Englishblogger Englishblogger españolblogger Italianoblogger deutschblogger العربيةblogger
Published On: ven, jan 9th, 2015

LE ROYAUME DU BENIN

LE ROYAUME DU BENIN 5.00/5 (100.00%) 2 votes

benin_royaume

Sur le pourtour du golfe de Guinée, la forêt a empêché la formation de grands empires. Mais à partir du XVIe siècle, l’établissement de comptoirs commerciaux européens sur les côtes a favorisé l’essor de cités marchandes grâce à leur artisanat, et même, pour certaines, grâce à l’esclavage.

Le travail des métaux

Avec plus de 130 habitants au km2, le sud du Nigeria est une des régions les plus peuplée d’Afrique. La culture organisée de l’igname depuis 6500 ans semble avoir favorisé cette forte densité de population.
C’est dans le petit village de Nol, sur le plateau central, qu’on a trouvé de superbes têtes de terre cuite datant de 500 ans avant notre ère ainsi que des vestiges du travail du fer.
Ces connaissances en métallurgie ne cessèrent de s’améliorer pour aboutir à la confection de masques en bronze ou en laiton, véritables oeuvres d’art.

La cité d’Ifé

La ville d’Ifé, au sud-ouest du Nigeria, aurait été fondé il y a plus de 1000 ans, par les Yoroubas, venus du lac Tchad sous la conduite du roi Odoudoua. Après la fondation d’Ifé, ses fils seraient partis chacun de son côté pour créer les cités de Bénin, Oyo et Owo.
Il y eut souvent des conflits entre ces cités, mais toutes reconnaissaient Ifé comme leur centre religieux et culturel. Ifé était placée sous l’autorité de l’ « oni », un roi-prêtre qui présidait aux rituels de la fêtes des ignames.

Les cités de Bénin et Oyo

Bénin, au sud-est d’Ifé, entre dans l’histoire au Xe siècle.
Ses « obas » (rois) en font un Etat centralisé qui bénéficie de l’affaiblissement d’Ifé et de l’arrivée des Portugais à la fin du XVe siècle.
L’oba s’entoure de nombreux artisans qui exécutent des commandes faites pour l’aristocratie portugaise. En contrepartie, les Portugais aident l’oba à régler ses conflits avec les voisins.
Sous l’influence portugaise, le Bénin se lance dans la culture du palmier à huile et dans la traite des esclaves.

A Oyo, l’ « afalin » (roi) ou « compagnons des dieux » était secondé par son fils aîné dans la conduite des affaires de l’Etat. Pour éviter que celui-ci ne tente un coup d’Etat après la mort de son père, sept « oyomesis », des dignitaires chargés de faire respecter la tradition, veillaient à ce qu’il suive son père dans la tombe.
Les oyomesis finirent par prendre goût au pouvoir mais les luttes internes et les incursions du Dahomey voisin sonnèrent le glas d’Oyo qui sombra dans le désordre.

Le royaume du Dahomey

Des émigrants d’Oyo seraient à l’origine du royaume du Dahomey, au sud de l’actuel Etat du Bénin.
Sa capitale, Abomey, dont le nom signifie « enceinte fortifiée », a été édifiée au milieu du XVIIe siècle pour servir de place forte.
L’Etat était très structuré et le palais soumis à une étiquette rigoureuse.
Le roi ne s’adressait jamais au peuple à voix haute. Il communiquait avec lui par l’intermédiaire du « mêhou », époux de sa seconde fille, qui devait avoir la même apparence physique que lui.

COMMENTEZ L'ARTICLE SVP

About the Author

Afrikhepri

- AFRIKHEPRI est une plateforme d'échanges et de partages gratuite: Connectez-vous au site pour avoir des points, écrivez, commentez partagez des articles, postez des ebooks, des vidéos, des emplois. Devenez partenaire et acteur de la renaissance africaine en vous inscrivant.

Leave a comment

You must be Logged in to post comment.

Translate !

ÉVÉNEMENTS

créer votre publicité ici

Gagnez 20pts/connexion

  • AFRIKHEPRI est une plateforme d'échanges et de partages gratuite: Connectez-vous au site pour avoir des points, écrivez, commentez partagez des articles, postez des ebooks, des vidéos, des emplois.Devenez partenaire et acteur de la renaissance africaine en vous inscrivant au site.

Utilisateurs récompensés

  • Ahmes (12760points)
  • menej (9980points)
  • matthieu-grobli-3 (7220points)
  • Osoro FaroHeru Imeni TuLendo (5965points)
  • Samantha.B (5635points)
  • fagoraemeraude (4895points)
  • MUMS-GUINAYELLE (1060points)
  • dooma (1040points)
  • taharkahotep (1025points)
  • Myrtille Tetahei Bodin (980points)
  • Adeka (920points)
  • hofbollou (880points)
  • rednoz76 (700points)
  • Je Suis Beni (700points)
  • MOZEBO DIKU (680points)

Nous suivre !

Cliquez sur « j’aime »

Bourse

Résumé technique Widget Propulsé par Investing.com

Nos visiteurs

Archives des articles

Le top des articles

Votre météo

Stats

  • Utilisateur en ligne: 11
  • Visite aujourd'hui: 23334
  • Total des messages: 916
  • Nombre total d'utilisateurs: 1547
Scroll to TopSearchCustom LinkMain MenuGo to Home
LA REINE POKOU 5.00/5 (100.00%) 4 votes

Reine pokou031Abla Pokou est la nièce de l’empereur Ossei Tutu de la confédération Ashanti du Ghana. L’empereur Tutu, grand bâtisseur, imprima un remarquable essor à l’empire et fit de la riche région de Koumassi une capitale dont on racontait que les rues étaient pavées de lingots d’or. Après sa mort vers 1720, son neveu utérin, Opokou Ware, frère aîné de
Pokou, maintint tant bien que mal la cohésion du pays. Mais trente ans plus tard, en 1749, la disparition de ce dernier provoqua une querelle de succession entre son jeune frère, héritier désigné, et un de ses oncles, qui mit le pays à feu et à sang.

Lorsque le prince Dakon fut assassiné, Pokou, atterrée par la lutte fratricide qui déchirait Koumassi, comprit aussitôt quel sort attendait le clan de son malheureux frère. Les maisons incendiées, les champs saccagés, les troupeaux dérobés, les biens pillés, lui indiquèrent qu’il ne restait plus que l’exil pour éviter une tragédie. Elle avait déjà vu trop de carnages dans ce royaume tourmenté ! Rivalités, insurrections, vengeances, châtiments, exode : des familles entières payaient impitoyablement de leur vie l’ambition d’un fils ou la déchéance d’un père.

Réunissant en secret les chefs de familles nobles et vassales les plus dévouées à son clan, elle leur fit part de son plan. Ils acceptèrent de se ranger sous son autorité. Dès que l’ombre de la nuit s’étendit sur la ville, ils quittèrent discrètement leurs quartiers pour une plantation éloignée et la colonne qui comptait une bonne centaine d’hommes, de femmes et d’enfants ainsi que des serviteurs et une escouade de fidèles soldats, s’ébranla en direction du Nord-ouest, sous la conduite de la princesse.

Ployant sous des ballots de vivres et de trésors ancestraux, les fugitifs entamèrent une longue marche vers l’inconnu. Hébétés par des nuits sans sommeil, ils avançaient à perdre haleine dans la brousse, pétrissant de leurs pieds nus un humus épais et répugnant qui leur emprisonnait les chevilles. Á peine se reposaient–ils dans un campement de fortune pour traquer quelque gibier. A peine prenaient-ils le temps d’enterrer leurs morts – des vieillards terrassés par l’épuisement, des enfants déchiquetés par les fauves rodant dans leur sillage, de courageux marcheurs fauchés par des fièvres délirantes. Ils devaient repartir, talonnés par les troupes que le nouveau roi de Koumassi avait lancées à leurs trousses. En tête de cortège, Pokou haranguait les siens, les exhortant à lutter contre la peur et le découragement.

Ils arrivèrent enfin devant un fleuve mugissant qui les glaça d’effroi. La Comoé formait une barrière naturelle entre le berceau de leurs ancêtres Ashanti et une nouvelle terre : la Côte d’Ivoire qui s’offrait comme une promesse de liberté. Mais le fleuve, gonflé par les récentes pluies de l’hivernage, était impraticable. Sous la violence des courants, les pirogues de pêcheurs amarrés à des troncs se brisaient comme des fétus de paille. Des cases avaient même été aspirées par les flots bouillonnants, semant la désolation dans les villages alentours. Toute traversée à gué était impossible. Or l’ennemi approchait, annoncé par les tam-tams parleurs.

Sur la berge, des caïmans se reposaient, gueules ouvertes au soleil. Au bord de l’eau s’ébattait bruyamment un groupe d’hippopotames soufflant de volumineux jets d’eau. Dominant par à-coups les bruits de la forêt, les cris perçants des charognards, en faction sur la cime des arbres, pénétraient les marcheurs jusqu’à la moelle des os. Pokou s’avança au bord du fleuve en furie qui charriait d’immenses troncs d’arbres dans un bruit d’enfer et, se tournant vers son devin, gardien des traditions sacrées, lui ordonna de consulter les oracles. « Dis-nous ce que demande le génie du fleuve pour nous laisser passer. Veut-il des noix de cola ? Un sacrifice de cent poulets ? De Trente bœufs ? »

Le vieil homme hocha la tête, s’accroupit devant le précieux canari de terre cuite où reposaient les mânes des ancêtres et ferma les yeux en signe de recueillement. Un silence total troublé par les sinistres échos de la nature avait saisi les rangs compacts qui faisaient corps autour de la princesse, comme pour lui exprimer qu’elle représentait leur ultime rempart. L’angoisse leur tenaillait les tripes. Chaque minute les rapprochait des fusils et des lances empoisonnées de leurs poursuivants. Personne n’osait prononcer un mot. Gare à celui qui oserait troubler le dialogue secret engagé entre l’homme de foi et les forces occultes !

La voix du sorcier s’éleva enfin, empreinte d’une gravité inhabituelle. « Reine, le génie de ce fleuve est irrité. Il ne s’apaisera que lorsque nous lui aurons donné en offrande ce que nous avons de plus cher». Ainsi avait-il interprété la réponse des ancêtres. Les femmes dénouèrent aussitôt les pagnes contenant les parures d’or et d’ivoire des fameux bijoutiers ashantis. Les hommes déverrouillèrent les coffres de bois sculpté qui recelaient des trésors inaliénables. Mais le sorcier secoua la tête avec dénégation et repoussa ces offrandes du pied. « Non ! Ce que nous avons de plus cher», clama-t-il, ce sont nos fils ! »Les mères frémirent.

Pourtant les femmes ashantis savaient qu’en certaines circonstances les dieux pouvaient exiger la mort d’un enfant. De l’éducation et des valeurs transmises par leurs mères et leurs grands-mères, elles avaient toutes appris qu’il n’était permis ni de se révolter ni de pleurer l’enfant sacrificiel, sous peine de voir la colère des dieux s’abattre sur la tribu entière. Lorsque les esprits des ancêtres parlaient par la bouche du sorcier, quel recours restait-il aux mortels ?

Pokou monta sur un rocher qui faisait promontoire et cria : « Peuple de Koumassi, qui d’entre vous donnera un fils pour le salut de tous ? ». Les visages restèrent figés, les bouches muettes, chacun étreignant ses enfants de ses bras, les mères dissimulant hâtivement leurs bambins sous deux épaisseurs de pagnes Kita. La princesse promena lentement son regard sur les malheureux qui l’entouraient, comme pour provoquer un sursaut parmi ces fiers chefs de clans, ces géniteurs de longues lignées de fils, qui lui avaient confié leur sort. Elle implorait des yeux, allant de l’un à l’autre, espérant qu’un chef de famille se dévouerait pour donner ne serait-ce que le plus chétif de ses enfant, un de ceux qui ne tiendraient sans doute pas jusqu’au bout de leur hasardeux voyage. Pourtant pas un volontaire ne se désigna dans la foule pétrifiée.

Alors elle avança au bord du fleuve et détacha l’enfant que portait au dos la jeune servante qui l’accompagnait. « Kouakou, mon unique enfant ! J’ai compris qu’il faut que je donne mon fils pour la survie de cette tribu. C’est à cause de ma famille qu’ils ont été obligés de fuir. Une reine n’est-elle jamais que reine et non femme ni mère ! »

Son esprit s’attarda un instant sur ces longues années d’accablement durant lesquelles son ventre était resté vide ; ces compagnons dont il avait fallu se séparer parce que leur semence ne l’avait pas rendue fertile ; les humiliations ressenties quand s’élevaient à son approche des murmures réprobateurs évoquant la probable malédiction liée à sa stérilité. Petite-nièce favorite du plus célèbre des rois ashantis, c’est de son sang que devait naître, selon la tradition, l’hériter du trône. Mais hélas, l’honneur d’enfanter un futur roi ne lui avait pas été accordé. Au fil des ans, son cœur s’était desséché sous le poids de l’amertume, au point que ses anciennes compagnes n’osaient même plus venir lui présenter leurs nourrissons.

Et, c’est dans la quarantaine, au moment où les femmes de sa génération devenaient grands-mères, que le miracle s’était accompli. Sa dernière union avait enfin porté un fruit. Celui de Assoué Tano, le jeune guerrier venu la délivrer des griffes du roi du Sefwi voisin qui l’avait prise en otage après une attaque sur Koumassi. Cet enfant tendrement chéri accueilli en don du ciel, c’était comme une sève vivifiante pour son corps vieillissant. Il fut aussi son seul réconfort lorsque, victime de cette tragique guerre de succession qui devait la jeter sur les routes de l’exil, son époux paya de sa vie son inopportune alliance avec la royauté en disgrâce. Et maintenant que lui restait-il ? Ces gens qui attendaient tout d’elle ? Pitié ! Ce petit être gazouillant n’avait pas trois ans. Pitié ! Une imploration intérieure que personne n’entendit. Pas plus qu’on ne vit sur son visage l’expression d’indicible douleur qui lui fracassait le cœur… N’ont-ils donc aucune compassion, pour exiger d’une malheureuse veuve qu’elle sacrifie son unique enfant ?

Repoussant doucement la jeune servante en pleurs qui s’accrochait à l’enfant, la princesse éleva son fils au-dessus d’elle comme pour le contempler une dernière fois.

Elle le fit glisser contre sa poitrine qui n’était pas encore tarie, le couvrit des quelques bijoux étalés ça et là, caressa de ses doigts les plis du petit cou potelé, glissa tendrement sa main sur les bras et les petites jambes vigoureuses puis, détournant brusquement la tête, elle le posa brutalement entre les bras du sorcier qui, par respect, n’avait pas osé interrompre ce poignant moment d’amour.
Elle ne se retourna pas davantage lorsque ce dernier, après de rapides libations sur le corps de l’enfant et quelques prières à la gloire des ancêtres, monta sur le promontoire et précipita le bébé dans les flots, sous une immense clameur de contrition.

Les bruits de la forêt se firent soudain moins inquiétants. Comme par enchantement, les eaux de la Comoé s’apaisèrent et quelques instants plus tard la colonne de l’exode put passer ! Par quel miracle ? On ne sait trop. Selon certaines traditions orales, un immense fromager situé sur la rive opposée du fleuve avait courbé son tronc entre les deux berges pour offrir un pont aux gens de Pokou. Lorsque le dernier des exilés eut enfin gagné l’autre rive, on dit que le fromager se redressa d’un coup et que le fleuve reprit son bouillonnement furieux, stoppant la course des poursuivants ébahis.

Désignant leur nouvelle terre, les dignitaires demandèrent à Pokou de baptiser son nouveau royaume. Et celle-ci ne put que murmurer dans un sanglot : « Ba ou li », c’est-à-dire : « L’enfant est mort. » En hommage à son geste héroïque, les chefs de clans convinrent alors de rebaptiser leur ethnie du nom de Baoulé.

Source: https://www.facebook.com/pages/African-history-Histoire-africaine/159545840812719

Source : Reines et Héroïnes d’Afrique, Sylvia Serbin

[amazon asin=2842800826&text=Acheter Reines et Héroïnes d’Afrique]

COMMENTEZ L'ARTICLE SVP
Notez ce texte
COMMENTEZ L'ARTICLE SVP
J’Y CROIS… ET TOI? 5.00/5 (100.00%) 1 vote

483376_124979674310782_634876240_nPlus d’images de nous vivant d’aides humanitaires
Nous entretuant pour des matières premières
Pour l’intérêt de Babylone ou juste une question de terre
Bafouant l’identité de l’Afrique notre mère
Faisant croire au monde, qu’en Afrique il n’y a que misère
Qu’il n’y a eu aucune civilisation, que pauvreté et guerres
Certains de ses enfants dorment encore certes
Mais les plus éveillés sont là pour les aider à prendre de la graine
Pour faire plus honneur à nos ancêtres
Et enfin opter pour une union et une révolution panafricaine
C’est pour bientôt mes sœurs, mes frères
Cette Afrique Unie et Prospère !
Nous savons tous, ce que nous avons à faire
Agir, croire et suivre les traces de nos héros, nos pères
Nous aurons tous enfin ce que nous méritons : le respect
La totale souveraineté, le bien-être, la liberté, la paix
Bientôt la famine sera éradiquée de notre continent
Comme les larbins et pions de certains gouvernements
Nous avons tout le potentiel d’être culminant
D’être en phase finale de notre développement
Ce ne sera plus un luxe d’être en bonne santé
D’aller dans de bons hôpitaux, de bonnes écoles, trouver de l’emploi
Plus d’ennuis d’eau potable et d’électricité
Respectons le plan, nous connaissons déjà le mode d’emploi
L’enfant africain recevra enfin l’éducation appropriée et méritée
Il apprendra ses royaumes, sa culture, ses héros pour alimenter sa fierté
Il lira Aimé Césaire, Mongo Beti, Cheikh Anta Diop, Chinua Achebe
Et comprendra ce qu’il a à faire et sera impossible à duper
Pour résoudre un problème, il faut l’imaginer déjà résolu
Combien ça serait beau que nous agissions et ne nous lamentions plus
Nous nous croyons impuissants mais pourtant nous sommes si forts
Observez notre quotidien, vous verrez que je n’ai pas tort
Je vous le dis, ce beau lendemain, moi j’y crois
A bas le pessimisme insupportable et commentaires sournois
Notre développement ne se conjugue qu’à trois
L’unité, l’action et la foi
Nous sommes des reines et des rois
Il n’y aura plus personne pour nous dicter des lois
Nous ne le savons pas mais c’est nous qui sommes au pouvoir
Nous pouvons tout arrêter et commencer en un clin d’œil, il faut juste le vouloir
Tu trouves que c’est une utopie ?
Tu as perdu confiance en toi, je comprends pourquoi, c’est triste
Fais de la conscientisation ton hobby
Fais ce que tu peux avec ce que tu as, apporte ta pierre à l’édifice
L’Afrique comme une Patrie, faisons preuve de patriotisme
La Patrie ou la mort, nous vaincrons disait le grand Sankara à Addis
Il faut développer un éternel amour pour notre peuple
Le peuple d’abord puis nous individuellement comme disait Carmichael
Rien n’est plus fort qu’un peuple déterminé
Personne ne peut prendre soin de nous mieux que nous-mêmes
Le néo-colonialisme et aliénés corrompus vont s’obstiner
Devant le peuple qui prouve à son Afrika qu’il l’aime
La fin de nos pleurs et soucis est proche
Elle frappe, nous devons juste ouvrir la porte
Le peuple africain décidera radicalement de se prendre en charge
L’histoire se souviendra toujours de ce passage
Je délire ? Je suis sur un petit nuage ?
Mes frères et sœurs n’y croient pas, comme c’est dommage !
Est-ce divaguer de dire que chaque africain est puissant ?
Qu’il peut changer les choses en un rien de temps quand bon lui semble
La foi donne la patience et ces dernières mènent à l’action
Si tu ne crois pas en l’Afrique, crois au moins en toi
Même les yeux fermés, je vois la renaissance et la révolution
Je connais mon Afrique, donc j’y crois, et toi ?

COMMENTEZ L'ARTICLE SVP
LES ÂMES DU PEUPLE NOIR 4.33/5 (86.67%) 6 votes

William Edward Burghardt Du Bois ; « W. E. B. » Du Bois  (1868-1963), l’une des plus grandes figures de l’histoire noire américaine, a été le premier Noir à obtenir un doctorat à Harvard. II est à l’origine des premières recherches sociologiques et historiques sur la communauté afro-américaine. Activiste politique, il fonde en 1905 le mouvement Niagara, puis est cofondateur de la National Association for the Advancement of Coloured People en 1910. Écrivain et essayiste, il a publié une autobiographie et des romans ; on peut considérer Les Âmes de peuple noir comme son chef-d’œuvre.

Noir et fier de l’être

Alors qu’il pouvait se présenter autrement, compte tenu de la dure épreuve du racisme institutionnel qui détruisait alors la vie de tant de Noirs, ce jeune homme au teint clair, diplômé d’Harvard où il a effectué ses études d’Histoire et de Philosophie, se veut Noir et « fier de l’être ». Mieux, il veut briser dans les actes la conspiration silencieuse qui entoure la question noire aux Etats-Unis. Il veut « simplement qu’il soit possible à un homme d’être à la fois un Noir et un Américain, sans être maudit par ses semblables, sans qu’ils lui crachent dessus, sans que les portes de l’Opportunité se ferment sur lui » (Du Bois, 1903). Il va alors consacrer toute sa vie pour l’émancipation des Noirs aux Etats-Unis et dans le reste du monde. « Je suis nègre, et je me glorifie de ce nom; je suis fier du sang noir qui coule dans mes veines »

La double conscience

C’est avec les concepts du « voile de couleur » et de la « double conscience » que Du Bois théorise la question de la conscience noire.« Le Noir, dit-il, est né avec un voile et doué de double vue dans ce monde américain — un monde qui ne lui concède aucune vraie conscience de soi, mais qui, au contraire, ne le laisse s’appréhender qu’à travers la révélation de l’autre monde. C’est une sensation bizarre, cette conscience dédoublée, ce sentiment de constamment se regarder par les yeux d’un autre, de mesurer son âme à l’aune d’un monde qui vous considère comme un spectacle, avec un amusement teinté de pitié méprisante » (Du Bois, 1903).

Dans ce recueil d’essais publié en 1903, Du Bois évoque avec une puissance inégalée l’étendue du racisme américain et donne à voir au monde la réalité de l’expérience quotidienne afro-américaine dans l’Amérique de la ségrégation. Cette nouvelle traduction montre, inscrits dans la langue, tous les enjeux philosophiques d’un texte qui se veut également littéraire. L’écriture élégante et passionnée de Du Bois tisse les souvenirs autobiographiques et les paraboles épiques avec les analyses historiques et sociologiques, construisant ainsi l’unité culturelle et politique du peuple noir à partir de la multiplicité de ses âmes individuelles. Les Ames du peuple noir a inspiré l’essentiel de la conscience collective noire et des mouvements en faveur des droits civiques dans les années 1960, et continue d’avoir un retentissement considérable au sein de la communauté afro-américaine et au-dehors.

[amazon asin=2707151068&text=Acheter Les âmes du peuple noir de W.E.B Du Bois]

 

COMMENTEZ L'ARTICLE SVP
Notez ce texte
COMMENTEZ L'ARTICLE SVP
Notez ce texte
COMMENTEZ L'ARTICLE SVP
ALCHIMIE POÉTIQUE 5.00/5 (100.00%) 1 vote

Sortie du silence disgracieux de l’oubli, ma plume chevaleresque se reprend à vibrer, en ce nouvel envol en pays de mots et de symboles. Sans rature ni faux-semblant, je désire formuler ce transport si vif et si naturel qui m’anime sous tous les contours de sa nudité, sans aucune allusion superfétatoire.

 

  Cet exercice littéraire, plein de noblesse et de grâce, placé sous le double signe de la reconnaissance et de la renaissance me tenait à cœur, car il retrace brièvement un parcours et précise les influences multiples qui sont les siennes, attestant par là même, s’il en était encore besoin, cette vérité antique: Ex nihilo nihil [1].

 

  A qui dois-je cet élan nouveau qu’on reconnaît à mon écriture depuis peu, à la suite de mon «J’Accuse…!» révélateur, et cette prodigieuse renaissance poétique inespérée qui se fait ici jour, si ce n’est à Josette Neisius, cette muse personnifiée. Sous ses bonnes grâces, j’ai réalisé que la perfection littéraire est moins à rechercher en son propre sein – en la maîtrise de sa dimension technique – mais bien plus dans le silence de la méditation, le rapport à son moi fondamental, suscitant ainsi la mélodie unique et inimitable que l’Âme susurre à l’âme. En effet, c’est le cas de le dire sans prétention aucune: «je est un autre»[2].

 

  Par ailleurs, l’expression de cette gratitude prend tout son sens, d’autant plus que cette poétesse, ici à l’honneur – à travers un chapelet nouveau de ses derniers plus beaux vers – est le vecteur de ce regain d’intérêt renouvelé pour la poésie: Amour de mes amours d’adolescent, que je délaissais peu après au profit de dame philosophie. Et pourtant l’équation du choix n’était point de mise: Logos et Poésie se peuvent supporter mutuellement… étant tous deux les modes d’être d’un seul et unique esprit-viril.

 

  Voici qu’en cette heure propice, je reçois de ses mains d’amazone, le flambeau de la Poésie originelle qui se veut avant tout Liberté, car seul un esprit libre est à même de création, d’authenticité! Muni de cette flamme sacrée, il va s’en dire que tout écrivain véritable plane au dessus de la littérature mécanique et de ses propres perspectives: «Maintenant je suis léger, maintenant je vole, maintenant je me vois au-dessous de moi, maintenant un dieu danse en moi »[3].

 

                                                                               Albert Aoussine

 

 

1 – Ex nihilo nihil, « rien ne naît de rien ». 

 

2 – Quand Rimbaud, dans une lettre à Paul Demeny du 15 mai 1871 s’exclame «je est un autre» il professe une conception originale de la création artistique: le poète ne maîtrise pas ce qui s’exprime en lui, pas plus que le musicien, l’œuvre s’engendre en profondeur… Rimbaud poursuit: «J’assiste à l’éclosion de ma pensée: je la regarde, je l’écoute…»

 

3 – Friedrich Nietzsche, Ainsi parlait Zarathoustra: LIRE ET ÉCRIRE.

 

     Avant-propos N°2 

 

    Nullement habituée à ce style d’écriture, je laisserai la part belle aux émois, à relater naturellement ma rencontre avec Albert Aoussine, impossibilité d’égaler les qualités de rédaction préfacière uniques de ce personnage.

 

  Un univers nous séparait, y compris géographique, distances qu’internet abolit aisément.

 

  Très vite m’est apparu un personnage intéressant, curieux, ouvert à tout élément permettant l’évolution intellectuelle ainsi que l’accomplissement, la réalisation de soi.

 

  Un échange de « bons procédés » crée d’emblée une complémentarité évoluant en un sentiment sincère, des émotions vraies, souvent incompréhensibles pour autrui. Mais qu’importait puisque nous étions emportés dans un univers de créativité littéraire.

 

  De ma passion poétique d’un jadis… ne demeuraient que de rares textes relégués, passé oublié. Mais c’était sans compter sur l’opiniâtreté, la ténacité d’Albert qui, de par ses encouragements, ses mots beaux, m’amenait à reprendre la plume et à donner libre cours à l’émotion, au ressenti. De sa foi naît «Aurore Poétique ».

 

  Son potentiel déjà évident lors de notre rencontre, au fur et à mesure de ses avancées, éclata littéralement, ouverture certaine à la vie, affinant considérablement son regard en une objectivité vibrante. Observatrice dans l’ombre, m’apparaissait un soleil d’écriture, regardant évoluer, s’épanouir Albert. Ses écrits se révélaient enfin dans ce qui m’était apparu au fil de nos conversations, confirmant les valeurs réelles de cet écrivain, car incontestablement Albert Aoussine est un grand écrivain ce que confirmeront plus encore ses livres prochains, déjà en cours d’élaboration.

 

  L’être nouveau apparu, surprenant ses amis de longue date, évolue sereinement, conscient de son cheminement, laborieux parfois, conscient surtout qu’aucune barrière dorénavant ne pourra entraver sa démarche assurée sur le chemin de la vie.  

 

                                                                                                               Josette Neisius

 

 

I- Poèmes de Josette Neisius

 

MON EXIL

 

En ces instants de silence

Soleil, vent, pluie

Rythment les langueurs.

 

Mon retrait à l’universelle folie,

Mon rejet à l’ignorance,

Guident plus encore la progression

A l’impalpable

A l’âme divine

Qu’est chaque homme.

 

La marche, mon avancée

En cette terre ignorée

Qu’abreuve chaque pas à pas,

M’éloigne de ténébreuses

Ombres qu’éblouit hélas,

Le nouvel éclat.

 

Aveugles aux couleurs vraies,

Sourds aux chants mélodieux

D’une nature,

D’elle vous n’en percevez

Qu’une complainte sinistre,

Un sanglot sempiternel,

Suppliques d’une mourante.

 

Terne vous semble mon existence,

Trop calme chaque éveil,

Eternelles et lassantes

Journées que n’agite nul aléa

Vous effraient, vous qu’animent seuls

 

Le rejet du bonheur,

La fureur de la haine,

La course effrénée aux inutiles vents.

 

Je chemine sans hâte

Sur l’étendue désertique, silencieuse

D’une contemplative méditation ,

Libre d’un passé ennemi

Vous menant au pire désespoir,

Vous égarant plus encore

Dans l’égrènement d’un temps.

Illusoire quête d’une éternité,

L’âme pourtant vous révèle

Sous le linceul blanc

De votre croyance.

 

Que s’écoule en rides profondes

Le rimmel de votre aveuglement,

Priez à genoux vos effigies,

Vos icônes figées en grimaces,

Martyrs demain vous serez.

 

Vous scandez la paix

Avides que vous êtes de combats.

 

Assoiffés de sang

Vous vous égarez encore

En courses perdues,

La pierre de l’ultime lapidation

N’atteignant que votre dérisoire ego!

 

Et criant à l’injustice

Dans le rôle sublime

De l’innocente victime,

Et qu’importe le bourreau

Heureux vous voilà,

Jouant le mélodrame

De votre misérable vie.

 

 

COMMENTEZ L'ARTICLE SVP
MERITA, LE VRAI NOM DE LA PATRIE 4.50/5 (90.00%) 8 votes

Merita ou Tamert est le nom traditionnel pour le continent connu aujourd’hui comme l’Afrique. Il est encore utilisé aujourd’hui par les sociétés traditionnelles à travers le continent. C’est un Medu traditionnel (hiéroglyphes) du mot qui une fois traduit signifie Meri – Aimé et Tah – Terrain (Notre terre bien-aimée).

Kemet était la civilisation mondiale qui a préservé la terre et de son peuple pour plus de 100.000 ans avant que les systèmes coloniaux modernes pris le pouvoir. Aujourd’hui Kemet est à tort comme le territoire de la vallée du Nil. Traditionnellement, la vallée du Nil était la capitale de la grande civilisation de Kemetic.

La civilisation Kemetic répandu dans le monde: le continent de Merita, les Amériques, l’Australie et les territoires de la Chine, de l’Inde et certaines parties de l’Europe ont tous été désigné comme Kemet en raison de leur allégeance à la civilisation originale.

Le  » THE EARTH CENTER » fait promouvoir et préserve la culture traditionnelle Kemetic et responsabilise l’humanité avec la connaissance de nos racines indigènes fédérateurs communs.

Il devient très nécessaire d’exclure le terme Afrique qui est actuellement affecté au continent (aussi connu comme le berceau de la civilisation).

Il est très clair dans l’examen de l’histoire du monde que les colonisateurs du monde en ont fait une priorité de dévaluer en aucune façon qu’ils peuvent le continent « africain ». Dans toutes les religions modernes les gens de couleur sont diabolisés. Dans le christianisme, ils sont censés être les descendants du fils maudit seulement d’Israël, Ham. Dans l’islam, on en parle comme des esclaves. Pour continuer la légitimation de la diabolisation et de génocide que le monde colonial dirigé sur l’Afrique et le peuple du monde de couleurs étendue des pères de ce système a donné le continent Merita le nom l’Afrique, qui est un (hiéroglyphes) mot Medu qui une fois traduit signifie Afri – brûler Ka âme (Terre des Âmes Ardentes). Dans notre libération de l’image de notre mère patrie, le berceau de la civilisation, il est important que nous nous éloignons de la période Afrique.

http://www.theearthcenter.com/index.php?title=home/merita

COMMENTEZ L'ARTICLE SVP
REINE D’AFRIQUE ET HÉROÏNE DE LA DIASPORA NOIRE 5.00/5 (100.00%) 1 vote

INTERVIEW DE SYLVIA SERBIN AUTEUR DU LIVRE REINE D’AFRIQUE ET HEROINE DE LA DIASPORA NOIRE

 

sylviaPOUVEZ-VOUS NOUS PARLER DE VOUS, QUI ETES VOUS ?

Je suis née à Saint Louis du SENEGAL il y a 56 ans, de parents antillais. J’ai grandi au Sénégal jusqu’à l’âge de 16 ans. Mon père était Inspecteur de l’Education Nationale et ma mère directrice d’école. Je n’ai pas vraiment vécu aux Antilles puisque nous n’allions en Martinique que lors de vacances scolaires. Ce qui nous prenait d’ailleurs un bon mois de traversée en mer, à l’époque, entre Dakar et Fort de France via Paris où nous nous arrêtions chaque année. Ma seule immersion un peu plus en profondeur dans les Antilles a été un séjour de trois ans en Guadeloupe où mes parents ont été nommés après le Sénégal. C’est là que j’ai passé mon baccalauréat avant de revenir en France effectuer mes études supérieures. Aujourd’hui je vis en région parisienne dans une petite commune près de Versailles, où je suis engagée dans la vie locale comme conseillère municipale.

QUEL EST VOTRE PARCOURS PROFESSIONNEL ?

Pour ce qui est de ma formation, j’ai mené un double cursus : des études d’histoire à l’Université de Paris 7 et un diplôme de journalisme et communication. Ensuite je suis entrée à l’ORTF (Office de radio et télévision français) à Paris, dans la rédaction internationale qui allait devenir quelques années plus tard RADIO France Internationale. J’ai été une des premières journalistes noires de la radio française. J’y suis restée 4 ans, de 1973 à 1977 et m’occupais essentiellement d’émissions culturelles. Mais l’Afrique me manquait. Alors je suis partie en Côte d’Ivoire où j’ai vécu 14 ans. Ce fut une des périodes les plus passionnantes de ma vie. En plus de mon activité de responsable de la communication institutionnelle de la compagnie nationale d’électricité, l’Energie Electrique de d’Ivoire, j’ai animé pendant quelques années une émission littéraire à succès à la télévision ivoirienne. A partir d’Abidjan, j’ai également eu la chance de voyager dans toute l’Afrique francophone, ainsi qu’au Ghana et au Kenya.

Puis j’ai dû revenir en France pour des raisons familiales et là, j’ai occupé diverses fonctions toujours dans le journalisme ou la communication : à l’Agence de la Francophonie dont j’ai eu en charge la communication, puis dans une structure de coopération internationale où j’ai été rédactrice en chef d’une revue spécialisée sur le développement des pays du Sud. Mais en dehors de mes occupations professionnelles, je m’intéressais aussi à des recherches historiques ou des collaborations d’écriture. Ainsi j’ai rédigé une contribution pour le volume 8 de l’Histoire générale de l’Afrique éditée par l’UNESCO. Maintenant, je me consacre surtout à l’écriture avec un retour vers l’histoire.

Depuis les années 75, en effet, j’avais entrepris des recherches sur des femmes noires qui ont marqué l’histoire de leur peuple. J’ai passé pas mal de temps à consulter des archives, mais aussi, lors de missions professionnelles ou de voyages d’agrément dans différents pays africains, à rencontrer des gens versés dans les traditions orales. J’étais en quête de personnages emblématiques féminins restés dans les mémoires collectives pour leur participation à des faits historiques. Et je notais religieusement tout ce que je découvrais, de plus en plus passionnée par cette remontée dans le passé.

C’est la première fois qu’un ouvrage s’intéresse aux femmes noires en tant qu’actrices historiques

VOUS ETES L’AUTEUR DU LIVRE REINE D’AFRIQUE ET HEROINES DE LA DIASPORA NOIRE, QU’EST-CE QUI VOUS A POUSSEE A ECRIRE CE LIVRE ? COMMENT VOUS EN EST VENUE L’IDEE?

J’ai toujours été frappée de l’absence des femmes noires dans la littérature historique, à l’exception des Afro-américaines qui ont su prendre en main la narration de leur histoire. L’histoire académique, d’influence occidentale, ne leur reconnaît aucun rôle alors qu’elle le fait pour des femmes d’autres sociétés humaines. De ce fait, les manuels scolaires n’évoquent jamais ces femmes noires qui ont pris part aux combats de leur société. Or de nombreuses traditions orales ont gardé trace de certaines d’entre elles. Ainsi, mon enfance au Sénégal a été bercée par les récits que nous faisaient les parents ou grands-parents de mes petits camarades ; des récits où il était question de royaumes, de grands chefs mais aussi de reines ou de valeureuses héroïnes.

Et puis un jour, alors que j’effectuais des recherches sur des archives militaires françaises du 19e siècle, je suis tombée par hasard sur le nom d’une reine qui, dans les années 1850, avait organisé la résistance de sa région contre les tentatives d’annexion de troupes françaises sur cette partie du Sénégal. Il s’agissait de Ndete YALLA dont je dresse le portrait dans mon livre. Elle a constitué une sorte de déclic car elle faisait partie de ces personnages retenus de mon enfance sénégalaise. Or à l’époque, les africanistes européens qui contrôlaient les études historiques n’accordaient aucun crédit aux sources orales dont on disait qu’elles ne véhiculaient que des mythes. Pour ces gens, seules les sources écrites (par eux évidemment) avaient un caractère scientifique puisque, selon eux, la notion d’histoire ne pouvait s’appliquer aux peuples de l’oralité qui ne possédaient pas l’écriture. Mais là, dans cette lettre d’un officier français à sa hiérarchie parisienne, était mentionné le nom de cette reine qui leur donnait du fil à retordre. Et j’ai pensé : « Si un Blanc atteste de son existence, c’est que son histoire n’est pas un mythe ! » Et cela m’a donné envie de pousser plus loin ma curiosité.

Pendant des années, en effectuant un minutieux travail de rapprochement entre sources écrites et témoignages oraux, j’ai réuni une documentation éparse mais suffisamment complète pour arriver à reconstituer certain parcours. Au départ cependant je ne pensais pas en faire une publication. C’est ma fille qui, d’une façon indirecte, m’y a poussée. Elle avait alors huit ans et revenait de voir Pocahontas, le célèbre dessin animé sur cette jeune princesse indienne. Le soir en rentrant à la maison, elle m’a dit d’un air étonnée : « Je ne comprends pas. Tous les grands pays ont des femmes célèbres, et pas les gens comme nous. Les Français ont Jeanne d’Arc, les Anglais, la reine Victoria, même les Indiens ont Pocahontas. Et nous, on n’existait pas avant ? ». Ce questionnement d’enfant m’a profondément troublée. Considéré comme le berceau de l’humanité, le continent noir, dont nous sommes issus, est le plus anciennement peuplé de cette terre, et voilà qu’aujourd’hui nos enfants, Afro-descendants, en sont à imaginer que si nous n’avons aucune place dans l’Histoire, c’est sans doute que nous sommes apparus après les autres humains !

C’est alors que j’ai décidé de faire partager à un public le plus large possible les informations dont je disposais et qui n’avaient jamais encore été traitées. Un tel livre pouvait offrir aux jeunes générations du monde entier, et pas seulement d’Afro-descendants, des références autres que ces éternels héros blancs, invariablement promus comme des modèles universels d’intelligence, de puissance, de courage – donc de supériorité -, par la littérature, les bandes dessinées, la télévision, l’école. Je pense qu’il est temps d’avoir sur l’histoire des peuples noirs un regard différent de la vision réductrice qu’en a jusqu’à présent forgée l’imagerie coloniale. C’est ainsi que fin 2004 est paru en France Reines d’Afrique et héroïnes de la Diaspora noire ; 22 portraits de femmes qui, de l’antiquité au début du 20e siècle, ont joué un rôle marquant dans l’histoire de leur pays. Le livre a suscité beaucoup d’intérêt car c’est la première fois qu’un tel thème était traité.

41NHWMTNVQL._COMPTEZ-VOUS ECRIRE UN AUTRE LIVRE SUR LES FEMMES NOIRES ?

J’effectue en ce moment des recherches – pas faciles – sur des pionnières noires du 20ème siècle dont j’aimerais publier des portraits. Après Reines d’Afrique, je souhaite donner un coup de projecteur à ces femmes engagées, artistes, femmes politiques, militantes ou simples mères de famille qui ont participé ou été témoins de revendications majeures ayant concerné les peuples noirs au cours du vingtième siècle, dans différentes régions du monde. C’est un travail de longue haleine mais qui s’avère passionnant !

QUEL EST VOTRE SENTIMENT SUR LA FAçON DONT EST PERCUE LA FEMME NOIRE EN FRANCE ? PENSEZ-VOUS QUE LES MENTALITES ONT EVOLUE VIS-A-VIS D’ELLE ?

Appartenant à un groupe humain déconsidéré dans ce pays, la femme noire n’est pas mise en avant et ses réalisations positives sont totalement occultées. Cela vaut aussi pour les hommes d’ailleurs. Les seules qui ont quelque chance d’accéder à une certaine visibilité ce sont les sportives ou les rappeuses parce que pour l’imaginaire collectif, elles illustrent facilement les clichés habituels sur le Noir qui court vite (donc proche de l’animalité), qui a le rythme dans le sang ou encore sur le Noir rigolard, si on se réfère à la percée de quelques humoristes. Il suffit de voir les qualificatifs animaliers ou renvoyant à la « nature sauvage » utilisés dans le langage courant et les medias pour désigner la femme noire « acceptable »: panthère noire, gazelle, corps de liane, belle plante… Par contre, ne surtout pas montrer de médecins, de chercheurs, d’enseignant(e)s, de cadres supérieurs, de Noir(e))s hautement qualifié(e)s. On préfère à la rigueur se rassurer avec une image de la femme noire comme victime infériorisée (excision, mariage forcé, pauvre migrante, prostitution, employée peu qualifié, etc.). On a tant dit que le Noir n’était pas capable de grandes choses. Alors celles qui par leur intelligence et leur effort personnel réussissent des parcours exigeants ou se distinguent dans des filières compétitives, sont priées de rester cachées. Au contraire des Nord-américains et des Britanniques qui exposent leurs exemples de réussite quelque en soit la couleur.

Pourtant la femme noire a une longue tradition de lutte et d’investissement dans les défis de sa société. L’histoire regorge de faits marquants où nos ancêtres se sont battues avec courage et dignité. Mais on n’en parle pas. Comme s’il était inimaginable aujourd’hui encore en France qu’une femme noire puisse incarner des valeurs d’excellence dans une société moderne. C’est pour cela que nous ne devons plus rester dans l’ombre mais affirmer davantage nos talents. C’est ainsi que nous trouverons notre place dans cette société qui est aussi la nôtre, mais qui peine tant à s’entrouvrir aux autres, malgré de timides efforts imposés par les lois européennes contre les discriminations. Il y a un travail en profondeur à faire et c’est à nous de nous valoriser à travers nos actes et nos réalisations. Ne restons plus en retrait. Alors Ils seront bien forcés de nous voir comme actrices économiques et comme citoyennes.

Sourcehttp://sithal.over-blog.com

Disponible ici : http://www.amazon.fr/Reines-dAfrique-héroïnes-diaspora-noire/dp/2842800826/ref=sr_1_1?ie=UTF8&qid=1401601219&sr=8-1&keywords=Reine+d%27Afrique+et+héroïne+de+la+diaspora+noire+de+Sylvia+Serbin

COMMENTEZ L'ARTICLE SVP
DISCOURS DU ROI GBEHANZIN 5.00/5 (100.00%) 2 votes

behanzin_photoDiscours d’adieu du roi Gbéhanzin (20 Janvier 1894)

 

 » Compagnons d’infortune, derniers amis fidèles, vous savez dans quelles circonstances, lorsque les Français voulurent accaparer la terre de nos aïeux, nous avons décidé de lutter.

Nous avions alors la certitude de conduire notre armée à la victoire. Quand mes guerriers se levèrent par millier pour défendre le Danhomè et son roi, j’ai reconnu avec fierté la même bravoure que manifestaient ceux d’Agadja, de Tégbessou, de Ghézo et de Glèlè. Dans toutes les batailles j’étais à leurs côtés.
Malgré la justesse de notre cause, et notre vaillance, nos troupes compactes furent décimées en un instant. Elles n’ont pu défaire les ennemis blancs dont nous louons aussi le courage et la discipline. Et déjà ma voix éplorée n’éveille plus d’écho.
Où sont maintenant les ardentes amazones qu’enflammait une sainte colère ?
Où, leurs chefs indomptables : Goudémè, Yéwê, Kétungan ?
Où, leurs robustes capitaines : Godogbé, Chachabloukou, Godjila ?
Qui chantera leurs splendides sacrifices ? Qui dira leur générosité ?
Puisqu’ils ont scellé de leur sang le pacte de la suprême fidélité, comment accepterais-je sans eux une quelconque abdication ?
Comment oserais-je me présenter devant vous, braves guerriers, si je signais le papier du Général ?
Non ! A mon destin je ne tournerai plus le dos. Je ferai face et je marcherai. Car la plus belle victoire ne se remporte pas sur une armée ennemie ou des adversaires condamnés au silence du cachot. Est vraiment victorieux, l’homme resté seul et qui continue de lutter dans son cœur. Je ne veux pas qu’aux portes du pays des morts le douanier trouve des souillures à mes pieds. Quand je vous reverrai, je veux que mon ventre s’ouvre à la joie. Maintenant advienne de moi ce qui plaira à Dieu ! Qui suis-je pour que ma disparition soit une lacune sur la terre ?
Partez vous aussi, derniers compagnons vivants. Rejoignez Abomey où les nouveaux maîtres promettent une douce alliance, la vie sauve et, paraît-il, la liberté. Là-bas, on dit que déjà renaît la joie. Là-bas, il paraît que les Blancs vous seront aussi favorables que la pluie qui drape les flamboyants de velours rouge ou le soleil qui dore la barbe soyeuse des épis.
Compagnons disparus, héros inconnus d’une tragique épopée, voici l’offrande du souvenir : un peu d’huile, un peu de farine et du sang de taureau. Voici le pacte renouvelé avant le grand départ.
Adieu, soldats, adieu !…
Guédébé…reste debout, comme moi, comme un homme libre. Puisque le sang des soldats tués garantit la résurrection du Danhomè, il ne faut plus que coule le sang. Les ancêtres n’ont plus que faire de nos sacrifices. Ils goûteront mieux le pur hommage de ces cœurs fidèles unis pour la grandeur de la patrie.
C’est pour quoi j’accepte de m’engager dans la longue nuit de la patience où germent des clartés d’aurore.
Guédébé, comme le messager de la paix, va à Ghoho où campe le général Dodds.
Va dire au conquérant qu’il n’a pas harponner le requin.
Va lui dire que demain, dès la venue du jour, de mon plein gré, je me rends au village de Yégo.
Va lui dire que j’accepte, pour la survie de mon peuple, de rencontrer dans son pays, selon sa promesse, le président des Français. »

COMMENTEZ L'ARTICLE SVP
Merci de votre visite!