L’empire du Mali

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L’empire du Mali
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Du XII au XVe siècle, en Afrique occidentale s’étendit un Empire dont les griots rapportent encore aujourd’hui les légendes : l’Empire du Mali.

I. La formation de l’Empire du Mali

• C’est vers 1230, à la même époque que le début du règne de Saint-Louis en France, que Soundjata Keita parvient à unifier les royaumes de la région qui s’étend de l’Atlantique au delta intérieur du Niger. Il fonde ainsi l’Empire du Mali et prend alors le titre de « Mansa », ce qui signifie « roi des rois ». Malgré son apparence un peu légendaire, Soundjata Keita a réellement existé, ce que confirment les historiens arabes du xive siècle.

• L’Empire du Mali s’étend jusqu’au xve siècle. Son apogée sera atteint au xive siècle, notamment sous le règne de Kankan Moussa. La capitale de l’empire est établie à Niani (aujourd’hui en Guinée, à la frontière du Mali actuel et redevenue un simple village). L’empire regroupait des populations issues de différentes ethnies, souvent portées au conflit. Pour apaiser ces heurts, préjudiciables au maintien de l’Empire, Soundjata Keita aurait instauré la « Charte du Manden », transmise uniquement par voie orale, et qui constitue, une déclaration officielle promouvant la liberté, la paix entre les tribus.

• De même, Soundjata Keita aurait instauré – ou plus vraisemblablement confirmé – le système de la « parenté à plaisanterie ». Cette coutume exige que les membres d’ethnies apparentées ou alliées entre elles se moquent les uns des autres, lorsqu’ils se rencontrent, sans avoir le droit de s’en vexer. Cette coutume permet donc une sorte de décrispation sociale, favorable à la paix entre tribus.

II. L’organisation de l’Empire du Mali

• L’Empire contrôlait les villes du Sahel où aboutissaient les routes du commerce transsaharien avec l’empire arabo-musulman, mais aussi les mines d’or du Bouré ou du Bambouk. Les systèmes d’agriculture et d’élevage profitèrent de la longue période de paix et prospérèrent. Un riche artisanat se développa, appuyé sur des sources de minerais abondantes. L’Empire était donc fort riche et sa réputation, au xive siècle, était bien établie jusqu’en Occident. En 1324, l’Empereur Kankan Moussa, converti à l’islam, fit le pèlerinage de La Mecque, amenant avec lui de telles quantités d’or que son cours en fut modifié dans la ville pendant plusieurs années.

• L’Empire du Mali parvint à intégrer durablement des populations très différentes, ce qui fut la condition de sa longévité : Maures, Touaregs du Sahara, peuples de la savane, comme les Wolofs, les Songhaïs ou les Dogons. En ces temps où le pouvoir politique avait peu de moyens, une administration décentralisée était la clé du succès. L’Empire était divisé en provinces, contrôlés par des représentants de l’empereur, de même que les rois des royaumes périphériques sous dépendance.

• Le déclin de l’Empire du Mali se produisit sous les successeurs de Kankan Moussa, au xve siècle, en raison des querelles dynastiques et des menaces extérieures, notamment marocaines. Mais la renommée de l’Empire du Mali resta intacte pendant de nombreux siècles, surtout dans la région. C’est pour cette raison que la colonie du Soudan français, devenue indépendante en 1960, choisit le nom de « République du Mali » !

Selon Delafosse l’empire du Mali fut le « Plus puissant empire que l’univers ait connu ».
Créé au XIIIe siècle par Sundjata Keïta. Il connut son apogée au XIVe siècle, s’étendant entre le Sahara, l’Océan Atlantique et la B

oucle du Niger soit sur les actuels pays: Sénégal, Gambie, Guinée, et Mauritanie.
Selon les griots, Sundjata Keïta est né handicapé et ce n’est que tard qu’il a pu marcher. Persécuté par son frère aîné Dankaran Tuman, il s’exile à Néma. En 1230, il devient roi, réunit les clans malinkés à Siby. Il sera à la tête d’une armée composée de dix mille cavaliers et cent mille fantassins contre le roi du Sosso. En 1235, Sundjata Keïta bat l’armée de Soumaoro à Kirina. Selon la légende, Soumaoro disparaît dans les montagnes. Sundjata Keïta conquiert alors tous les royaumes de la région qu’il unifie pour former l’Empire du Mali.
Il est proclamé « Mansa » ce qui signifie « Roi des rois ». Il met en place sous l’impulsion de son fils Ko Madi, une organisation administrative et militaire. La population est répartie en 30 clans: 16 clans d’hommes libres, 4 clans de griots, 5 clans maraboutiques et 5 clans d’artisans. Pour rassembler ces clans, il instaure le système de parenté et met en place deux gouvernements militaires au Nord à Soura et au Sud à Sankaran.
Il établit la capitale de l’empire de Niani. Le roi nommait les généraux il était à la tête des opérations militaires, l’armée était divisée en petits groupes dans chaque état de l’empire, mais restait sous le commandement de chaque gouverneur (civil) que l’on nommait Diamanatigui ou Farba. Dans les villages, l’autorité est exercée par le chef politique en accord avec le grand prêtre qui sont tous deux sous l’égide du Farba garant de l’autorité de l’empereur.
Le Diamanatigui était celui qui prélevait les impôts dans le royaume, mais aussi auprès des peuples résidant à la périphérie de l’empire.
Après toutes ces conquêtes, le règne de Sundjata Keïta fut synonyme de paix, de prospérité et de liberté avec la proclamation de la Charte du Manden. L’empire du Mali regroupait alors des populations issues de différentes ethnies (Malinkés, Bambaras, Wolofs, Toucouleurs).

Sundjata Keïta meurt en 1255, vraisemblablement par noyade.
Successeur de Sundjata, Mansa Oule renouvelle la tradition inaugurée par Barandana en se rendant à La Mecque. Il agrandit L’empire en annexant vers l’Ouest, le Bambouk, le Boundou et la vallée de la Gambie. A sa mort, ses successeurs se disputent l’empire et l’affaiblissent, créant ainsi des révoltes. 
En 1285, un esclave affranchi nommé SAKOURA prend le pouvoir, rétablit l’ordre et continue l’œuvre de ses maîtres et prédécesseurs. L’empire s’agrandit au Nord-Est (Peuls du Macina) et au Nord-Ouest jusqu’au Sénégal (royaume Toucouleur du Tékrour). Sakoura développa le commerce vers la tripoli et le Maroc. De retour d’un pèlerinage à La Mecque, il fut assassiné sur le chemin du retour par un Éthiopien qui en voulait à son or. Ses restes furent séchés et ramenés au mandingue où il recevra des funérailles grandioses.
KANKA Moussa, qui régna de 1307 à 1322, porta l’empire Mandingue à son apogée. En 1324, il se rendit à La Mecque avec un cortège de 15 000 à 60 000 personnes.
Tout au long de son parcours, il fait distribuer de l’or en quantité suffisante, faisant ainsi chuter le cours du précieux métal pendant des années. À La Mecque, il éveillera l’intérêt et la curiosité de beaucoup d’hommes de lettres et fera la connaissance Ibrahim Es Sahéli, architecte, qui lui construira des Mosquets à Gao sous le règne du roi Dia et à Tombouctou où ce dernier possédera une terrasse crénelée à minaret pyramidal. 
L’empire connut alors un développement jamais atteint jusque là. Des caravanes transportant de l’or, des tissus, des tapis, feront la liaison entre le Maroc, l’Égypte et le pays de l’or.
KANKAN Moussa entretenait des relations amicales et suivies avec des personnages tels que le sultan du Maroc et les potentats d’Afrique du Nord (Egypte, Bornou…). De ce fait, Tombouctou et Gao devinrent des carrefours de la vie commerciale et intellectuelle. Dans son livre « Histoire des Berbères et des Dynasties musulmanes de l’Afrique Septentrionale » Ibn Khaldoun nous dit: « Mença Mouça était un puissant souverain dont l’autorité s’étendait jusqu’au désert qui avoisine Ouargla ».

Dans son livre « L’Afrique noire Précoloniale » Cheikh Anta Diop nous précise:

« La puissance de l’empire était telle que les Arabes sollicitaient parfois son aide militaire. Ce fut le cas, d’après Ibn Khaldoun, d’El Mamer, qui combattit les tribus arabo-berbères de la région de Ouargla dans le Nord saharien: il s’adressa à Kankan Mouça de retour de La Mecque pour lui demander un secours militaire. C’est également Khaldoun qui décrit l’importance de l’ambassade marocaine au Mali et l’intérêt que le sultan du Maroc attachait à celle-ci.
« Le sultan maghrébin fit même apprêter un choix des plus beaux produits de son royaume et confia à Ali Ibn Ghanem, émir des Mâkil, le soin de porter ce cadeau vraiment royal au sultan des Noirs. Une députation, composée des premiers personnages de l’empire, accompagna Ibn Ghanem. » (Ibn Khaldoun)
À sa mort en 1332, l’empire s’étendait de l’Atlantique à la rive orientale des bords du Niger. 
Successeur de Kankan, Maghan eut beaucoup de mal à faire asseoir son autorité.
En 1352 Mansa Souleïman arrive au pouvoir et pendant 18 ans, s’attellera à rendre à l’empire ses lettres de noblesse. Le voyageur Ibn Battouta dans son livre « Voyage au Soudan », nous fait l’éloge de son administration, de sa gestion et de sa prospérité en ces termes:
En 1400, les Mossis du Yatenga occupent les provinces de l’Est. Les Touaregs en 1443, s’emparent de Tombouctou et de Djenné. Les Mossis attaquent Oualata en 1480.
Le Songhaï indépendant depuis le règne de Maghan, annexe en 1465 les provinces de la région du Niger. Au XVIe siècle, il domine les provinces Nord. 
Soni Aliber dit Ali le Grand remplace l’empire du Mali et libère les Songhaï. Son règne durera 27 ans. Il sera vaincu par le pacha Djouder ce qui entamera l’essor de Gao, Tombouctou et Djenné, plaques tournantes du commerce de l’or. Les Bambaras se révoltent au XVIe siècle.
Georges Spitz alors gouverneur honoraire des Colonies Françaises, dira au sujet de l’empire: « L’empire de Mali ou empire Mandingue, qui dura du XIème au XVIIème siècle, a été le plus puissant des empires soudanais « 
L’histoire Antique du Mali fût dépossédée de toute sa substance africaine par des Musulmans qui réussirent à occuper des postes très importants au gouvernement. Le Mali avait en son sein une mafia qui contrôlait le commerce (caravaniers et ports commerciaux) et il encourageait les rois Africains à embrasser l’Islam.

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