Published On: sam, Jan 13th, 2018

LE PROJET INITIAL DE SOCIÉTÉ


le gai savoirL’écriture est l’instrument de conservation et de transmission du capital culturel accumulé par le processus d’initiation. 
Née en Egypte, l’écriture fut transmise aux Phéniciens (cousins des Egyptiens) auxquels les Barbares l’empruntèrent en ignorant le secret de sa genèse : l’activité créatrice de formes symboliques éléments du système du Langage. L’écriture est donc le moment crucial du processus d’initiation que, pour empêcher sa profanation, les initiés égyptiens prirent soin de cacher aux non initiés. Malheureusement, les invasions incessantes de la société des Pharaons eurent raison de la vigilance des « gardiens », et les intellectuels barbares prirent l’habitude d’abuser de l’expression écrite et de semer la confusion entre le savoir initiatique et son singe.

Ce qui prépara le terrain au « Renversement des valeurs » par lequel les idéologues de la période libéro-capitaliste proclameront unilatéralement que leur « race » est celle qui a créé la civilisation, après avoir pris soin de la falsifier de fond en comble, en la « blanchissant », selon la métaphore du Nommo Cheik Anta Diop.

Même les rejetons de la civilisation égyptienne que sont les sociétés sub-Sahariennes n’échappèrent pas à la fureur de ces « Chacals » qui, sous prétexte de faire comprendre et aimer (sic) les sauvages noirs, écumèrent leurs villages et leurs sanctuaires et firent main basse sur les supports sacrés de leurs systèmes symboliques (les masques et les statues) sans oublier de faire parler de gré ou sous menace les vénérables initiés !

C’est ici le lieu de dire que le pillage de l’Afrique noire ne s’est pas porté uniquement sur les objets d’art, comme on le fait croire, il s’est étendu à sa vision du monde, dionysiaque. Les mythes africains fécondèrent sans nul doute la conception de la vie occidentale et favorisèrent le surgissement des philosophies de l’existence. Au final, l’exportation des valeurs culturelles africaines, qui était censée susciter l’amour pour l’homme noir, culmina à l’exacerbation du racisme. On en vint à la conclusion selon laquelle les négro-africains sont des êtres inférieurs : des sous-hommes créés par Dieu pour servir les hommes supérieurs blancs ! 

La conséquence historique qui a résulté de la vulgarisation de la « chose écrite » est la transformation du Champ culturel en une « Poubelle » où, en dépit de la Censure, des hommes tentent d’exorciser leurs persécutions orales-anales consignées sur du papier.

Cette Poubelle servant de Matrice symbolique à la reproduction des êtres sociaux, il ne faut pas s’étonner que ceux-ci soient ce qu’ils sont, à savoir, les vecteurs humains des pathologies sociales. Comment « s’en sortir » si les écrivains emblématiques s’avèrent les plus atteints ?

C’est en faisant croire à l’homme noir que sa libération viendra de l’appropriation de cette culture raciste, que ses ennemis espèrent l’aliéner pour l’éternité.

La priorité ne doit pas être aujourd’hui, dans ces périodes de Crise structurelle, le souci esthétique de concocter de « beaux textes », mais de commencer à « nettoyer les écuries d’Augias » c’est-à-dire la Poubelle de la culture qui enferme l’humanité dans la pulsion à la répétition des infamies de son passé. 

En effet, ce ne sont pas uniquement les déchets des usines et de la consommation qui polluent le milieu de vie de l’être humain, mais également les produits de son activité écrite infiltrée de pulsions orales-anales non soumises à la maitrise symbolique.

A ce propos, interviewé, un écrivain de renom rapporte qu’il porte toujours dans sa serviette du papier et des stylos pour le cas où il serait saisi de la démangeaison d’écrire pour se libérer de ses démons.

Telle est la sanction infligée à l’humanité pour transgresser l’Interdit des Pères-fondateurs, selon lequel l’initiation (dont la psychart-thérapie est le substitut) est le passage incontournable qui permet de symboliser les pulsions et d’avoir accès à la société des hommes.

Car comme l’initiation antique, la psychart-thérapie a pour objectif de débarrasser l’homme « en souffrance » de l’ignorance originaire (le wazo des Bambaras), qui lui fait croire au mythe de la bisexualité, résultat de l’identification de l’enfant à sa mère, fondement du « narcissisme primaire ».

Il est intéressant de noter au passage que ce narcissisme primaire sacralisé, auquel s’accroche l’homme occidental pour « défendre » bec et ongle l’intégrité de son corps supposé menacé par la castration (symbolique), est en vérité le phantasme de la mère qui tire profit de l’état de fusion pour réparer l’« injustice » prétendue, d’être privée de pénis.

En définitive donc, l’homme narcissique réactif aux techniques d’initiation est un être sous l’influence d’une mère qui phantasme la possession du phallus. La personnalisation de l’enfant « fétichisé » va donc de pair avec celle de la mère phallique. C’est sans doute cette vérité initiatique que le poète Aragon exprime, à sa manière, quand il proclame : « éduquer une mère c’est éduquer une nation ».

On ne le dira jamais assez : « au commencement était l’initiation » gratifiée par la mère qui acquit la maitrise symbolique de la douleur résultant de l’amputation accidentelle de son clitoris (excision symbolique). C’est elle qui a fait émerger l’être humain de l’aliénation dans la Nature pour le constituer comme un « être social ». Ce qui autorise à dire que le péril actuel de régression qui menace la civilisation est imputable à l’état de captation des hommes pris en otage par les pulsions de « plus-de-jouir » et « profit maximum », faute de la médiation de mères symboliques respectueuses de la personnalité des enfants.            

On se soucie et on parle de réchauffement climatique « à tout bout de champ » et on a raison. La conférence mondiale des chefs d’Etats sur ce grave problème a été une réussite et c’est une très bonne chose. Mais sait-on que l’origine de tous ces maux dont l’humanité souffre se trouve dans l’inconscient de l’Homme sous-tendu par le Désir de toute-puissance, et que c’est là où il faut chercher leurs solutions ?

D’où l’intérêt prioritaire de l’initiation qui, à faire la promotion de la détermination des sexes et leur collaboration harmonieuse, œuvre à la refondation de la civilisation qu’elle a créée, contrairement à la démarche qui consiste à légaliser le vieux mythe de la bisexualité vecteur de retour aux ténèbres et à la brutalité de la barbarie.

La notion de bisexualité ne se trouve que dans la culture négro-africaine. Elle a été postulée par le Père-fondateur, premier mutant, pour justifier la technique de détermi-nation des sexes par l’ablation du prépuce et le clitoris.

Il a sans doute fallu beaucoup de temps d’observation des tentatives d’hommes pour constituer une vie sociale.

Il a fallu se rendre compte que les primitifs, portés sur la masturbation et la lutte pour la domination sexuelle, n’étaient pas « socialisables ». Qu’ils se comportaient comme des êtres indépendants et vivant en autarcie.

Il a fallu réaliser que le prépuce phantasmé comme vagin et le clitoris comme pénis faisaient obstacle au désir de relation sexuelle et sociale.

Telle fut sans doute l’origine de la conception et de la technique d’initiation : l’ablation symboliques de la satisfaction ces organes sexuels imaginaires, pour favoriser l’assomption des organes sexuels réels destinés à la satisfaction sexuelle dans le cadre social.

Du reste, cette prescription sociale est explicitement exprimée par le maitre d’initiation à l’impétrant : « désormais, tu n’auras plus recours à la masturbation pour te donner du plaisir. La société te l’interdit et exige que tu satisfasses tes désirs avec une partenaire consentante ».

C’est ainsi qu’avec la culture firent leur apparition les notions d’homme (porteur de pénis) et de femme (dotée de vagin). Et telle fut l’origine du couple cet élément de la vie familiale et cellule de la société.

La tradition initiatique nous enseigne que la culture, l’amitié entre les êtres de même sexe et les jeux sociaux ont été créés avec l’énergie « boucanée » qui résulte de l’ablation du prépuce et du clitoris. Autrement-dit la société postule un interdit qui limite la propension de l’Homme au « plus de jouir » et au « sur-profit ».

On est donc fondé à se demander si la volonté des Nations occidentales qui recommande à celles d’Afrique noire de renoncer à leur pratique sexuelle millénaire (basée sur l’hétérosexualité), et conditionne désormais l’« aide au développement » à leur politique de bienveillance à l’égard de l’homosexualité ne favorisera pas demain le triomphe des pulsions de mort,  Les scrupules en valent la peine, compte tenu de l’enjeu.

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