La psychart-thérapie et les rayons de l’espoir

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Alors que la réalité de la Nature est constituée par des  forces, la réalité de la vie psychique est constituée par les pulsions : intermédiaires entre le psychique et le corporel.

Et à l’origine, le sujet potentiel est aliéné dans les forces de la Nature qui ne se distinguent pas des pulsions psychiques dans l’ « homme de la Nature ».

Par quel miracle donc l’être humain a-t-il pu émerger du « mouvement brownien » constitutif  de la Nature originaire ?

Autrement dit : qu’est ce qui a favorisé la genèse de Osiris- Rê, Père- fondateur de l’Ordre socio-culturel ?

Le surgissement du héros civilisateur ne s’explique pas sans le postulat de la « visitation » de la Mère originaire par l’Esprit absolu .

L’avènement du Père dans la Nature et son action culturante nécessitèrent donc dans l’incarnation de l’Esprit dans le sein de la Mère. C’est sans doute dès la période utérine que s’opéra le miracle de la structuration  triangulaire, «  humanogène. ». Et c’est à tort que le géniteur attend tranquillement que son fils naisse et atteigne l’âge de raison (7 ans) pour l’éduquer.

Il en résulte que l’avenir de l’homme se joue dès la conception dans les entrailles d’une mère symbolisée ou non.

Les Pères-fondateurs de l’Humanité ? Ils furent sans doute les fils des Mères fécondées par l’Esprit absolu. Ces femmes  qui marquèrent la période primitive de l’histoire humaine s’illustrèrent dans les Figures sublimes de la magicienne, de la sage-femme, de la grande prêtresse. Comme Diotime, la célèbre initiatrice de Socrate, les femmes visitées par l’Esprit absolu furent les premières détentrices de la Connaissance, et c’est d’elles que les hommes la reçurent. A l’origine des temps, selon  les initiés négro-africains, les femmes étaient les maîtresses toutes-puissantes des masques. Les hommes se révoltèrent contre leur domination  et s’emparèrent du  Pouvoir des masques , « sinon ils seraient les esclaves des femmes ».

On le voit, le phallus (ou la puissance créatrice du Verbe) n’est pas l’apanage du porteur de pénis. avant d’être monopolisé par l’homme il l’a été par la femme se prévalant de son statut de procréatrice. Et ce fut sans doute sous la menace de délire paranoïaque que la Mère toute-puissante (qui s’identifiait à la Déesse-mère universelle) s’auto-castra de son pénis imaginaire et opéra l’Ouverture sur la transcendance du phallus (Verbe), pour servir de médiateur entre elle et ses « enfants-fétiches ».

A l’origine de l’Humanité il y a donc la femme fécondée par l’Esprit absolu, en réponse à son désir de «  castration symbolique » afin d’échapper à la menace du délire paranoïaque.

C’est en vain que l’homme aujourd’hui qui monopolise les créations du phallus tente d’identifier celui-ci avec le pénis En effet  pas plus que le phallus ne s’identifiait avec la puissance procréatrice de la femme primitive, il ne saurait d’identifier avec le pénis de l’homme en mal de toute-puissance . Le phallus en tant que Verbe créateur, est transcendant aux attributs de l’homme et de la femme. Autrement dit  l’Unité des différences.

L’histoire humaine est soumise à la loi de rotation du Phallus qui connaît des moments d’éclipse et de résurrection là où il n’existait pas.

Aucune fatalité n’oblige l’Humanité à subir ad vitam aeternam la « double frénésie » de sa propre histoire. Son droit au bonheur lui donne toute latitude de lui opposer une fin, en accédant enfin à la sagesse des Pères-fondateurs selon laquelle le « Phallus » est la propriété de tous les Hommes et pas seulement de ceux qui ont la charge de le représenter , dans un espace et un temps donnés.

En conséquence l’homme machiste doit cesser de voir dans la femme réifiée son objet de jouissance prédestiné (comme le raciste voit dans l’homme noir l’instrument de production que Dieu lui aurait offert, en récompense de sa piété filiale.) L’âge des mythes et des échafaudages idéologiques au service des privilèges narcissiques est révolu et il est temps de voir l’unité humaine dans les différences les plus déshumanisées.

Ainsi pourrons-nous enfin mettre en place les conditions favorables à l’éradication des crises périodiques qui scandent l’Histoire et mettent en danger l’existence et l’épanouissement du genre humain. Car l’enjeu inconscient de l’affrontement des hommes, c’est la possession monopoliste (interdite) du Phallus.

                                                              

GROBLI Zirignon

Psychanalyste, peinte et psychart-thérapeute


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