On observera l’isomorphisme frappant de la formation philologique du mot ékang d’origine solaire EYO’O par quoi les Ekang désignent le Très Haut de YO (en Haut, très Haut par sa position). Il réfère aussi à l’incandescence solaire, du terme adjectival et verbal AYÔNG (cela qui est chaud, incandescent, cela qui s’allume, qui s’illumine, brûler avec puissance). EYO’O est l’autre nom de ATON.

2-ATUM le Dieu antogène est ATON chez le Fara Akhenatona. Avec Ekang, l’on peut comprendre cette énigme : c’est que le verbe ATÔM réfère au vocabulaire astronomique et solaire et signifie Iriser, Resplendir en dégageant des rayons rougeâtres, rouges vifs, c’est aussi le fait de prendre les couleurs de l’Arc-en-ciel. Dans le Mvett on dit que Ntoutoume Mfoulou possède ce don d’irisation, lors grands combats, le grand Initié légataire du Mvett, Oyone Ada Ngone lui-même jouissait de ce don après son face-à-face avec EYO’O. Avant de combattre, il priait, puis tout irisait, la foudre tombait et il pouvait comme l’arc-en-ciel traverser les obstacles et les énigmes. Les Grands Invincibles d’Engong – les Ancêtres cosmiques du Clan Evine Ekang – eux-mêmes tiennent une chaîne nébuleuse qui irradie des rayons infra rouges et irise, laquelle est imparable… Lorsqu’ils interviennent dans les Combats Cyclopéens que les Mortels mènent contre leur descendance immortelle, c’est que le Prêtre Angoung Bere Otsé a prié, les a invoqués. Lors, ils propulsent la chaîne nébuleuse arroseuse de feu divin imparable…Celle que tiennent les Ancêtres cosmiques qui siègent dans l’Amenti d’Eyo’o.

3-AMON en égyptien ancien l’hypostase désignant le Netjeru inconnaissable, l’Inconnaissable, le « Caché » comme l’Est le Sans Forme, le Caché, les Maîtres de l’Univers du Mvett ékang des Ekang disent que personne ne le connaît, personne ne l’a jamais vu. Le verbe ékang AMÖN, désigne le fait de marcher sur la pointe des pieds en se cachant, en se faisant invisible, et de se déplacer en se cachant, en étant invisible. C’est ainsi qu’Ekang s’est déplacé dans l’Amara/Amata (L’Exode) qui l’a conduit de Kamèt en Afrique Centrale. Courir, marcher en se cachant, en étant invisible, là est le secret des Enfants d’Afiri Kara durant les longues Migrations Nord-Sud… AMON est le caché… Lorsque au cœur de cette Amata, Ekang allait faire la rencontre avec EYO’O lui-même, et que la harpe Mvett va lui être donnée lors du Coma d’Oyono Ada Ngone pour transcender les contingences de la pénétration de la Forêt équatoriale…

4-Le principal verbe faraonique qui signifie adorer est celui de SM (Sume, seme), que l’ékang a conservé en l’état : SEME (SM), adorer, vénérer (Le Miséricordieux).

5-SOUÂB (Sw’b), se dit chez Kémèt nettoyer, purifier. La langue ékang a conservé en l’état ce mot SWÂB? SWÂBA (savon, nettoyer, purifier). D’où aussi le prêtre purificateur OUAB(W3b) et l’ékang, de dire textuellement OUAB pour nettoyer, laver, purifier, purger avant l’initiation… prêtre purificateur. De là enfin le nom de celui qui est purifié, celui qui brille, le véritable, l’authentique qui désigne aussi tous les Ekang, en tant qu’il s’agit du nom du premier fils d’AFIRI KARA : FANG.

6-Du verbe faraonique FA : briller, s’élever (dans le Ciel) comme l’Aton. L’ékang dit aussiFA : briller, resplendir dans le Ciel (très exactement au sujet de l’Aton). FA : cela qui resplendit, MFANGA : le Bijou qui resplendi de sa splendeur. Le Mot MFANG nomme l’Absolu qui illumine, l’Authentique feu. MFEFE : cela qui est neuf et qui brille, cela qui est parfait, la nouveauté qui re-naît, la RENAISSANCE ! D’où le terme NEFER kamite = cela qui est parfait, Celui qui est parfait… et à quoi aspire le FARA, guide spirituel et politique, Per AA, Pharaon (le mot FARA se dit dans les deux langues. 

7-Le verbe faraonique AMMIN qui signifie absorber, avaler et qui explique la formation du Netjer psycopopmpe de la pesée des âmes AMMIT. Son rôle dans la psychostasie, une fois que la pesée s’avère négative, est théoriquement d' »avaler » le défunt ou de le conduire dans la Région des Inconsolés. L’ékang dit très exactement AMMIN pour absorber, avaler.

8-Le concept crucial de ANKH ( qui dit la vie en son recommencement  été aussi conservé par Ekang qui dit ANINGH pour vivre. 

9-Le concept faraonique SIKHEM qui dit la puissance de réalisance est demeuré intact en ékang : SIKUMU, SIKHEM. 

10-Le Fameux fleuve divin qui porte plusieurs noms et se dit formellement YOM chez Kemit, ékang dit YOM pour le Nil.  

11-HAKANG signifie dit en Medu-Netjer prier, acclamer, honorer, vénérer. Ce même motHAKANG, dont la graphie est attestée et conservée « in extenso » par Ekang, signifie louer, honorer, vénérer Dieu. C’est le geste le plus élevé de ces peuples kamites, attirés par l’Atonsource lumineuse qui vitalise le Cosmos. 

12-WT (Out), dans les langues parlant le MEDU-KAM, et notamment en ékang, signifie couvrie, bander, embaumer. Le concept de UHEM MESUT (la Re-naissance) enseigne à hâter la méditation sur ce que nous sommes devenus, pour couvrir notre ossature et retrouver le continuum consonantique de Medu Netjer et de Medu-Kam. 

 

POUR NE PAS CONCLURE : 

1-Dans mon Dictionnaire Kémit-ékang, j’ai dénombré près de 1500 mots faraoniques qui aient été conservé par la langue ékang (et les 50 parlers qui en ). Ce que démontre cette occurrence FRAPPANTE, c’est la théorie que je dénomme du continuum consonantique des Mots, qui témoigne du continuum historique des pays de KAMA ou encore de SI KAM (noms philologiques, historiques et archéologiques, noms authentiques et anciens du continent africain).

Diop a parlé du rapport d’intelligibilité génétique et réciproque entre le Medu Netjer et les langues négro-africaines, Obenga en a dégagé le négro-égyptien, Pfuma lit la vitalité de ce trait d’union à travers leur conception fractale et chaotique du monde qu’il nomme le Khépérien, Bilolo en a déduit que le nom antique de Kamita est le Ci-kam. Quant au Shemsu Maât Biyogo, ce continuum historique, philologique, philosophique, téhologique et institutionnel entre KEMET et les pays de KAMA a donné lieu à la théorie de la coappartenance du Medu Netjer et du Medu-kam, ces langues qui contiennent les paroles initiatiques sacrées du continent SI-KAM, le continent initiatique, le continent noir. 

2-Le Shemsu Maât tient la Torche solaire (TQA) et se met maintenant à prier (DOUA, dw3) maintenant pour que les Rayons (MAWTOU) d’EYO’O descendent sur Terre, sur son peuple et sur tous les peuples, tout l’Univers… Il sait que la prière profonde est dans la langue de chaque peuple qui prie le Très Haut…

Il sait que rien de Grand et d’Eternel n’a jamais pu se construire et, reconstruire un peuple, une Histoire, sans être connecté au divin Trône (ASE).

La Renaissance en tant que Terre d’Eternité (TA NT NHH) va d’abord s’écrire (HAB) par la Prière du Très Haut. Celui que cherchent tous ceux qui ont vu le soleil, les NKOMANE (les Initiés). Celui que cherche, chante et prie la Harpe Mvett. Le Mvett cherche la sagesse d’Eyo’o. Les Mvettologue recherchent la sapience ( science et sagesse) d’Eyo’o. La Harpe cherche celui qui a tout engendré, tout créé – ce verbe se dit  en ékang comme en langue faraonique). Et dont seuls les Enfants du Soleil contemplent la splendeur bleutée. Seuls les Intiés contemplent le Soleil Noir qui illuminent l’UNIVERS.

3-Il sait que le Medu Netjer désigne la Parole divine pictographique, la langage divin, et qu’il est donc question de perfection, de véridiction, de SAA (sagesse) de la Mesure et de la justice. De profondeur. Et donc de Sébayita.

4-Cheikh Anta Diop a amené la physique et la linguistique au fondement de l’analyse, Obenga l’histoire et la linguistique, le Shemsu Maât amène la philosophie et la philologie historique et comparée (ELARBIKANG, ELARMEDZO, ELARMEYILIla science contemporaine de la Renaissance des définitions et des significations nouvelles du Monde.

Cette science ajoute aux deux Commandements de Wsjrê, du Mesiah un troisième Commandement (HOU) : Prier le Père (PATH chez Kémit, TAH chez Ekang) pour voir ressusciter les vivants de Si-KAM encore en SOMNOLENCE.

5-Réveille mon peuple qui est plongé dans le Sommeil (QDD), Sors-le de sa longue Nuit (DAW) et crée en lui l’Eveil des Suivants du Miséricordieux. Que ses lèvres psalmodient sans cesse des prières, qu’ils se remettent à LOUER (AWAU) pour qu’éclose l’Âge d’Or (REK NEBOU) de la Renaissance (UHEM MESUT).Ce qui est (NTJ) passe par ce qui n’est pas encore (JWTT) et qui vient du Très Haut…

Et nous parlerons la langue initiatique des étone qu’Eyo’o a parlée dans l’Amata, et nous tiendrons à nouveau le sceptre, la canne de sagesse que l’Atona a donnée au Fara Akhenatona. Et nous dessinerons nos paroles, avec des pictogrammes. Et nous redeviendrons des lettres (les Ekang se désignent comme des lettres gravées, comme des pictogrammes (ékang) = Car ces  paroles sacrées constituent le Maître-mot de notre Destin. L’ETUDE approfondie DE NOS LANGUES, de nos institutions, de nos sciences et de nos lettres sacrées seule permettra que KAMA redisent le sens des choses galvaudé par le Temps et redonnera au Monde la Renaissance qu’il espère DE TOUTES SES FORCES. 

 

Par Le Shemsu Maât Grégoire Biyogo

Institut Cheikh Anta Diop, Université panafricaine Uhem Mesut, texte n° 125.

VOYAGE INITIATIQUE

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